Par Luc Pitallier · Tous les parcours

🎯 Pourquoi l’alliance Ă©tudiants-ouvriers en Mai 68 compte encore ?

En quelques semaines, Étudiants et ouvriers Mai 68 transforme une crise universitaire en grĂšve gĂ©nĂ©rale.
Parti des campus, l’élan gagne les usines et bouscule salaires, hiĂ©rarchies et libertĂ©s.
Pour situer cette jonction, vois le contexte social, le rÎle des syndicats et la réponse du pouvoir gaulliste (De Gaulle et la crise).
Tu peux aussi parcourir le pilier Mai 68 pour l’ensemble des repùres.

👉 Poursuivons avec le contexte et les dĂ©clencheurs qui rendent possible la rencontre entre campus et usines.

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đŸ« Contexte et dĂ©clencheurs

Au milieu des Trente Glorieuses, la France croĂźt vite mais de façon inĂ©gale. Dans les facs, l’afflux des baby-boomers sature les amphis ; dans les ateliers, la cadence s’accĂ©lĂšre. Cette toile de fond rend crĂ©dible la jonction Étudiants et ouvriers Mai 68. Les premiers rĂ©clament dĂ©mocratie universitaire et nouvelles libertĂ©s ; les seconds dĂ©noncent salaires trop bas, pĂ©nibilitĂ© et paternalisme d’usine. L’écart entre prospĂ©ritĂ© affichĂ©e et vĂ©cu quotidien nourrit la colĂšre.

Universités sous pression

Massification, rĂšglements jugĂ©s infantilisants, sĂ©lection opaque : le malaise Ă©tudiant s’amplifie. Les mobilisations Ă  Nanterre puis Ă  la Sorbonne catalysent une gĂ©nĂ©ration. L’inspiration circule Ă  l’échelle mondiale, mais les raisons sont bien françaises : structures figĂ©es et autoritĂ©s sourdes. Pour le panorama global, vois le contexte social et politique.

Usines en tension

Cadences, bas salaires d’embauche et discipline hiĂ©rarchique alimentent le ressentiment. Dans plusieurs bastions, l’idĂ©e de cesser le travail mĂ»rit. Les syndicats, au premier rang desquels la CGT et ses alliĂ©s, sondent la base et prĂ©parent des mots d’ordre. Les ateliers deviennent des lieux d’échanges intenses, oĂč l’on parle pouvoir d’achat, dignitĂ©, temps de travail et droits syndicaux.

Étincelles et effet domino

Au printemps, les heurts au Quartier latin choquent, mais ils libĂšrent la parole. Les cortĂšges grossissent, des lycĂ©es aux facultĂ©s. La radio et les affiches relaient slogans et mots d’ordre. Peu Ă  peu, les revendications se rĂ©pondent : dĂ©mocratie ici, dignitĂ© lĂ . La convergence devient plausible, surtout quand des Ă©tudiants franchissent les portes des ateliers pour discuter avec les Ă©quipes postĂ©es.

Un État sĂ»r de lui
 jusqu’à l’onde de choc

Le pouvoir gaulliste paraĂźt solide, mais il sous-estime la simultanĂ©itĂ© des colĂšres. La rĂ©pression des premiĂšres nuits d’émeutes renforce la dĂ©termination. Les directions d’entreprise, persuadĂ©es que tout rentrera vite dans l’ordre, tardent Ă  nĂ©gocier. Cette inertie prĂ©cipite l’extension de la grĂšve et l’entrĂ©e en scĂšne des grandes usines. Voir aussi De Gaulle et la crise pour la rĂ©ponse politique.

Au total, un triptyque se dessine : universitĂ©s engorgĂ©es, usines sous pression, pouvoir confiant. Quand ces lignes se croisent, la jonction Étudiants et ouvriers Mai 68 devient l’axe central de la sĂ©quence qui mĂšne Ă  la grĂšve gĂ©nĂ©rale.

👉 On passe au chapitre suivant — Des campus aux usines : la jonction ?

🔗 Des campus aux usines : la jonction

Au cƓur du mois de mai, la circulation des mots d’ordre accĂ©lĂšre : cortĂšges Ă©tudiants, assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales, relais par les sections syndicales. La rencontre Étudiants et ouvriers Mai 68 se concrĂ©tise lorsque des dĂ©lĂ©gations se rendent aux portes des usines. Si l'entrĂ©e leur est souvent refusĂ©e par les syndicats, les Ă©changes se nouent Ă  travers les grilles ou dans la rue. Les premiers Ă©changes dissipent la mĂ©fiance et mettent Ă  nu des prĂ©occupations communes : dignitĂ©, prise de parole, pouvoir sur son travail et sur sa vie.

Premiers pas vers les ateliers

Des comitĂ©s d’action mixtes s’organisent prĂšs des sites industriels. Des Ă©tudiants prennent la parole aux changements d’équipes ; des ouvriers viennent tĂ©moigner dans les amphis occupĂ©s. Cette porositĂ© nouvelle ancre la contestation dans le monde du travail et transforme une crise universitaire en enjeu national. Pour replacer ces passerelles dans la sĂ©quence globale, vois le pilier Mai 68.

Sites phares et effet d’exemple

L’occupation de grandes usines joue un rĂŽle de signal : chaque reprise de site lĂ©gitime la suivante. Les chaĂźnes sont Ă  l’arrĂȘt, les portails dĂ©corĂ©s de banderoles, les salles de rĂ©union se muent en AG. Dans ce cadre, les Ă©tudiants organisent la solidaritĂ© extĂ©rieure (collectes, ravitaillement), tandis que les ouvriers gĂšrent l'occupation en interne pour prĂ©server leur autonomie. Les liens tissĂ©s localement renforcent la dynamique nationale.

Langages communs, attentes différentes

Dans les AG, on partage le vocabulaire de l’auto-organisation : mandats rĂ©vocables, votes Ă  main levĂ©e, commissions ouvertes. Mais les horizons restent distincts. Beaucoup d’étudiants rĂȘvent de transformation culturelle et politique immĂ©diate ; nombre d’ouvriers exigent d’abord des avancĂ©es concrĂštes. Cette asymĂ©trie n’empĂȘche pas l’alliance, elle la structure. Elle prĂ©pare aussi, en creux, les nĂ©gociations dĂ©taillĂ©es Ă©tudiĂ©es dans RĂŽle des syndicats.

Pratiques d’ouverture et hospitalitĂ© militante

Portes ouvertes, prises de parole, cantines autogĂ©rĂ©es, imprimeries de fortune : la jonction se nourrit d’une sociabilitĂ© intense. Les Ă©tudiants apportent affiches, journaux muraux et savoir-faire de communication ; les ouvriers apportent expĂ©rience des conflits, sens de l’organisation et ancrage local. Ce mĂ©lange donne au mouvement son visage : crĂ©atif et disciplinĂ©, festif et revendicatif, local et national Ă  la fois.

Un pas décisif vers la grÚve générale

À mesure que la confiance s’installe, les appels Ă  l’arrĂȘt de travail prennent. De site en site, l’extension devient irrĂ©sistible : la jonction Étudiants et ouvriers Mai 68 n’est plus un slogan, c’est une pratique quotidienne. Elle dĂ©bouche logiquement sur l’arrĂȘt massif de la production et sur les occupations coordonnĂ©es, que nous allons analyser dans la partie suivante, en lien avec les acquis prĂ©sentĂ©s dans ConsĂ©quences sociales.

👉 On continue avec le chapitre suivant â€” GrĂšve gĂ©nĂ©rale et occupations ?

⚙ GrĂšve gĂ©nĂ©rale et occupations

Au cƓur du mois, la dynamique s’emballe : la jonction Étudiants et ouvriers Mai 68 dĂ©bouche sur un arrĂȘt massif du travail. Les appels circulent des amphis aux ateliers ; des cortĂšges communs convergent vers les grandes usines. En quelques jours, l’économie ralentit, puis se fige. Le pays dĂ©couvre l’ampleur d’une grĂšve gĂ©nĂ©rale inĂ©dite par sa durĂ©e et sa profondeur.

Du 13 mai au basculement

La journĂ©e d’action unitaire sert de dĂ©clencheur. Les manifestations rĂ©unissent Ă©tudiants, enseignants, salariĂ©s du public et du privĂ©. Dans certaines villes, la coordination est exemplaire : comitĂ©s d’action mixtes, caisses de grĂšve, relais d’information. L’idĂ©e que « l’universitĂ© rencontre l’usine » devient pratique quotidienne, pas seulement slogan. Voir aussi le pilier Mai 68 pour replacer cette montĂ©e en puissance.

Occupations : symboles et logistique

Les occupations d’usines se multiplient, avec des lieux phares qui jouent un rĂŽle d’entraĂźnement. Portails dĂ©corĂ©s, banderoles, vigies : l’espace de travail devient espace politique. Des Ă©tudiants prennent part aux AG, aux ateliers d’affiches et Ă  l’intendance, tandis que les Ă©quipes ouvriĂšres fixent les prioritĂ©s et la discipline collective. Cette configuration hybride est au cƓur de Étudiants et ouvriers Mai 68.

Autogestion, AG et mandats

Les assemblĂ©es se tiennent quotidiennement. On y vote les mots d’ordre, on y mandate des dĂ©lĂ©guĂ©s rĂ©vocables, on y dĂ©cide des ouvertures vers la population locale. Cantines, gardes volontaires, services de presse : la grĂšve s’auto-organise. Les Ă©tudiants apportent un savoir-faire de communication ; les ouvriers, l’ancrage et la cohĂ©sion. Cette culture d’auto-organisation infuse aussi les campus, comme le montre le contexte social.

Tensions et coordination syndicale

À mesure que dure l’arrĂȘt, les besoins concrets s’imposent : salaires, temps de travail, droits syndicaux. Les grandes confĂ©dĂ©rations prennent la main sur les nĂ©gociations nationales. Cette mise en forme suscite dĂ©bats dans les AG mixtes : certains redoutent une normalisation, d’autres y voient la condition d’avancĂ©es tangibles. Pour la suite, consulte l’article RĂŽle des syndicats.

Vers les négociations nationales

L’armĂ©e de grĂ©vistes, la paralysie des transports et la pression de l’opinion poussent l’exĂ©cutif Ă  bouger. Le pouvoir gaulliste cherche une issue par la nĂ©gociation, tout en rĂ©affirmant son autoritĂ©. Cette articulation entre fermetĂ© et concessions marque la phase qui mĂšne aux accords nationaux (jamais signĂ©s officiellement mais appliquĂ©s, notamment+35% pour le SMIG), dĂ©taillĂ©e dans ConsĂ©quences sociales et mise en perspective dans De Gaulle et la crise.

En bref, la grĂšve gĂ©nĂ©rale transforme l’essai : la rencontre Étudiants et ouvriers Mai 68 devient une force matĂ©rielle qui oblige l’État et le patronat Ă  s’asseoir Ă  la table des discussions.

👉 On enchaĂźne avec le chapitre suivant â€” Syndicats, nĂ©gociations et tensions ?

đŸ§© Syndicats, nĂ©gociations et tensions

Dans la sĂ©quence Étudiants et ouvriers Mai 68, les confĂ©dĂ©rations jouent un rĂŽle pivot. Elles encadrent la grĂšve, coordonnent les mots d’ordre et ouvrent des pourparlers nationaux. Cette montĂ©e en responsabilitĂ© rassure une partie des salariĂ©s, mais inquiĂšte certains Ă©tudiants qui redoutent une normalisation de l’élan contestataire.

La mécanique des pourparlers

À mesure que l’arrĂȘt de travail s’installe, les revendications se structurent : salaires, durĂ©e du travail, droits syndicaux, reprĂ©sentations dans l’entreprise. Des dĂ©lĂ©gations montent Ă  Paris pour discuter avec l’État et le patronat. Les assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales d’usine dĂ©battent, mandatent et contrĂŽlent leurs dĂ©lĂ©guĂ©s. Voir RĂŽle des syndicats pour le dĂ©tail des acteurs.

Accords, votes et contradictions

Les propositions issues des pourparlers sont rapportĂ©es aux ateliers pour ĂȘtre discutĂ©es et votĂ©es. Dans plusieurs sites, les accords sont jugĂ©s insuffisants au regard des sacrifices consentis. Ailleurs, ils apparaissent comme un pas dĂ©cisif arrachĂ© par la grĂšve. Ce va-et-vient dĂ©mocratique rĂ©vĂšle une tension fĂ©conde entre stratĂ©gie nationale et souverainetĂ© des lieux de travail.

Deux horizons qui s’entrechoquent

Les Ă©tudiants insistent sur l’émancipation culturelle, la critique de l’autoritĂ© et l’autogestion. Les ouvriers priorisent les conquĂȘtes concrĂštes. Cette dissymĂ©trie ne nie pas l’alliance Étudiants et ouvriers Mai 68, elle en dessine les limites. Elle explique aussi les dĂ©bats nourris autour des compromis finalement acceptĂ©s, analysĂ©s dans ConsĂ©quences sociales.

État, calendrier et rapport de force

Le pouvoir politique cherche Ă  reprendre l’initiative en jouant du temps long, des annonces et de l’ordre public. Les directions syndicales, elles, arbitrent entre pression de la base et fenĂȘtre de tir. Cette triade façonne l’issue des nĂ©gociations et la temporalitĂ© de la reprise, replacĂ©e dans De Gaulle et la crise.

En somme, la phase des pourparlers transforme l’énergie de la jonction en rĂ©sultats tangibles, sans Ă©puiser le dĂ©sir de changement portĂ© par la jeunesse. C’est ce frottement qui fait l’originalitĂ© et la force de Étudiants et ouvriers Mai 68.

👉 On continue avec le chapitre suivant â€” Culture militante : slogans, affiches, comitĂ©s ?

🎹 Culture militante : slogans, affiches, comitĂ©s

Au fil des occupations, une culture politique foisonnante s’invente. La jonction Étudiants et ouvriers Mai 68 s’exprime par des AG ouvertes, des comitĂ©s d’action, des ateliers d’affiches et une presse murale omniprĂ©sente. Le mot d’ordre est simple : prendre la parole, s’auto-organiser, dĂ©cider ensemble.

Affiches et slogans

Dans les Ă©coles d’art et les usines, on sĂ©rigraphie des centaines d’affiches : messages courts, visuels percutants, humour mordant. Les slogans deviennent des marqueurs — « Sous les pavĂ©s, la plage », « Il est interdit d’interdire » — et circulent des campus aux ateliers. Pour un panorama artistique, vois Mai 68 et culture.

ComitĂ©s d’action et presse murale

Autour des usines, des comitĂ©s d’action mixtes coordonnent intendance, information et accueil. La presse murale informe en temps rĂ©el : votes, besoins, rendez-vous. Cette communication directe renforce la confiance entre grĂ©vistes et soutiens Ă©tudiants, tout en rendant la mobilisation lisible au-delĂ  des sites occupĂ©s.

Assemblées et pédagogie militante

Les AG apprennent Ă  dĂ©battre, mandater et rĂ©voquer. Des Ă©tudiants animent des ateliers d’expression ; des ouvriers partagent savoir-faire et stratĂ©gies de lutte. Cette pĂ©dagogie horizontale façonne durablement les pratiques collectives, comme on le voit aussi dans RĂŽle des syndicats et les effets dĂ©crits dans ConsĂ©quences sociales.

Traces et mémoires

Une partie de cette production circule Ă  la radio et Ă  la tĂ©lĂ©vision, tandis que des archives conservent aujourd’hui affiches et reportages. Pour aller plus loin, consulte les archives de l’INA et des recueils d’affiches sur Gallica (BnF). Pour un cadrage civique et institutionnel, un dossier de synthĂšse est disponible sur vie-publique.fr.

👉 On poursuit avec le chapitre suivant â€” Bilan et hĂ©ritages ?

📜 Bilan et hĂ©ritages

À court terme, la jonction Étudiants et ouvriers Mai 68 ne renverse pas le pouvoir. Cependant, elle oblige l’État et le patronat Ă  concĂ©der des avancĂ©es majeures. Les Ă©lections qui suivent semblent rĂ©tablir l’ordre, mais, dans les faits, les rapports sociaux ont changĂ©. La parole circule davantage, les hiĂ©rarchies sont discutĂ©es, et l’idĂ©e d’autogestion s’installe dans le dĂ©bat public.

Acquis sociaux et monde du travail

Les hausses de salaires, la reconnaissance accrue des droits syndicaux et l’amĂ©lioration des conditions de travail constituent des gains tangibles. De plus, les pratiques d’assemblĂ©es gĂ©nĂ©rales, de mandats rĂ©vocables et de comitĂ©s d’action laissent des traces durables dans les entreprises. Pour le dĂ©tail, vois ConsĂ©quences sociales.

Université, culture et libertés

Dans les facs, la massification est mieux prise en compte et la participation Ă©tudiante progresse. Surtout, le rapport Ă  l’autoritĂ© Ă©volue : cours, examens, vie sur les campus, tout est discutĂ©. Sur le plan culturel, l’inventivitĂ© de Étudiants et ouvriers Mai 68 irrigue le cinĂ©ma, la musique, l’édition et la presse alternative. Pour la dimension symbolique et artistique, consulte Mai 68 et culture.

Nouvelles causes et effets de génération

À moyen terme, l’hĂ©ritage nourrit des mouvements fĂ©ministes, Ă©cologistes et autogestionnaires. Les pratiques de dĂ©mocratie directe, expĂ©rimentĂ©es pendant la grĂšve, inspirent d’autres mobilisations. Ainsi, la sĂ©quence devient une rĂ©fĂ©rence pour lier revendications sociales, libertĂ©s individuelles et critique du productivisme. Pour replacer ces dynamiques, retourne au contexte social.

État, ordre et recompositions politiques

Le pouvoir gaulliste reprend l’initiative institutionnelle. NĂ©anmoins, la lĂ©gitimitĂ© de l’autoritĂ© se rediscute partout : Ă  l’usine, Ă  l’universitĂ©, dans la famille. Cette recomposition idĂ©ologique, moins visible que les scrutins, explique la postĂ©ritĂ© du moment 68. Pour la stratĂ©gie gouvernementale, vois De Gaulle et la crise, et pour la synthĂšse d’ensemble, le pilier Mai 68.

En somme, la force de Étudiants et ouvriers Mai 68 tient Ă  l’alliance entre luttes matĂ©rielles et aspirations dĂ©mocratiques. Les acquis n’épuisent pas les espoirs ; ils ouvrent un cycle oĂč l’on ose davantage contester et proposer.


đŸ•”ïž Le saviez-vous ? Le "Rendez-vous manquĂ©" de Billancourt.
L'image d'une union sacrée entre étudiants et ouvriers est un mythe partiel. Le 17 mai 1968, lorsque des milliers d'étudiants marchent vers l'usine Renault-Billancourt pour fraterniser, ils trouvent... porte close ! La CGT, méfiante envers ces étudiants qu'elle qualifie d'« aventuristes » ou de « petits-bourgeois », ordonne aux ouvriers de ne pas se mélanger pour éviter la "contamination" gauchiste. On a assisté à une juxtaposition des luttes (chacun son combat) bien plus qu'à une véritable fusion.

⚡ Le coin des archives

Si l'alliance politique fut difficile, l'alliance artistique fut Ă©clatante au sein de l'Atelier Populaire des Beaux-Arts. Étudiants et ouvriers y ont collaborĂ© jour et nuit pour sĂ©rigraphier les affiches mythiques de la rĂ©volte. C'est lĂ  qu'est nĂ© le cĂ©lĂšbre visuel "Usines, UniversitĂ©s, Union", symbolisant ce dĂ©sir de jonction sociale qui effrayait tant le pouvoir gaulliste que les cadres du Parti Communiste.

👉 On passe au chapitre suivant â€” 🧠 À retenir pour un rĂ©sumĂ© clair avant la FAQ et le quiz ?

🧠 À retenir

  • La jonction Étudiants et ouvriers Mai 68 transforme une crise universitaire en grĂšve gĂ©nĂ©rale Ă  l’échelle du pays.
  • Objectifs proches mais distincts : Ă©mancipation culturelle et dĂ©mocratie directe cĂŽtĂ© Ă©tudiants ; salaires, conditions de travail et droits syndicaux cĂŽtĂ© ouvriers.
  • Les occupations d’usines et d’universitĂ©s inventent des pratiques d’AG, de mandats rĂ©vocables et d’autogestion qui marquent durablement les luttes.
  • Les nĂ©gociations nationales aboutissent Ă  des avancĂ©es sociales majeures (voir ConsĂ©quences sociales), tout en suscitant dĂ©bats sur l’ampleur des concessions.
  • L’hĂ©ritage irrigue la culture politique (affiches, slogans, comitĂ©s d’action) et inspire des mobilisations ultĂ©rieures ; pour l’angle institutionnel, voir De Gaulle et la crise, et pour l’approche globale, le pilier Mai 68.

❓ FAQ : Questions frĂ©quentes sur l’alliance Ă©tudiants-ouvriers en 1968

Pourquoi tous les ouvriers n’ont-ils pas suivi les revendications Ă©tudiantes ?

Les horizons diffĂšrent : beaucoup d’étudiants visaient une transformation culturelle et politique immĂ©diate, tandis que les ouvriers priorisaient salaires, conditions de travail et droits syndicaux. Cette dissymĂ©trie a structurĂ© la convergence sans l’annuler. Pour le cadrage, vois RĂŽle des syndicats et Contexte social.

Que changent concrÚtement les accords nationaux pour les salariés ?

Les accords nationaux arrachĂ©s pendant la grĂšve (hausses de salaires, amĂ©lioration des droits syndicaux, reconnaissance accrue) constituent des gains tangibles, mĂȘme discutĂ©s. Pour un tour d’horizon des effets, consulte ConsĂ©quences sociales.

Les Ă©tudiants ont-ils vraiment participĂ© aux occupations d’usines ?

La situation Ă©tait nuancĂ©e. Si les syndicats bloquaient souvent l'accĂšs des grandes usines aux Ă©tudiants, la mixitĂ© Ă©tait bien rĂ©elle dans la rue. En revanche, au pied des machines, Ă  l’intendance ou dans les ateliers d’affiches, cette union se faisait plus rare. MalgrĂ© ces limites dues Ă  des cultures militantes diffĂ©rentes, cette tentative de jonction a indĂ©niablement renforcĂ© la confiance et la visibilitĂ© du mouvement. Revois la jonction et la culture militante.

Pourquoi le pouvoir gaulliste ne s’effondre-t-il pas malgrĂ© la grĂšve gĂ©nĂ©rale ?

L’exĂ©cutif reprend la main via la dissolution de l’AssemblĂ©e, l’appel aux urnes et une stratĂ©gie d’autoritĂ© mĂȘlĂ©e de concessions. Les Ă©lections de juin rĂ©affirment l’ordre institutionnel, sans effacer les changements sociaux et culturels. Pour l’analyse politique, voir De Gaulle et la crise.

Qu’est-ce qui subsiste aujourd’hui de cette convergence ?

Des pratiques (AG, mandats, comitĂ©s), des droits consolidĂ©s et une culture politique plus participative. L’imaginaire de 68 nourrit encore mobilisations sociales et crĂ©ation artistique ; explore le pilier Mai 68 et Mai 68 et culture. Pour archives audiovisuelles, consulte l’INA.

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1. Quel Ă©vĂ©nement catalyse l’entrĂ©e massive des salariĂ©s dans le mouvement ?
2. Quelle priorité domine cÎté ouvrier durant la grÚve ?
3. Dans les assemblées, les mandats des délégués sont surtout

4. Les occupations transforment l’usine en un espace principalement

5. Quel rÎle concret jouent souvent les étudiants dans les usines occupées ?
6. Quelle structure locale coordonne souvent soutien et information autour des sites ?
7. Qui participe aux négociations nationales au plus fort de la crise ?
8. Les accords issus des négociations apportent notamment

9. Quel slogan est emblématique de la séquence ?
10. Quelle pratique démocratique caractérise la période dans usines et facs ?
11. Pourquoi le pouvoir gaulliste ne s’effondre-t-il pas ?
12. Que rĂ©alise l’atelier d’affiches au cƓur du mouvement ?
13. À moyen terme, l’hĂ©ritage de la convergence nourrit surtout

14. Pourquoi naissent des tensions entre étudiants et ouvriers ?
15. Dans les usines occupées, qui fixe les priorités et la discipline collective ?
16. Que rĂ©vĂšle la grĂšve gĂ©nĂ©rale Ă  l’échelle du pays ?
17. Quelle pratique renforce la transparence locale des décisions ?
18. Quel rĂŽle jouent les syndicats pendant la grĂšve ?
19. Les échanges entre étudiants et ouvriers (comités d'action, rue, piquets de grÚve) illustrent
20. Quel héritage culturel majeur laisse la période ?

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