🎭 Fuite de Varennes 1791 : la rupture définitive entre le Roi et la Nation

🎯 Pourquoi la Fuite de Varennes est-elle emblématique en histoire ?

La Fuite de Varennes 1791 constitue sans aucun doute un point de non-retour dans l’histoire de la Révolution française. En effet, dans la nuit du 20 au 21 juin, Louis XVI tente de quitter Paris avec sa famille, mais ce projet audacieux échoue lamentablement. Par conséquent, le roi perd instantanément son statut de père protecteur de la nation pour devenir un fugitif, voire un traître aux yeux du peuple. De plus, cet événement brise définitivement le lien sacré qui unissait le monarque à ses sujets. C’est pourquoi la monarchie constitutionnelle se retrouve mort-née, ouvrant ainsi inéluctablement la route vers la République et, plus tard, l’échafaud.

🗂️ Dans cet article, tu vas découvrir :

👉 Poursuivons avec le premier chapitre pour bien comprendre le contexte de ce thème.

🧭 Contexte historique et chronologique de la Fuite de Varennes 1791

📌 Un roi prisonnier aux Tuileries

Pour bien saisir la gravité du drame, il est nécessaire de revenir quelques mois en arrière. Depuis les journées d’octobre 1789, la famille royale est contrainte de vivre à Paris, au palais des Tuileries, après avoir dû quitter Versailles sous la pression populaire. Toutefois, ce lieu n’est pas un palais ordinaire, mais ressemble davantage à une prison dorée. En effet, le peuple surveille chaque mouvement du souverain, tandis que la Garde nationale, commandée par La Fayette, reste omniprésente. Par conséquent, Louis XVI ne se sent plus libre de ses mouvements et a perdu l’initiative politique. De surcroît, il subit les pressions constantes et humiliantes de l’Assemblée constituante. Ainsi, le roi cherche désespérément une issue pour restaurer son autorité bafouée.

📌 L’isolement politique grandissant

Par ailleurs, la situation politique du roi se dégrade car il est de plus en plus isolé. Au début de la Révolution, il pouvait compter sur certains conseillers influents, dont le plus important était Mirabeau. Ce tribun jouait habilement un double jeu, conseillant l’Assemblée tout en protégeant les intérêts du roi en secret. Or, la mort brutale de Mirabeau le 2 avril 1791 est une véritable catastrophe pour Louis XVI. En perdant ce soutien, il perd aussi son dernier lien avec les révolutionnaires modérés. Désormais, personne ne semble capable de calmer le jeu face à la radicalisation de Paris. C’est donc dans ce climat d’abandon que l’idée de la fuite s’impose comme la seule solution viable.

📌 La fracture religieuse déterminante

Ensuite, c’est la conscience religieuse du roi qui est profondément touchée. En 1790, l’Assemblée vote la Constitution civile du clergé, une loi qui réorganise l’Église de France sans l’avis du Pape. Louis XVI, homme très pieux, est horrifié par cette réforme, mais il finit par céder la mort dans l’âme en la signant. Pourtant, lorsque le pape Pie VI condamne officiellement le texte au printemps 1791, le roi regrette amèrement son geste. Il considère alors qu’il a commis un péché grave et ne veut plus cautionner une Révolution qui attaque l’Église. Ce conflit spirituel devient, en réalité, le véritable moteur moral de la Fuite de Varennes 1791.

📌 L’incident déclencheur de Saint-Cloud

L’élément qui précipite tout survient lors de la Semaine sainte, le 18 avril 1791. Ce jour-là, le roi souhaite se rendre au château de Saint-Cloud pour y faire ses Pâques et recevoir la communion d’un prêtre réfractaire. Malheureusement, la foule parisienne apprend ce projet et provoque une émeute devant les grilles des Tuileries. Les gardes nationaux, censés protéger le roi, refusent d’obéir et bloquent le carrosse. On insulte le souverain en le traitant de « faux patriote ». Louis XVI reste bloqué deux heures dans sa voiture avant de devoir faire demi-tour. À cet instant précis, il comprend qu’il est véritablement prisonnier, et la décision de partir devient irrévocable.

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⚙️ La préparation et les erreurs stratégiques

📌 Le rôle central d’Axel de Fersen

Toute l’organisation de cette évasion périlleuse repose sur un homme clé : le comte suédois Axel de Fersen. Ami intime et chevalier servant de Marie-Antoinette, son dévouement à la cause royale est total. En effet, il n’hésite pas à hypothéquer ses propres biens pour financer la fuite. C’est lui qui s’occupe de la logistique complexe : il commande la voiture, obtient les faux passeports et organise les relais de poste. Fersen conçoit un plan digne d’un roman d’espionnage où la famille royale voyagera sous de fausses identités. Cependant, Fersen est un militaire et non un politique ; il sous-estime gravement les réactions populaires.

📌 Les identités de la fausse baronne

Pour tromper la vigilance des gardes, le stratagème est précis. Madame de Tourzel, la gouvernante des enfants, endosse le rôle de la baronne de Korff, une riche aristocrate russe. De son côté, la reine Marie-Antoinette joue le rôle de la gouvernante, tandis que Madame Élisabeth, sœur du roi, devient la dame de compagnie. Quant à Louis XVI, il accepte un rôle socialement humiliant pour un monarque : celui de Monsieur Durand, un simple valet de chambre. Vêtu d’une livrée grise et d’une perruque, il espère passer inaperçu. Pourtant, c’est un risque immense car son profil est connu de tous grâce aux pièces de monnaie.

📌 Le choix désastreux de la berline

Une erreur fatale est commise dès le départ concernant le choix du véhicule. La prudence élémentaire aurait dicté l’usage de deux diligences légères, rapides et discrètes. Mais la reine refuse catégoriquement de séparer la famille et exige de voyager confortablement. C’est pourquoi on commande une berline géante, faite sur mesure, véritable appartement roulant avec cave à vins et nécessaires de toilette. Or, ce véhicule est vert et jaune, donc très voyant. Surtout, il est extrêmement lourd et nécessite six à huit chevaux pour avancer. Par conséquent, sa vitesse est ridicule, ce qui accumulera un retard mortel.

📌 Un départ nocturne chaotique

La date fatidique est fixée au 20 juin. La soirée aux Tuileries est particulièrement stressante car La Fayette vient faire sa cour habituelle et s’attarde longuement. Une fois le général parti, les fugitifs sortent par petits groupes en utilisant une porte dérobée. Fersen attend dehors, déguisé en cocher. Louis XVI sort le dernier, le visage dissimulé sous un chapeau rond. Dans l’obscurité, il croise par miracle La Fayette qui inspecte les sentinelles sans le reconnaître. Toutefois, ces manœuvres prennent du temps et le stress commence à monter.

📌 La perte de temps initiale

Une fois sortis du palais, les problèmes continuent car ils doivent retrouver la grosse berline qui attend à la porte Saint-Martin. Malheureusement, dans le dédale des rues parisiennes, le roi se perd un instant. De plus, le transfert des bagages d’une voiture à l’autre prend plus de temps que prévu. Ainsi, quand la berline s’élance enfin, il est presque 2 heures du matin. Ils ont déjà une heure et demie de retard sur le planning initial. À cette époque où les horaires des relais sont stricts, ce retard est catastrophique car il va se répercuter en cascade sur tout le voyage.

📜 Le périple angoissant vers l’Est

📌 L’insouciance trompeuse du début

Alors que la berline roule vers l’Est, l’ambiance se détend au petit matin. La famille royale se croit sauvée puisqu’elle s’éloigne de l’enfer parisien. Le roi retrouve même sa bonne humeur, sort ses cartes de géographie et explique l’itinéraire à son fils. On raconte qu’ils pique-niquent joyeusement dans la voiture. Louis XVI, trop confiant, descend parfois marcher à côté de la voiture dans les côtes et parle aux paysans sans se méfier. Cette insouciance contraste terriblement avec la traque qui s’organise déjà à Paris. Le roi pense naïvement que la province lui reste fidèle, mais il se trompe lourdement.

📌 L’alerte générale à Paris

Pendant ce temps, à Paris, la fuite est découverte dès 7 heures du matin lorsque le valet de chambre trouve le lit du roi vide. Immédiatement, l’alerte est donnée : le tocsin sonne et les canons d’alarme tonnent. La Fayette, bien qu’embarrassé, réagit vite et envoie des courriers dans toutes les directions avec l’ordre formel d’arrêter le roi. De son côté, l’Assemblée nationale se réunit en urgence et s’empare du pouvoir exécutif. Pour sauver les apparences, elle rédige un décret affirmant que le roi a été « enlevé ». Néanmoins, la chasse à l’homme est lancée.

📌 Le fiasco du rendez-vous militaire

Le succès du plan dépendait du premier contact militaire au relais de Pont-de-Somme-Vesle. Le duc de Choiseul y attend depuis midi avec 40 hussards pour escorter la berline. Cependant, la voiture royale a désormais quatre heures de retard. Les paysans locaux s’attroupent, méfiants, pensant que les soldats viennent pour lever l’impôt. La tension monte dangereusement. Vers 17h30, ne voyant rien venir et craignant une émeute, Choiseul prend une décision tragique : il replie ses troupes. Il quitte le relais une demi-heure seulement avant l’arrivée du roi. Quand Louis XVI arrive enfin, la route est désespérément vide.

📌 Le destin bascule à Sainte-Menehould

Désemparé mais n’ayant pas le choix, le roi décide de continuer sa route sans escorte. La berline arrive à Sainte-Menehould vers 20 heures, alors que le soleil se couche. La ville est en ébullition et les dragons présents sont bloqués par la foule. C’est lors du changement de chevaux que le destin bascule. Le maître de poste, qui a servi aux dragons à Versailles, observe attentivement les voyageurs. Il remarque une ressemblance frappante avec l’effigie sur les assignats. Pourtant, il n’agit pas immédiatement et laisse la berline repartir vers l’Argonne.

📌 La chevauchée fantastique de Drouet

Ce maître de poste s’appelle Jean-Baptiste Drouet. Peu après le départ de la voiture, la rumeur confirme qu’il s’agit bien du roi. La municipalité ordonne alors de le poursuivre. Drouet, cavalier émérite, monte aussitôt à cheval avec son ami Guillaume. Contrairement à la lourde berline qui suit la grande route, ils prennent les chemins de traverse à travers la forêt d’Argonne. Leur objectif est simple mais crucial : arriver à Varennes avant le cortège royal pour bloquer le pont. C’est une véritable course contre la montre qui s’engage dans la nuit.

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🎨 L’arrestation dramatique à Varennes

📌 Le piège se referme sur le Roi

Varennes-en-Argonne présente une difficulté majeure : ce n’est pas un relais de poste officiel. Le roi devait y trouver des chevaux frais à l’entrée de la ville, mais personne ne l’attend. La berline perd du temps à tourner dans la ville haute. Pendant ce temps précieux, Drouet arrive et dépasse le carrosse dans l’obscurité. Il file directement vers le pont sur l’Aire et alerte les habitants d’une auberge en criant : « Le roi est là ! ». Pour bloquer physiquement le passage vers Montmédy, ils renversent une charrette de meubles sur le pont. Le piège est désormais tendu.

📌 L’interception fatale

Lorsque la berline descend enfin vers la ville basse et passe sous une voûte sombre, des cris retentissent : « Halte ! ». Des hommes armés, dont Drouet et le procureur de la commune, surgissent et braquent leurs fusils. Ils forcent le cocher à s’arrêter et exigent les passeports. La reine présente les papiers de la baronne de Korff, que Drouet examine à la lueur d’une lanterne. Il feint d’hésiter, affirmant que tout semble en ordre mais qu’il est trop tard pour valider les visas. Sous prétexte d’attendre le matin, il oblige les voyageurs à descendre, gagnant ainsi le temps nécessaire pour alerter la population.

📌 La confrontation chez l’épicier Sauce

La famille royale est conduite dans une modeste maison voisine, celle de Jean-Baptiste Sauce, épicier-chandellier. Ils entrent par la boutique, au milieu des odeurs de chandelle et de fromage, avant de monter s’entasser dans une petite chambre à l’étage. Sauce est visiblement embarrassé. Toutefois, les notables du village commencent à arriver. Un juge nommé Monsieur Destez, qui a vécu à Versailles, est appelé pour identifier les voyageurs. Dès qu’il entre, il voit Louis XVI et s’agenouille spontanément en s’écriant : « Ah, Sire ! ». Le masque tombe, et le roi n’a plus d’autre choix que d’avouer son identité.

📌 Le plaidoyer inutile

À cet instant, Louis XVI change de stratégie. Il ne nie plus, mais tente d’émouvoir l’assistance. Il embrasse Sauce, prend les mains des témoins et assure : « Je ne fuis pas, je vais à Montmédy pour protéger ma famille ». Marie-Antoinette, en larmes, montre ses enfants pour attendrir Madame Sauce. Celle-ci est touchée, mais sa réponse est sans appel : « Madame, vous pensez au roi, moi je pense à Monsieur Sauce. Chaque femme pour son mari ». La logique révolutionnaire et la peur l’emportent sur l’émotion. Sauce refuse de laisser partir le roi sans un ordre formel.

📌 « Il n’y a plus de roi en France »

La nuit s’étire, interminable, tandis que le tocsin sonne dans tous les villages environnants. Au petit matin, les hussards fidèles arrivent enfin, mais il est trop tard : une foule immense de paysans armés bloque la ville. Vers 6 heures, les aides de camp de La Fayette, Bayon et Romeuf, entrent dans la chambre, couverts de poussière. Ils tendent le décret de l’Assemblée à Louis XVI. Après l’avoir lu, le roi prononce cette phrase terrible : « Il n’y a plus de roi en France ». Comprenant que tout est fini, il refuse que le sang coule pour sa cause et accepte de suivre les commissaires. À 8 heures, la berline fait demi-tour vers Paris.

🌍 Le calvaire du retour à Paris

📌 Un cortège funèbre sous la chaleur

Le voyage de retour est un véritable martyre qui dure quatre jours, du 22 au 25 juin. La chaleur est caniculaire et la poussière blanche de Champagne étouffe les occupants de la voiture. Mais le pire reste l’attitude de la foule, devenue immense et menaçante. La nouvelle s’étant répandue, tout le monde veut voir le « roi-cochon ». Les insultes pleuvent et certains crachent même sur la portière. Le roi, jadis sacré, est devenu un objet de haine et de curiosité malsaine. Prostré dans le fond de la voiture, il mesure avec effroi l’ampleur de sa chute.

📌 La violence aveugle de la foule

Malheureusement, la violence n’est pas que verbale. Près de Sainte-Menehould, un drame sanglant survient. Le comte de Dampierre, un vieux noble local, tente de s’approcher de la berline pour saluer respectueusement son souverain. La foule, voyant cela comme une provocation, hurle de rage. On le tire à bas de son cheval avant de le massacrer à coups de sabre et de pique sous les yeux horrifiés de la famille royale. Sa tête est ensuite promenée au bout d’une pique. Cette scène traumatise profondément le Dauphin et prouve que l’autorité royale ne peut plus protéger personne.

📌 La rencontre décisive avec Barnave

Pour éviter le lynchage généralisé, l’Assemblée envoie trois députés à la rencontre du cortège : Barnave, Pétion et La Tour-Maubourg. Barnave et Pétion montent dans la berline, créant une promiscuité grotesque. Si Pétion se montre vaniteux et vulgaire, le jeune Antoine Barnave adopte une attitude différente. Assis entre le roi et la reine, un dialogue inattendu s’installe. Barnave, révolutionnaire brillant, découvre l’humain derrière la fonction et est touché par la dignité de Marie-Antoinette.

📌 Un revirement politique majeur

Durant ce trajet, Barnave change radicalement d’avis. Il comprend que si le roi tombe maintenant, c’est l’anarchie assurée et que les radicaux prendront le pouvoir. Il en conclut qu’il faut sauver le roi pour sauver la Révolution bourgeoise. Ainsi, une alliance secrète se noue durant ces quelques heures. Barnave devient le conseiller occulte de la reine et va désormais tout faire pour maintenir Louis XVI sur le trône, transformant cet échec de la fuite en une tentative de stabilisation politique.

📌 Le silence de mort de Paris

Le 25 juin, le cortège arrive enfin à Paris. La ville a été transformée par La Fayette qui a orchestré une mise en scène glaciale. Des placards couvrent les murs avec cet ordre terrible : « Celui qui applaudira le Roi sera bâtonné, celui qui l’insultera sera pendu ». Le message est clair : le peuple ne doit montrer ni amour, ni haine, mais un mépris total. La foule obéit et des centaines de milliers de parisiens regardent passer la berline dans un silence absolu. Ce silence pesant symbolise mieux que tout discours la mort de la monarchie dans les cœurs.

🤝 Les conséquences : de la fusillade du Champ-de-Mars à la République

📌 Le dilemme impossible de l’Assemblée

Dès le lendemain, l’Assemblée se trouve face à un mur politique. Juridiquement, le roi a trahi en fuyant, ce qui devrait logiquement entraîner sa destitution et la proclamation de la République. C’est d’ailleurs ce que réclament les Cordeliers. Cependant, la majorité modérée de l’Assemblée (les Feuillants) a peur. Ils craignent non seulement la guerre civile, mais aussi un conflit immédiat avec les monarchies d’Europe. Ils veulent à tout prix terminer la Constitution et stabiliser le pays. C’est pourquoi il leur faut maintenir le roi, même s’il n’est plus qu’une marionnette.

📌 Le mensonge d’État de l’enlèvement

Pour sortir de cette impasse, les députés inventent un mensonge grossier : la thèse de l’enlèvement. Ils affirment contre toute évidence que Louis XVI n’a pas fui, mais qu’il a été enlevé par le général Bouillé. Bien que personne ne soit dupe, cette fiction juridique permet de dédouaner le roi et de le rétablir dans ses fonctions. En revanche, Bouillé est déclaré traître à la patrie. Ce tour de passe-passe sauve temporairement le régime, mais il indigne profondément les vrais patriotes qui se sentent floués.

📌 La tragédie du Champ-de-Mars

La colère gronde et aboutit à une manifestation majeure le 17 juillet 1791 sur le Champ-de-Mars. Le club des Cordeliers y organise la signature d’une pétition réclamant la destitution du roi. L’ambiance est extrêmement tendue. L’Assemblée, prenant peur, ordonne au maire de Paris, Bailly, de rétablir l’ordre par la force. La Fayette arrive avec la Garde nationale et le drapeau rouge de la loi martiale est déployé. Après des sommations inaudibles, les gardes tirent sur la foule, faisant une cinquantaine de morts. Cet événement marque une rupture définitive entre les révolutionnaires bourgeois et le peuple.

📌 La marche inéluctable vers la chute

Même si Louis XVI accepte la Constitution en septembre 1791, le mal est fait. La confiance est définitivement morte. Pour le peuple, le roi est désormais un menteur et un allié potentiel de l’ennemi. Lorsque la guerre contre l’Autriche éclate en avril 1792, chaque défaite militaire ravive le souvenir de Varennes et les soupçons de trahison. En réalité, la fuite a préparé les esprits à la journée du 10 août 1792, qui verra la prise des Tuileries. Plus tard, lors de son procès, l’ombre de cette nuit fatidique pèsera lourdement dans la balance qui condamnera Louis XVI à mort. Si tu t’intéresses à cette période violente, tu peux aussi lire notre article sur la Terreur qui suivra peu après.

Pour en savoir plus sur cette période, consulte les ressources du Château de Versailles. Elles sont très riches sur la fin de la monarchie.

🧠 À retenir sur la Fuite de Varennes 1791

  • La fuite a lieu dans la nuit du 20 au 21 juin 1791. Elle échoue principalement à cause d’une mauvaise logistique et de retards accumulés.
  • Louis XVI ne voulait pas fuir à l’étranger, mais rejoindre la place forte de Montmédy pour négocier en position de force.
  • L’arrestation à Varennes par le maître de poste Drouet constitue un tournant historique majeur.
  • Le retour à Paris se fait dans un silence méprisant qui symbolise la désacralisation totale de la monarchie.
  • La fusillade du Champ-de-Mars est la conséquence directe et sanglante de cet événement politique.

❓ FAQ : Questions fréquentes sur la Fuite de Varennes 1791

🧩 Pourquoi Louis XVI a-t-il attendu 1791 pour fuir ?

Louis XVI a longtemps espéré que la Révolution se calmerait d’elle-même. Il voulait rester le père de tous les Français. C’est finalement la question religieuse et la perte totale de sa liberté de mouvement en avril 1791 qui l’ont décidé à franchir le pas.

🧩 Quel a été le sort de Drouet après l’arrestation ?

Jean-Baptiste Drouet est devenu un héros national du jour au lendemain. Il a reçu une forte récompense de l’Assemblée pour son patriotisme. Par la suite, il a été élu député à la Convention nationale où il votera la mort du roi.

🧩 Pourquoi la berline était-elle si lente ?

La berline pesait plusieurs tonnes car elle était lourdement chargée de bagages, de vaisselle et de provisions. De plus, elle nécessitait un attelage complexe de six à huit chevaux, ce qui la rendait difficile à manœuvrer dans les virages et les relais.

🧩 Quiz – As-tu bien suivi la Fuite de Varennes 1791 ?

1. Quelle est la date exacte de la fuite ?



2. Quelle place forte le roi visait-il ?



3. Qui est le cerveau logistique de la fuite ?



4. Sous quel nom le roi voyage-t-il ?



5. Quel défaut majeur avait la voiture royale ?



6. Quel événement religieux a poussé le roi à partir ?



7. Qui reconnaît le roi à Sainte-Menehould ?



8. Chez qui la famille royale est-elle arrêtée ?



9. Quel général devait assurer la sécurité à l’arrivée ?



10. Quel député est séduit par la reine au retour ?



11. Quelle était l’attitude du peuple au retour à Paris ?



12. Quelle excuse l’Assemblée a-t-elle inventée ?



13. Quel massacre a lieu le 17 juillet 1791 ?



14. Qui donne l’ordre de tirer au Champ-de-Mars ?



15. Que signifie « crosse en l’air » pour les soldats ?



16. Quel rôle jouait Madame de Tourzel ?



17. Combien de temps dure le retour vers Paris ?



18. Quel groupe politique veut maintenir le roi après la fuite ?



19. Quel noble est tué par la foule sur le chemin du retour ?



20. Quel sentiment remplace l’amour du peuple pour le roi ?



Luc Pitallier
Écrit par Luc Pitallier

Créateur du site reviserhistoire.fr, j’aide les collégiens, les lycéens et les adultes en reprise d’études à progresser sans stress, avec des explications nettes, des exemples concrets et une vraie méthode.
Sur le blog reviserhistoire.fr, tu trouveras des cours complets du programme, des fiches synthèse, des schémas, des cartes et des quiz pour être prêt le jour du contrôle, du brevet, du bac ou d’un concours.

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