Dossier arrêté au 13 octobre 2026 · Histoire, institutions et analyse électorale
Qui succédera à Emmanuel Macron ? La présidentielle de 2027 ne sera pas une nouvelle candidature du président sortant : après ses élections de 2017 et de 2022, la limitation à deux mandats consécutifs ferme cette possibilité. Les électeurs sont appelés à voter les 18 avril et 2 mai 2027, sauf dans les territoires où le scrutin se déroule la veille. Mais connaître le calendrier ne suffit pas à comprendre l’élection : il faut aussi distinguer les candidatures annoncées, les mesures d’opinion et les résultats qui n’existent pas encore. [S01] [S02]
À environ six mois du premier tour, ce dossier propose un panorama de la compétition et de ses enjeux. Il conserve un principe simple : une règle institutionnelle est un fait juridique ; un sondage est une mesure datée ; un scénario reste une hypothèse. La confusion entre ces trois catégories est précisément ce qui transforme souvent l’information politique en pronostic trompeur.

Illustration symbolique originale. Elle ne représente ni un bureau réel ni un événement de campagne.
Les sondages présentés ont été réalisés du 5 au 8 octobre 2026, avant la primaire du centre gauche du 11 octobre. Ils ne mesurent donc pas l’effet de son résultat.
1. Pourquoi cette présidentielle ouvre une nouvelle séquence
Une élection centrale, mais pas un pouvoir sans limites
Le président de la République nomme le Premier ministre, dispose notamment du pouvoir de dissolution dans le cadre constitutionnel et assume des responsabilités majeures en matière de défense et de représentation internationale. D’autres décisions sont partagées avec le Gouvernement. La fonction présidentielle ne se résume donc ni à une présidence honorifique ni à un pouvoir solitaire. [S05]
Cette distinction compte pour lire les programmes. Une promesse peut relever d’une décision de l’exécutif, d’une loi à faire voter, d’une négociation internationale ou d’une modification constitutionnelle. La question utile n’est pas seulement « que propose le candidat ? », mais aussi « quelle procédure et quels soutiens lui permettraient de le faire ? ». Dans les institutions françaises, le Gouvernement conduit la politique nationale et le Parlement vote la loi : une victoire présidentielle n’efface pas ces responsabilités. [S02]
Les repères historiques à ne pas confondre
La Ve République naît en 1958. Charles de Gaulle est alors élu par un collège électoral, et non directement par l’ensemble des citoyens. La réforme de 1962 introduit le suffrage universel direct pour la présidence ; sa première application intervient en 1965, avec un second tour entre de Gaulle et François Mitterrand. Il ne faut donc pas confondre naissance du régime, adoption de la réforme et première élection selon la nouvelle règle. [S09]
Autre rappel : entre 1986 et 2002, la France a connu trois périodes de cohabitation, en 1986–1988, 1993–1995 et 1997–2002. Le président et la majorité gouvernementale appartenaient alors à des camps opposés. Ces épisodes ne sont pas « deux quinquennats de cohabitation ». Ils montrent surtout que la manière d’exercer le pouvoir dépend du rapport entre l’Élysée, Matignon et l’Assemblée nationale. [S10] [S11]
Ce que 2022 permet de comprendre — et ce qu’il ne permet pas de prédire
Au premier tour de 2022, Emmanuel Macron obtient 27,85 % des suffrages exprimés, Marine Le Pen 23,15 % et Jean-Luc Mélenchon 21,95 %. Au second tour, Macron est réélu avec 58,55 %, contre 41,45 % à Le Pen. L’abstention atteint alors 28,01 % des inscrits. Ces résultats sont des résultats électoraux proclamés, pas des sondages. [S12]

Source : ministère de l’Intérieur, résultats proclamés pour la France entière. Pourcentages des suffrages exprimés. [S12]
Ces chiffres constituent un point de départ historique. Ils ne sont pas un réservoir de voix que l’on pourrait distribuer automatiquement entre les candidats de 2027. Une partie des électeurs change de choix, une autre peut s’abstenir, et l’offre politique elle-même se transforme. Comparer les deux élections est instructif ; supposer une reproduction mécanique de 2022 ne l’est pas.
2. Comment se déroule l’élection présidentielle ?
Le scrutin est uninominal : l’électeur choisit une personne. Pour être élu au premier tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés. À défaut, seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent participer au second tour, organisé quatorze jours plus tard. Il n’existe pas de seuil de 12,5 % des inscrits pour accéder au second tour de la présidentielle. [S03]
Il faut également distinguer les inscrits, les votants et les suffrages exprimés. Les abstentionnistes ne votent pas ; les bulletins blancs et nuls ne sont pas intégrés aux exprimés. Un pourcentage calculé sur les exprimés ne décrit donc pas la part de l’ensemble des citoyens ou des inscrits qui soutiennent un candidat. Cette différence de dénominateur change le sens politique d’un chiffre. [S06]

Un schéma de la règle, pas une simulation de résultat. Sources : Service Public et Constitution. [S02] [S03]
Pour se présenter, il faut remplir les conditions d’éligibilité et réunir au moins 500 présentations d’élus habilités, réparties sur au moins 30 départements ou collectivités, avec une limitation de leur concentration territoriale. Des déclarations de patrimoine et d’intérêts sont également requises. Le Conseil constitutionnel vérifie les candidatures et en établit la liste officielle. Une annonce à la télévision, une investiture partisane et une validation juridique sont trois étapes différentes. [S04]
3. Qui sont les candidats et les principales figures en présence ?
Des annonces politiques, pas encore la liste définitive
Le tableau ci-dessous est un état des lieux au 13 octobre 2026. Il ne prétend ni recenser tous les prétendants ni anticiper la liste qui figurera sur les bulletins. Les intitulés politiques servent à situer les organisations ; ils ne remplacent pas l’analyse des programmes.
Personnalité | Organisation ou espace politique | Situation documentée à cette date |
|---|---|---|
Édouard Philippe | Horizons | Candidature annoncée en septembre 2024. [S13] |
Gabriel Attal | Renaissance | Candidature annoncée en mai 2026. [S13] |
Bruno Retailleau | Les Républicains | Désigné par une consultation interne en avril 2026. [S14] |
Marine Le Pen | Rassemblement national | Candidature annoncée en juillet 2026 ; situation judiciaire à distinguer de la validation électorale. [S13] [S16] |
Éric Zemmour | Reconquête | Candidature annoncée en septembre 2026. [S13] |
Jean-Luc Mélenchon | La France insoumise | Candidature annoncée en mai 2026. [S13] |
Raphaël Glucksmann | Place publique / centre gauche | Vainqueur de la primaire du centre gauche le 11 octobre 2026. [S15] |
Au centre : la succession de Macron n’appartient à personne
Édouard Philippe et Gabriel Attal représentent deux candidatures distinctes issues de l’espace central. Le premier s’appuie sur Horizons ; le second sur Renaissance. Leur concurrence était déjà documentée au cours des mois précédents. [S25] [S26]
Analyse. La difficulté d’une succession tient à une contradiction : revendiquer une expérience gouvernementale tout en démontrant que l’on propose autre chose que la continuation du bilan sortant. Le défi n’est donc pas seulement de choisir une personne, mais de définir ce qui est conservé, corrigé ou abandonné. Une candidature unique peut limiter la dispersion ; elle ne garantit pas le ralliement de tous les électeurs des candidats retirés.
À droite : une investiture n’est pas encore une dynamique nationale
Les adhérents des Républicains ont choisi Bruno Retailleau pour porter leur candidature en avril. Cette désignation est un fait interne au parti, distinct d’un rapport de force national et de la validation future par le Conseil constitutionnel. [S14]
Analyse. Pour la droite, les propositions devront aussi être comparées à celles des autres candidatures susceptibles de s’adresser à des électorats voisins. Une proximité sur la sécurité ne signifie pas nécessairement un accord sur l’économie, l’Europe, les institutions ou la manière de gouverner. Additionner des scores au nom d’une étiquette commune écraserait ces différences.
Au RN : séparer la candidature de la procédure judiciaire
Le 7 juillet 2026, Reuters rapporte que la cour d’appel maintient la condamnation de Marine Le Pen tout en réduisant sa durée d’inéligibilité, ce qui peut rouvrir une voie vers la présidentielle. Il serait donc faux d’écrire qu’elle a été acquittée ; il serait également excessif de transformer cette dépêche en validation définitive de sa candidature. [S16]
L’information électorale doit suivre séparément les décisions judiciaires, leurs effets et les étapes administratives. La présence d’un nom dans une enquête d’opinion ne tranche aucune question d’éligibilité. C’est une précaution valable pour n’importe quel candidat, pas un traitement particulier réservé au RN.
À gauche : le résultat du 11 octobre change l’état des lieux
Raphaël Glucksmann a remporté dès le premier tour la primaire du centre gauche, avec 66 % des voix selon Reuters. Cette désignation ne l’unit pas automatiquement à Jean-Luc Mélenchon : elle ne constitue pas une candidature unique de toute la gauche. [S15]
Analyse. La compétition à gauche ne se résume donc pas au nombre de candidats. Elle porte aussi sur le projet, les alliances acceptables et les électeurs que chaque stratégie espère mobiliser. Une union annoncée par des dirigeants peut être approuvée par certains soutiens et rejetée par d’autres. Le passage d’un accord entre organisations à un vote des citoyens ne va jamais de soi.
Et les autres candidatures ?
L’enquête teste aussi Nathalie Arthaud, Fabien Roussel, Marine Tondelier et Nicolas Dupont-Aignan. Être testé dans un questionnaire ne prouve pas qu’une candidature est juridiquement validée. [S18]
4. Que disent les sondages — et comment les lire ?
Une enquête précisément identifiée
Le graphique principal reprend une seule configuration de l’enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, publiée le 12 octobre 2026. Le terrain s’est déroulé en ligne du 5 au 8 octobre. L’échantillon comprend 2 004 inscrits, issus d’un ensemble de 2 348 adultes ; la méthode repose sur des quotas et des redressements. [S17] [S18]
Dans la configuration montrée ici, la notice précise que le calcul des intentions de vote porte sur 1 285 personnes certaines d’aller voter et exprimant un choix. Les marges annoncées pour ces résultats s’étendent de ±1,4 à ±2,9 points selon le score. La taille de l’échantillon général n’est donc pas celle de la base utilisée pour chaque question. [S19]

Configuration A : candidatures simultanées de Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal et Édouard Philippe. Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, terrain du 5 au 8 octobre 2026, publication du 12 octobre. Base : 1 285 répondants ; marges indicatives annoncées ±1,4 à ±2,9 points. Ce n’est ni une moyenne de sondages ni une prévision. [S18] [S19]
Dans cette configuration, Marine Le Pen obtient 35 %, Jean-Luc Mélenchon 18 %, Édouard Philippe 13 %, Raphaël Glucksmann 10 % et Bruno Retailleau 7 %. Les autres résultats figurent dans le graphique et dans le fichier de données joint. [S18]
Point décisif : le terrain précède la primaire du 11 octobre. On ne peut donc pas attribuer à cette victoire un effet que l’enquête n’a pas pu mesurer. Une publication le 12 octobre n’équivaut pas à des entretiens réalisés le 12 octobre. [S15] [S17]
Pourquoi ne pas fabriquer un « classement moyen » ?
Un sondage proposant simultanément Attal et Philippe ne pose pas la même question qu’un sondage n’en proposant qu’un. Un résultat obtenu avec Glucksmann n’est pas interchangeable avec celui obtenu avec Hollande. Mélanger le meilleur score de chaque candidat créerait une élection fictive que personne n’a testée.
La comparaison devient plus utile lorsqu’on conserve le même institut, la même méthode et une offre de candidatures comparable. Encore faut-il vérifier les dates de terrain et l’incertitude de mesure. Une variation d’un point n’est pas, à elle seule, la preuve d’une progression durable. Le score central ne suffit pas à décrire la précision d’une enquête. Les notices servent justement à contrôler les conditions de production des chiffres. [S20]
Les hypothèses de second tour
L’enquête teste notamment deux duels : Le Pen–Mélenchon : 67–33 ; Le Pen–Philippe : 56–44. Ces chiffres sont des intentions exprimées dans des configurations hypothétiques, pas des résultats de scrutin. [S17]

La notice indique 1 093 répondants pour Le Pen–Mélenchon et 1 156 pour Le Pen–Philippe. Marges annoncées : environ ±2,9 à ±3,1 points pour le premier duel et ±3,1 points pour le second. Même terrain et mêmes commanditaires que le premier graphique. [S19]
Analyse. Ces tests suggèrent un avantage de Marine Le Pen dans les deux duels étudiés. Ils ne prouvent ni qu’elle remportera l’élection ni que ces deux adversaires seront qualifiés. Un second tour dépend de l’offre finale, de la campagne, de la participation et des choix de personnes dont le candidat a été éliminé. Une projection de duel ne doit pas être présentée comme une probabilité chiffrée de victoire.
Et l’enquête Ipsos citée dans le texte initial ?
La référence à une enquête Ipsos bva de 13 060 inscrits interrogés du 3 au 9 septembre 2026 est bien identifiable dans une notice déposée à la Commission des sondages. Celle-ci distingue également l’échantillon total des bases plus restreintes retenues pour les intentions de vote. [S24]
Ce dossier ne juxtapose pas son tableau de scores à celui d’octobre pour inventer une courbe de tendance entre deux instituts. Il privilégie un jeu de données récent, traçable et reproductible. Une comparaison plus large reste possible, mais elle exigerait d’aligner chaque configuration et chaque notice, et non de relier graphiquement des chiffres qui ne répondent pas à la même question.
5. Les enjeux économiques et sociaux : partir de mesures comparables
Inflation : la date et l’unité font partie du chiffre
Selon l’estimation provisoire de l’Insee publiée le 30 septembre, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an en septembre 2026, après 2,4 % en août. Au 13 octobre, les résultats définitifs de septembre sont encore annoncés pour le 15 octobre. Il faut donc conserver le mot provisoire. [S21]
Ce taux mensuel en glissement annuel ne doit pas être comparé sans précaution à une prévision d’inflation moyenne sur l’ensemble de 2026. Dire que l’inflation ralentit signifie que les prix montent moins vite ; cela ne signifie pas nécessairement que les prix reviennent à leur ancien niveau. Pour un ménage, la question est aussi de savoir comment ses revenus évoluent face à ses dépenses effectives.
Emploi : ne pas confondre chômage et inscriptions administratives
L’Insee mesure un taux de chômage au sens du Bureau international du travail de 8,3 % au deuxième trimestre 2026, en hausse de 0,2 point sur le trimestre. La publication étend son champ à la France incluant Mayotte et rétropole les séries pour permettre les comparaisons. Ce n’est pas un taux mensuel de chômage publié par la Dares pour août. [S22]
Les situations individuelles restent plus diverses qu’un taux national : une personne peut être en emploi mais subir un temps partiel non souhaité, ou rencontrer des difficultés d’accès à la formation et aux transports. Pour comparer les réponses des candidats, il est donc utile de séparer les objectifs de création d’emplois, de qualité du travail et d’accompagnement des transitions professionnelles.
Pouvoir d’achat : un trimestre n’est pas une année
Les comptes détaillés de l’Insee indiquent un PIB stable au deuxième trimestre 2026 et une baisse de 0,6 % du pouvoir d’achat du revenu disponible brut par unité de consommation sur ce trimestre. Cette unité permet de tenir compte de la composition des ménages. Le chiffre n’est pas un bilan annuel définitif de 2026, encore moins une certitude sur 2027. [S23]

Les cartes sont volontairement séparées : taux annuel d’inflation, taux de chômage et variations trimestrielles ne se placent pas sur une échelle commune. Sources : Insee. [S21] [S22] [S23]
Quatre questions pour examiner un programme
Analyse. Une proposition de hausse de revenu doit préciser qui en bénéficie, qui la finance et à quelle échéance. Une baisse d’impôt peut améliorer le revenu disponible de ses bénéficiaires, mais son effet dépend aussi des dépenses réduites ou des recettes mobilisées en contrepartie. Une mesure peut être efficace à court terme et poser une question de financement à plus longue échéance.
La même grille s’applique à la santé et à l’éducation. Annoncer des moyens supplémentaires ne répond pas automatiquement aux questions de recrutement, de formation et de répartition territoriale. À l’inverse, promettre une meilleure organisation ne dispense pas d’expliquer les moyens nécessaires. La comparaison doit porter sur les mécanismes et les délais, pas seulement sur les montants affichés.
Sur l’énergie et l’environnement, il faut distinguer facture immédiate, investissements de long terme, sécurité d’approvisionnement et réduction des émissions. Sur l’immigration et la sécurité, il convient de séparer diagnostic, objectifs, instruments juridiques et conditions concrètes d’application. Aucun de ces sujets ne gagne en clarté lorsqu’on remplace les données par un slogan ou une généralisation non sourcée.
Enfin, pour l’Europe, la défense et la politique étrangère, la question du cadre d’action est essentielle : que peut décider la France seule, que doit-elle négocier et quelles conséquences le candidat accepte-t-il ? Ces questions proposent une méthode de lecture. Elles ne constituent pas une attribution anticipée de programmes définitifs à des candidats dont les engagements peuvent encore évoluer.
6. Quels scénarios envisager sans annoncer le vainqueur ?
Cette section est une analyse, non un modèle probabiliste. Elle décrit des mécanismes possibles plutôt qu’un calendrier inévitable.
Un RN qualifié face à un candidat du centre. La concurrence au centre peut compter dans l’accès au second tour. Un retrait ou un accord pourrait modifier l’offre électorale, mais pas nécessairement transférer intégralement les soutiens vers le candidat restant. Certains électeurs peuvent préférer une autre famille politique ou ne plus exprimer de choix.
Un RN qualifié face à Jean-Luc Mélenchon. Ce duel fait partie des hypothèses testées. Pour la gauche, accéder au second tour et réunir ensuite une majorité sont deux problèmes distincts. La mobilisation d’un noyau électoral et la capacité à convaincre au-delà de ce noyau ne sont pas la même chose.
Une recomposition du centre gauche. La désignation de Glucksmann peut modifier les stratégies, les soutiens et la visibilité de la campagne. Son effet sur les intentions de vote devra être observé avec des enquêtes postérieures au vote de la primaire. Il serait prématuré de lui attribuer dès maintenant un gain précis.
Une offre électorale différente de celle des questionnaires. Un retrait, une nouvelle candidature, une décision juridique ou une transformation du débat peuvent rendre une configuration de sondage obsolète. Cela ne rend pas l’enquête ancienne mensongère ; cela la rend moins directement pertinente pour décrire la nouvelle situation.
Dans tous les cas, le raisonnement doit conserver une place à la participation. Une somme de scores de premier tour n’est pas un résultat de second tour. Les électeurs ne sont pas la propriété des partis et leurs choix ne s’additionnent pas comme des blocs fixes. C’est la limite fondamentale de toute lecture purement comptable des alliances.
7. Le calendrier et les démarches à retenir
Le calendrier gouvernemental consulté pour ce dossier indique les étapes suivantes. [S07]
Étape | Date ou échéance indiquée |
|---|---|
Clôture des parrainages | 12 mars 2027 |
Publication de la liste officielle des candidats | Au plus tard le 26 mars 2027 |
Premier tour | Dimanche 18 avril 2027 |
Second tour | Dimanche 2 mai 2027 |

Dans les territoires dérogatoires cités par Service Public, le vote a lieu les samedis 17 avril et 1er mai. Les modalités propres au lieu de vote restent à vérifier. [S01] [S07]
Pour l’inscription électorale, les pages gouvernementales indiquent le 12 mars comme échéance de droit commun. Il faut vérifier les modalités précises selon la démarche utilisée et sa situation personnelle, sans attendre le dernier jour. La vérification du bureau de vote et, en cas d’absence, l’établissement d’une procuration suffisamment tôt évitent de découvrir une difficulté au moment du scrutin. Le mandataire vote dans le bureau de la personne qu’il représente. [S08]
Une élection ne se prépare donc pas seulement en suivant les candidats. Elle se prépare aussi en s’assurant de pouvoir exercer son droit de vote, dans le bon bureau et selon la bonne procédure.
8. Questions fréquentes
Emmanuel Macron peut-il se représenter immédiatement en 2027 ?
Non. La Constitution limite l’exercice de la présidence à deux mandats consécutifs. Ce n’est pas une interdiction générale de tout retour ultérieur après une interruption. [S02]
Les personnes annoncées sont-elles déjà toutes certaines d’être sur le bulletin ?
Non. Les conditions d’éligibilité, les présentations et les formalités doivent être vérifiées avant l’établissement de la liste officielle. [S04]
Peut-il y avoir trois candidats au second tour ?
Non : le système présidentiel réserve le second tour aux deux candidats les mieux placés dans les conditions prévues par la Constitution. Le seuil évoqué pour certaines élections législatives ne s’applique pas ici. [S02] [S03]
Un sondage permet-il de connaître le résultat de 2027 ?
Non. Il décrit des intentions dans un contexte et une offre de candidatures déterminés. Il ne remplace ni la campagne ni le vote. [S18]
Pourquoi certains chiffres économiques portent-ils encore sur le deuxième trimestre ?
Parce que tous les indicateurs ne sont pas publiés au même rythme. Un taux trimestriel de chômage, une estimation mensuelle des prix et des comptes nationaux ne correspondent pas au même calendrier statistique. [S21] [S22] [S23]
Conclusion : ce qui est établi, ce qui reste à décider
Le calendrier du scrutin et ses règles sont établis. Les annonces politiques et les désignations partisanes doivent être suivies comme des informations datées. Les sondages disponibles apportent des mesures utiles, mais leurs résultats dépendent des candidatures proposées, des bases de calcul et de la période d’enquête.
Ce dossier ne fournit donc pas le nom du prochain président. Il fournit les repères nécessaires pour suivre la campagne sans confondre une annonce avec une validation, un score avec une certitude ou une prévision avec un fait accompli.
La meilleure manière de lire la présidentielle de 2027 sera de confronter régulièrement trois questions : qu’est-ce qui a réellement changé ? Sur quelles sources le sait-on ? Et qu’est-ce qui demeure une hypothèse ? C’est à cette condition que le suivi de la campagne devient un travail d’information plutôt qu’une compétition de prédictions.
Sources et références
27 références consultées au 13 octobre 2026. Les pages peuvent évoluer après cette date.
S01 Service Public — Les dates de l’élection présidentielle de 2027 sont annoncées. 2026-07-02.
S02 Élysée — La Constitution de la Cinquième République. texte consulté le 2026-10-13.
S03 Service Public — Élection présidentielle. vérifié le 2026-07-01.
S04 Gouvernement — Quelles sont les conditions pour être candidat à l’élection présidentielle ?. 2026-09-15.
S05 Gouvernement — Quel est le rôle du président de la République ?. 2026-09-02.
S06 Gouvernement — Comment se déroule une élection présidentielle en France ?. 2026-09-02.
S07 Gouvernement — Élection présidentielle 2027 : dates et vote. consulté le 2026-10-13.
S08 Gouvernement — Comment voter à la présidentielle 2027 ?. 2026-09-02.
S09 Élysée — Charles de Gaulle. consulté le 2026-10-13.
S10 Élysée — François Mitterrand. consulté le 2026-10-13.
S11 Le Monde — Chirac, Balladur, Jospin… Des premiers ministres de cohabitation ayant réussi à manœuvrer face à un président hostile. 2024-06-18.
S12 Ministère de l’Intérieur — Présidentielle 2022 — France entière — Résultats proclamés. 2022.
S13 Le Monde / Les Décodeurs — 2027 French presidential election: Who’s running?. 2026-10-11.
S14 Le Monde — French conservatives select Bruno Retailleau as their presidential candidate. 2026-04-20.
S15 Reuters — Glucksmann wins centre-left ticket for France’s presidential election. 2026-10-11.
S16 Reuters — French court shortens Le Pen’s ban from office but orders electronic tag. 2026-07-07.
S17 Toluna Harris Interactive — Intentions de vote à l’élection présidentielle 2027 — Vague 7. 2026-10-12.
S18 Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL — Rapport Baromètre Présidentielle 2027 — Vague 7. 2026-10-12.
S19 Commission des sondages / Toluna Harris Interactive — Notice n° 10305 — Intentions de vote présidentielle 2027. 2026-10-12.
S20 Commission des sondages — Site officiel et notices des sondages électoraux. consulté le 2026-10-13.
S21 Insee — En septembre 2026, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an — IR n° 242. 2026-09-30.
S22 Insee — Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage augmente de 0,2 point et atteint 8,3 % — IR n° 192. 2026-08-07.
S23 Insee — Au deuxième trimestre 2026, le PIB est stable et le pouvoir d’achat recule — IR n° 212. 2026-08-28.
S24 Commission des sondages / Ipsos bva — Notice n° 10262 — Enquête électorale française, septembre 2026. diffusion prévue le 2026-09-13.
S25 Le Monde — Gabriel Attal pushes ahead with presidential bid, despite doubts within party. 2026-01-26.
S26 Le Monde — How Edouard Philippe hopes to succeed Macron. 2025-12-04.
S27 Élysée — Les présidents de la République. consulté le 2026-10-13.
