đŻ Pourquoi la guerre du Pacifique est-elle emblĂ©matique ?
La guerre du Pacifique bouleverse lâĂ©quilibre mondial : de Pearl Harbor Ă la capitulation japonaise, elle combine guerre aĂ©ronavale, dĂ©barquements amphibies et choc industriel. TrĂšs vite, les AlliĂ©s stoppent lâexpansion nippone â dâabord en mer de Corail, puis Ă la bataille de Midway et lors de la campagne de Guadalcanal. ParallĂšlement, la violence touche massivement les civils en Asie continentale, notamment en Chine.
Dans cet article, tu trouveras un fil chronologique clair, des repĂšres dâacteurs et des clĂ©s dâanalyse pour rĂ©viser efficacement. Au passage, tu pourras approfondir la Mer de Corail (mai 1942) ou revenir sur Midway et Guadalcanal pour ancrer les notions.
đ Poursuivons avec le chapitre suivant â Contexte et causes (1931-1941).
đ§ Contexte et causes (1931-1941)
Pour comprendre la guerre du Pacifique, il faut dâabord revenir aux annĂ©es 1930. Le Japon, puissance industrielle en pleine expansion, cherche des ressources (charbon, fer, pĂ©trole) et des marchĂ©s. Par consĂ©quent, son armĂ©e pousse Ă la conquĂȘte dâun « espace de coprospĂ©ritĂ© » en Asie de lâEst. Cette vision heurte directement les intĂ©rĂȘts amĂ©ricains, britanniques, nĂ©erlandais et chinois.
De la Mandchourie Ă la guerre sino-japonaise
En 1931, lâincident de Mukden sert de prĂ©texte Ă lâoccupation de la Mandchourie et Ă la crĂ©ation de lâĂtat satellite du Mandchoukouo. Ensuite, la guerre sâĂ©tend : aprĂšs le pont Marco-Polo (1937), le conflit sino-japonais devient une guerre totale. Nankin tombe et les violences de masse marquent durablement les mĂ©moires. DĂšs lors, lâAsie continentale sâembrase tandis que les dĂ©mocraties occidentales restent concentrĂ©es sur lâEurope.
Ambitions impériales et rivalités navales
Tokyo vise un ordre rĂ©gional centrĂ© sur le Japon. Or, la marine impĂ©riale cherche la supĂ©rioritĂ© en haute mer face Ă lâUS Navy et Ă la Royal Navy. Les traitĂ©s de limitation navale des annĂ©es 1920 freinent ces ambitions, mais lâĂ©tat-major nippon prĂ©pare une guerre courte et dĂ©cisive. Ainsi, lâaĂ©ronavale devient la carte maĂźtresse : porte-avions, groupes aĂ©riens embarquĂ©s et tactiques de frappe Ă longue portĂ©e.
Blocus, embargo et diplomatie en panne
Ă partir de 1940, lâoccupation japonaise de lâIndochine française alerte Washington et Londres. En rĂ©ponse, les Ătats-Unis imposent progressivement des restrictions pĂ©troliĂšres, puis un embargo total en 1941. De plus, les avoirs japonais sont gelĂ©s. Sans pĂ©trole amĂ©ricain, la machine de guerre nippone sâarrĂȘterait en quelques mois. Par consĂ©quent, lâoption militaire pour sĂ©curiser les ressources du Sud (BornĂ©o, Sumatra) gagne du terrain.
Calcul stratégique vers la guerre
Ă lâĂ©tĂ©-automne 1941, les nĂ©gociations sâenlisent. Le Japon prĂ©pare une offensive « Ă©claire » : neutraliser la flotte amĂ©ricaine du Pacifique, conquĂ©rir un pĂ©rimĂštre dĂ©fendable, puis imposer une paix favorable. Ce pari suppose une victoire initiale foudroyante et la dissuasion des contre-offensives alliĂ©es. La suite est connue : lâattaque de Pearl Harbor dĂ©clenche la guerre du Pacifique Ă lâĂ©chelle rĂ©gionale.
RepÚres pour réviser
- Objectifs japonais : sécurité des approvisionnements, autonomie stratégique, prestige impérial.
- Facteurs dâescalade : guerre en Chine, occupation de lâIndochine, embargo pĂ©trolier amĂ©ricain, Ă©chec des pourparlers.
- ClĂ© doctrinale : primat de lâaĂ©ronavale et des porte-avions, bientĂŽt illustrĂ© Ă la bataille de Midway.
Pour plus de contexte sur la bascule navale de 1942, tu peux déjà consulter la Mer de Corail (mai 1942), qui préfigure les grandes confrontations de la guerre du Pacifique.
đ On continue avec le chapitre suivant â Acteurs, forces et stratĂ©gies.
đ§ââïž Acteurs, forces et stratĂ©gies
La guerre du Pacifique oppose un camp de lâAxe dominĂ© par le Japon impĂ©rial Ă une vaste coalition alliĂ©e. Cependant, au-delĂ des drapeaux, tout se joue dans lâĂ©quilibre entre industries, flottes de porte-avions, logistique amphibie et renseignement â des facteurs qui, dĂšs mai 1942 (Mer de Corail), façonnent lâissue des batailles.
đŻđ” Japon impĂ©rial : puissance aĂ©ronavale et pari du « coup dĂ©cisif »
Le Japon sâappuie sur la Marine impĂ©riale (IJN) et lâArmĂ©e impĂ©riale (IJA). Sa doctrine vise un combat dĂ©cisif en haute mer contre lâUS Navy, en misant sur les porte-avions, lâaviation embarquĂ©e et les torpilles de pointe. Au dĂ©but, lâinitiative est japonaise (Malaisie, Philippines, Indes nĂ©erlandaises). NĂ©anmoins, des pertes dâĂ©quipages expĂ©rimentĂ©s Ă Midway et Ă Guadalcanal entament irrĂ©mĂ©diablement son potentiel offensif.
đșđž Ătats-Unis : industrie, porte-avions et « island hopping »
Les Ătats-Unis mobilisent lâUS Navy, le Marine Corps et lâUS Army Air Forces. GrĂące Ă une capacitĂ© industrielle hors norme, ils remplacent navires et avions Ă un rythme inĂ©dit, forment massivement de nouveaux pilotes et perfectionnent la logistique. Leur stratĂ©gie dâisland hopping consiste Ă contourner les bastions, saisir des Ăźles-aĂ©rodromes clĂ©s et couper les lignes japonaises â une logique validĂ©e dĂšs Guadalcanal.
đ Chine, Commonwealth et alliĂ©s rĂ©gionaux
La Chine (nationaliste et communiste) fixe une large part des forces japonaises sur le continent, ce qui pĂšse sur la guerre du Pacifique insulaire. Le Commonwealth (Australie, Nouvelle-ZĂ©lande, Inde) fournit troupes, bases et navires ; les Pays-Bas en exil dĂ©fendent les Indes nĂ©erlandaises. Les Philippines jouent un rĂŽle crucial en 1941-42 puis lors de la reconquĂȘte alliĂ©e (1944-45).
đ°ïž Renseignement, codes et supĂ©rioritĂ© technique
Le dĂ©cryptage des communications japonaises et la fusion renseignement-opĂ©rations permettent dâanticiper des offensives â dĂ©terminant Ă Midway. Par ailleurs, la standardisation amĂ©ricaine (radars navals, DCA, logistique carburant-munitions) rĂ©duit les surprises tactiques. En face, lâĂ©rosion des aviateurs vĂ©tĂ©rans japonais sâaccĂ©lĂšre et la formation peine Ă suivre.
â Logistique et théùtre dâopĂ©rations
La gĂ©ographie du Pacifique impose des chaĂźnes de ravitaillement trĂšs longues. Ainsi, les convois, pĂ©troliers et navires-ateliers deviennent aussi vitaux que les flottes de combat. Les sous-marins amĂ©ricains ciblent le trafic marchand japonais, Ă©tranglant progressivement lâĂ©conomie de guerre nippone. Inversement, les garnisons isolĂ©es sâĂ©puisent faute dâapprovisionnements.
đ RepĂšres pour rĂ©viser
- Japon : doctrine du coup décisif, priorité aux porte-avions au début du conflit.
- Ătats-Unis : island hopping, supĂ©rioritĂ© industrielle, montĂ©e en puissance logistique.
- Alliés : rÎle de fixation de la Chine ; bases et forces du Commonwealth ; retour décisif aux Philippines.
- Renseignement : lecture des intentions japonaises, clé aux batailles de Mer de Corail et de Midway.
Pour un aperçu synthĂ©tique cĂŽtĂ© matĂ©riel et tactiques aĂ©ronavales, tu peux consulter cette fiche pĂ©dagogique du musĂ©e de la guerre (externe, en anglais) â utile pour visualiser les porte-avions et groupes aĂ©riens embarquĂ©s : Imperial War Museums.
đ On continue avec le chapitre suivant â Les tournants de 1942.
â Les tournants de 1942
En 1942, la guerre du Pacifique bascule. Trois sĂ©quences sâenchaĂźnent â Mer de Corail, Midway et Guadalcanal â et retirent au Japon lâinitiative quâil dĂ©tenait depuis Pearl Harbor.
đ©ïž Mer de Corail (mai 1942) : arrĂȘter lâĂ©lan
PremiĂšre bataille porte-avions contre porte-avions oĂč les flottes adverses ne se voient pas, la Mer de Corail empĂȘche la prise de Port Moresby. Les Japonais subissent des pertes dâaĂ©ronefs et de pilotes ; les AmĂ©ricains perdent le Lexington mais sauvent lâAustralie dâune menace directe. Surtout, des bĂątiments clĂ©s japonais et des groupes aĂ©riens seront indisponibles pour lâopĂ©ration suivante.
đŻ Midway (juin 1942) : la bascule
GrĂące au renseignement, lâUS Navy tend une embuscade au nord-ouest dâHawaĂŻ. En quelques heures, quatre porte-avions japonais sont perdus, ainsi quâune prĂ©cieuse Ă©lite aĂ©ronavale. DĂšs lors, la guerre du Pacifique nâest plus un duel dâĂ©gal Ă Ă©gal : lâindustrie amĂ©ricaine peut remplacer ses pertes, le Japon non.
đïž Guadalcanal (aoĂ»t 1942 â fĂ©vrier 1943) : tenir et user
Les Marines dĂ©barquent pour sĂ©curiser lâaĂ©rodrome dâHenderson Field. La campagne devient un combat dâusure : combats terrestres, affrontements navals nocturnes et ravitaillement au compte-gouttes. MalgrĂ© des pertes lourdes, les AlliĂ©s tiennent lâĂźle ; le Japon Ă©vacue finalement ses troupes. Lâinitiative stratĂ©gique passe aux AlliĂ©s.
đ RepĂšres pour rĂ©viser
- Mer de Corail : premier coup dâarrĂȘt Ă lâexpansion japonaise, indisponibilitĂ©s cruciales pour la suite.
- Midway : destruction dâune force de porte-avions et de pilotes expĂ©rimentĂ©s ; tournant dĂ©cisif.
- Guadalcanal : campagne dâattrition victorieuse qui ouvre la voie Ă la reconquĂȘte alliĂ©e.
- ClĂ© dâanalyse : combinaison renseignement + logistique + maĂźtrise aĂ©ronavale.
đ On continue avec le chapitre suivant â La reconquĂȘte alliĂ©e (1943-1945).
đïž La reconquĂȘte alliĂ©e (1943-1945)
AprĂšs Guadalcanal, la guerre du Pacifique change dâĂ©chelle. Les AlliĂ©s lancent lâisland hopping : contourner les bastions, saisir des Ăźles-aĂ©rodromes et couper les lignes japonaises. Ainsi, la puissance industrielle amĂ©ricaine soutient un rythme dâopĂ©rations soutenu jusquâaux portes du Japon.
De la mer des Salomon aux Mariannes : rocade vers le nord-ouest
En 1943-44, les forces alliĂ©es progressent par paliers : Salomon centrales, puis Gilbert-Marshall (Tarawa, Kwajalein), Carolines (Truk frappĂ©e par lâaviation embarquĂ©e), et Mariannes (Saipan, Tinian, Guam). De plus, la maĂźtrise aĂ©ronavale sâaffirme grĂące aux Task Forces de porte-avions rapides. Le Japon perd lâinitiative stratĂ©gique sur tout le théùtre de la guerre du Pacifique.
Philippines et golfe de Leyte (octobre 1944)
Le retour aux Philippines vise Ă couper lâempire en deux. La bataille du golfe de Leyte dĂ©sorganise irrĂ©mĂ©diablement la flotte japonaise. Par consĂ©quent, les liaisons maritimes vers le Sud sont presque brisĂ©es. Câest aussi lâapparition Ă grande Ă©chelle des kamikaze, signe dâun basculement psychologique et tactique dans la guerre du Pacifique. Pour approfondir lâaspect naval, voir la synthĂšse du Naval History & Heritage Command.
Iwo Jima (fĂ©vrierâmars 1945) : aĂ©rodromes et B-29
Iwo Jima offre des pistes dâatterrissage indispensables pour escorter et secourir les bombardiers B-29. Cependant, la dĂ©fense japonaise en profondeur provoque des pertes trĂšs lourdes. LâĂźle devient un pivot logistique qui renforce la pression aĂ©rienne sur lâarchipel, Ă©tape cruciale de la guerre du Pacifique.
Okinawa (avrilâjuin 1945) : « typhon dâacier »
Ă Okinawa, lâattrition atteint son paroxysme : attaques massives de kamikaze, combats terrestres acharnĂ©s, victimes civiles innombrables. Cette bataille rĂ©vĂšle ce quâaurait coĂ»tĂ© une invasion des Ăźles principales. Ainsi, elle pĂšse lourd dans les choix finaux des dĂ©cideurs alliĂ©s.
Sous-marins, blocus et asphyxie logistique
Les sous-marins amĂ©ricains coulent mĂ©thodiquement la flotte marchande japonaise. De plus, les mines et lâaviation attaquent ports et convois. LâĂ©conomie de guerre sâĂ©touffe : carburant, nourriture et munitions manquent jusquâaux unitĂ©s de premiĂšre ligne. La guerre du Pacifique devient une course logistique que le Japon ne peut plus gagner.
Logistique et ingĂ©nierie : lâautre clĂ© de la victoire
Ports artificiels, Seabees, dĂ©pĂŽts flottants et navires-ateliers permettent de soutenir lâoffensive loin des bases. Par ailleurs, la rotation des Ă©quipages et la maintenance standardisĂ©e assurent une disponibilitĂ© Ă©levĂ©e des flottes alliĂ©es. Cette supĂ©rioritĂ© structurelle prolonge lâavantage obtenu Ă Midway et confirmĂ© Ă Guadalcanal.
đ RepĂšres pour rĂ©viser
- Island hopping : contourner, isoler, frapper les nĆuds aĂ©riens et logistiques.
- Leyte : démantÚlement de la flotte japonaise et essor des attaques kamikaze.
- Iwo Jima : sécuriser des aérodromes pour les B-29.
- Okinawa : attrition maximale, lourdes pertes civiles et militaires.
- Blocus sous-marin : asphyxie Ă©conomique dĂ©cisive pour lâissue de la guerre du Pacifique.
đ On continue avec le chapitre suivant â Asie continentale et crimes de guerre.
đ Asie continentale et crimes de guerre
La guerre du Pacifique ne se limite pas aux porte-avions. Sur le continent asiatique, les populations subissent occupations, famines, dĂ©placements forcĂ©s et violences de masse. De plus, la guerre sino-japonaise (depuis 1937) se transforme en conflit total, oĂč la conquĂȘte, lâexploitation Ă©conomique et la terreur deviennent des outils de domination.
Chine : guerre totale et atrocités
En Chine, lâoccupation japonaise provoque destructions, massacres et viols de masse, notamment lors de la prise de Nankin (1937). Par ailleurs, des unitĂ©s spĂ©cialisĂ©es mĂšnent des expĂ©rimentations humaines et une guerre biologique. La rĂ©sistance chinoise (nationaliste et communiste) fixe pourtant des centaines de milliers de soldats japonais, ce qui pĂšse indirectement sur lâissue de la guerre du Pacifique insulaire.
Corée, Mandchourie, Asie du Sud-Est : exploitation et coercition
Dans la pĂ©ninsule corĂ©enne et en Mandchourie, lâappareil colonial impose travail forcĂ©, rĂ©quisitions et assimilation. En Asie du Sud-Est (Malaisie, Birmanie, Indes nĂ©erlandaises), lâoccupation vise les ressources (caoutchouc, pĂ©trole, riz). Cependant, la militarisation des sociĂ©tĂ©s locales, la censure et les rĂ©quisitions alimentent famines et rĂ©voltes. Les routes stratĂ©giques (ex. chemin de fer SiamâBirmanie) sont construites au prix dâinnombrables vies.
Prisonniers de guerre et civils internés
Des dizaines de milliers de prisonniers alliĂ©s (britanniques, nĂ©erlandais, australiens, amĂ©ricains) et de civils sont internĂ©s Ă travers lâAsie. Les mauvais traitements, la sous-alimentation et les maladies entraĂźnent une mortalitĂ© Ă©levĂ©e. Ă lâinverse, certaines populations locales subissent reprĂ©sailles et dĂ©placements forcĂ©s dĂšs quâapparaissent des guĂ©rillas anti-japonaises.
Violences sexuelles et « systÚmes de bordels militaires »
La mise en place de bordels contrĂŽlĂ©s par lâarmĂ©e provoque lâasservissement de femmes venues de toute lâAsie (CorĂ©e, Chine, Philippines, IndonĂ©sieâŠ). Longtemps occultĂ©, ce systĂšme est dĂ©sormais Ă©tudiĂ© comme un crime de guerre et un instrument de contrĂŽle social au sein de la guerre du Pacifique.
Continuité et bascule
LâintensitĂ© des violences sur le continent se combine, Ă partir de 1944-45, avec les bombardements stratĂ©giques alliĂ©s contre lâarchipel japonais. Ainsi, la guerre dâusure et dâattrition logistique sâĂ©tend des riziĂšres dâAsie aux villes japonaises. Cette continuitĂ© explique la brutalitĂ© de la fin de guerre.
Pour aller plus loin
Une lecture de synthĂšse utile (externe, en anglais) : The National WWII Museum â Pacific Theater. Pour replacer les grandes bascules navales, revois aussi Midway, la Mer de Corail et Guadalcanal.
đ On continue avec le chapitre suivant â Fin de guerre et consĂ©quences.
đïž Fin de guerre et consĂ©quences
Ă partir de 1944-1945, la guerre du Pacifique entre dans sa phase terminale. Les bombardements stratĂ©giques sâintensifient (incendiaires sur Tokyo et grandes villes) tandis que lâasphyxie logistique japonaise sâaggrave. Ensuite, lâURSS entre en guerre contre le Japon (aoĂ»t 1945) en Mandchourie. Enfin, les bombardements atomiques sur Hiroshima et Nagasaki prĂ©cipitent la capitulation, aprĂšs des mois dâattrition rĂ©vĂ©lĂ©s Ă Guadalcanal et confirmĂ©s par la dynamique de lâaprĂšs-Midway.
đ„ Bombardements stratĂ©giques et rupture intĂ©rieure
Les raids incendiaires visent lâappareil industriel dispersĂ© dans les villes. De plus, la rarĂ©faction du carburant et des convois paralyse lâĂ©conomie de guerre. LâĂtat-major anticipe une invasion des Ăźles principales, mais les pertes dâOkinawa et lâattrition continue rendent la perspective intenable.
⥠Août 1945 : accélérateur de fin
Le 6 et le 9 aoĂ»t 1945, les destructions Ă Hiroshima et Nagasaki sâajoutent Ă lâoffensive soviĂ©tique en Mandchourie (8 aoĂ»t). Par consĂ©quent, lâEmpereur accepte la DĂ©claration de Potsdam. Le 15 aoĂ»t (annonce) puis le 2 septembre 1945 (signature Ă bord de lâUSS Missouri), la guerre du Pacifique prend fin. Pour les documents officiels, voir lâaperçu du National Archives.
đïž Occupation, justice et nouvelle donne rĂ©gionale
Lâoccupation alliĂ©e au Japon (SCAP) conduit Ă la dĂ©militarisation, Ă une nouvelle constitution (Article 9) et aux procĂšs de Tokyo (IMTFE). En outre, la recomposition gĂ©opolitique ouvre sur la guerre froide en Asie : traitĂ©s de sĂ©curitĂ©, bases amĂ©ricaines, indĂ©pendances accĂ©lĂ©rĂ©es en Asie du Sud-Est.
đ DĂ©colonisations et mĂ©moires
La dĂ©faite des empires europĂ©ens en Asie accĂ©lĂšre les mouvements nationalistes (IndonĂ©sie, Vietnam, Birmanie). ParallĂšlement, les mĂ©moires â victimes civiles, prisonniers, « femmes de rĂ©confort », bombardements â font dĂ©bat. Pour une synthĂšse musĂ©ale claire, consulte lâImperial War Museums.
đ RepĂšres pour rĂ©viser
- Printemps-été 1945 : intensification des bombardements et crise logistique.
- AoĂ»t 1945 : offensives soviĂ©tiques + bombardements atomiques â acceptation de la reddition.
- 2 septembre 1945 : signature sur lâUSS Missouri, fin officielle de la guerre du Pacifique.
- AprÚs-guerre : occupation, Article 9, procÚs, décolonisations et ancrage de la guerre froide en Asie.
Pour recontextualiser la bascule opĂ©rationnelle qui mĂšne Ă la fin du conflit, revois les jalons 1942 : Mer de Corail, Midway et Guadalcanal. Une vue dâensemble finale utile est proposĂ©e par le National WWII Museum.
đ On passe Ă đ§ Ă retenir
đ§ Ă retenir
- La guerre du Pacifique naĂźt de lâexpansion japonaise (1931-41), des embargos et de lâĂ©chec diplomatique.
- La guerre devient aéronavale : porte-avions, groupes embarqués, renseignement et logistique sont décisifs.
- 1942, bascule stratĂ©gique : Mer de Corail â Midway â Guadalcanal.
- Les Ătats-Unis imposent lâisland hopping : contourner, isoler, saisir des Ăźles-aĂ©rodromes clĂ©s.
- Blocus sous-marin et bombardements stratĂ©giques asphyxient lâĂ©conomie de guerre japonaise.
- RÎle majeur de la Chine et des alliés du Commonwealth dans la fixation des forces japonaises.
- Sur le continent, occupations et crimes de guerre (Nankin, travail forcé, « femmes de réconfort »).
- Okinawa rĂ©vĂšle le coĂ»t humain dâune invasion directe des Ăźles principales.
- AoĂ»t 1945 : offensives soviĂ©tiques + bombardements atomiques â capitulation et fin de la guerre du Pacifique.
- AprÚs-guerre : occupation, Article 9, procÚs de Tokyo, décolonisations accélérées en Asie.
đOn passe Ă la â FAQ.
â FAQ : Questions frĂ©quentes sur la guerre du Pacifique
Pourquoi le Japon lance-t-il lâattaque de Pearl Harbor ?
Le Japon veut casser lâembargo pĂ©trolier amĂ©ricain et sĂ©curiser un empire des ressources au Sud. LâidĂ©e est dâanĂ©antir la flotte du Pacifique pour gagner du temps, Ă©tablir un pĂ©rimĂštre dĂ©fendable, puis nĂ©gocier. Cependant, lâattaque rate ses objectifs de long terme : les porte-avions amĂ©ricains ne sont pas au port et lâoutil industriel des Ătats-Unis surclasse le Japon. La guerre du Pacifique devient alors un conflit dâattrition.
Pourquoi Midway est-elle le tournant décisif de 1942 ?
GrĂące au renseignement, lâUS Navy surprend la flotte japonaise et dĂ©truit quatre porte-avions et leurs Ă©quipages vĂ©tĂ©rans. DĂšs lors, la supĂ©rioritĂ© qualitative nippone sâeffrite. Lâindustrie amĂ©ricaine impose le tempo. Pour rĂ©viser lâenchaĂźnement, vois Midway, prĂ©cĂ©dĂ©e par la Mer de Corail, et prolongĂ©e par Guadalcanal.
Quâest-ce que lâ« island hopping » et pourquoi cela fonctionne-t-il ?
La stratĂ©gie alliĂ©e consiste Ă contourner les bastions, capturer des Ăźles-aĂ©rodromes clĂ©s et couper les lignes japonaises. Ainsi, on isole des garnisons qui dĂ©pĂ©rissent faute de ravitaillement. Cette approche rĂ©duit les pertes, concentre lâeffort logistique et accĂ©lĂšre la progression. Dans la guerre du Pacifique, lâaviation embarquĂ©e et les B-29 profitent alors dâun rĂ©seau dâescales.
Les kamikaze ont-ils changĂ© lâissue du conflit ?
Ils augmentent les pertes alliĂ©es, notamment Ă Leyte et Ă Okinawa, et choquent lâopinion publique. NĂ©anmoins, ils ne renversent pas le rapport de forces. Le blocus sous-marin, lâattrition aĂ©ronavale et la supĂ©rioritĂ© industrielle scellent lâissue de la guerre du Pacifique. Les attaques suicides traduisent surtout lâimpasse stratĂ©gique japonaise.
Pourquoi lâURSS entre-t-elle en guerre en aoĂ»t 1945 et quel impact ?
ConformĂ©ment aux accords interalliĂ©s, lâURSS attaque lâarmĂ©e japonaise du Kwantung en Mandchourie le 8 aoĂ»t 1945. Cette offensive, combinĂ©e aux bombardements atomiques, accĂ©lĂšre la dĂ©cision du pouvoir impĂ©rial. Par consĂ©quent, la capitulation est acceptĂ©e, ce qui clĂŽt la guerre du Pacifique le 2 septembre 1945.
đ On enchaĂźne maintenant avec le đ§© Quiz de 20 questions si tu valides.
