🧭 Définition de la Guerre d’Algérie et analyse du conflit (1954-1962)

🎯 Pourquoi la définition de la Guerre d’Algérie est-elle unique ?

Chercher une définition de la Guerre d’Algérie revient à ouvrir une page complexe de l’histoire. En effet, ce conflit marque une étape clé du mouvement mondial de décolonisation. Il s’étend officiellement de 1954 à 1962. Pourtant, l’État français a longtemps refusé de le nommer ainsi, parlant plutôt d’« événements » ou d’« opérations de maintien de l’ordre ».

Aujourd’hui, la définition de la Guerre d’Algérie évoque non seulement une lutte pour l’indépendance, mais aussi une guerre civile dramatique. De plus, cet affrontement a provoqué la chute de la IVe République. Par conséquent, pour bien comprendre ce conflit, il faut analyser ses racines coloniales profondes ainsi que ses multiples visages.

🗂️ Dans cet article, tu vas découvrir :

👉 Poursuivons donc avec le premier chapitre pour remonter aux sources des inégalités.

🌱 Les racines profondes d’un conflit colonial séculaire

📌 Le statut particulier de l’Algérie coloniale

Pour établir une définition de la Guerre d’Algérie précise, il faut regarder le passé. En effet, tout commence bien avant 1954, avec la conquête de 1830. L’Algérie diffère radicalement des autres territoires de l’empire colonial français. Ce n’est pas une simple colonie. Au contraire, elle est administrativement intégrée au territoire national.

Le territoire est divisé en départements français (Alger, Oran, Constantine). Ainsi, le mythe de « l’Algérie française » s’installe durablement. Cependant, cette administration masque une réalité très inégalitaire. Concrètement, deux populations coexistent sans se mélanger : une minorité d’Européens et une majorité de musulmans.

La société est divisée structurellement. D’un côté, on trouve les colons, appelés Pieds-noirs, qui sont citoyens français. De l’autre, les « indigènes » musulmans subissent le Code de l’indigénat jusqu’en 1944. La France construit certes des infrastructures. Toutefois, ces routes et écoles profitent surtout aux Européens. La scolarisation des enfants musulmans reste faible. Par conséquent, l’ascension sociale est bloquée, ce qui nourrit un fort sentiment d’injustice.

Des réformes politiques sont tentées, comme le projet Blum-Viollette en 1936. Malheureusement, elles se heurtent à l’opposition farouche des colons. Ce blocage convainc les nationalistes que la voie légale est une impasse. Dès lors, le nationalisme algérien se radicalise. Des figures comme Messali Hadj ou Ferhat Abbas réclament l’indépendance totale.

📌 Le traumatisme de Sétif et Guelma en 1945

La guerre débute officiellement en 1954. Néanmoins, la rupture psychologique a lieu dès le 8 mai 1945. La France fête alors sa victoire contre l’Allemagne nazie. Simultanément, des manifestations nationalistes éclatent à Sétif et Guelma pour réclamer l’indépendance.

La répression est terrible. L’armée et des milices interviennent brutalement. Ainsi, des milliers d’Algériens sont tués. Cet épisode creuse un fossé de sang définitif. Pour le futur FLN (Front de Libération Nationale), c’est la preuve que la France ne cédera pas pacifiquement. C’est pourquoi la violence coloniale appelle désormais une contre-violence. L’insurrection se prépare donc dans la clandestinité. Pour approfondir ce contexte, consulte notre article sur la décolonisation dans le monde.

🔥 L’éclatement de l’insurrection et la « Toussaint Rouge »

📌 1er novembre 1954 : le passage à l’acte

La définition de la Guerre d’Algérie commence factuellement dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954. C’est la fameuse « Toussaint Rouge ». Une soixantaine d’attentats frappent le territoire. Ensuite, le FLN revendique ces actions. Il exige immédiatement la reconnaissance de la nationalité algérienne.

La réaction française est ferme. François Mitterrand, alors ministre, déclare : « L’Algérie, c’est la France ». Par conséquent, toute négociation est exclue. Pour le gouvernement, ce n’est pas une guerre, mais du maintien de l’ordre. Ainsi, la France s’enferme dans une logique purement répressive.

Pourtant, l’insurrection n’est pas massive au début. Les troupes de l’ALN sont peu nombreuses. Elles mènent donc une guérilla dans les montagnes. Leur but est d’insécuriser la présence française. De plus, le FLN veut internationaliser le conflit en attirant l’attention de l’ONU.

📌 L’engrenage de la répression et de la violence

L’armée française adapte sa stratégie. Cependant, cela entraîne une escalade de la violence. En août 1955, le FLN vise des civils européens. La répression qui suit est aveugle. De ce fait, le fossé se creuse encore. Ce cycle de violence pousse la population musulmane vers le camp de l’indépendance.

Dès 1956, le gouvernement de Guy Mollet envoie le contingent. Autrement dit, les jeunes appelés du service militaire partent au front. Les effectifs explosent à 400 000 hommes. Désormais, la guerre entre dans chaque foyer français. Pour comprendre l’impact politique, lis notre fiche sur la crise de la IVe République.

⚔️ L’escalade militaire et la « bataille d’Alger »

📌 La bataille d’Alger (1957) : un tournant urbain

L’année 1957 marque un tournant décisif. C’est la célèbre « bataille d’Alger ». Le FLN porte la guerre en ville pour marquer les esprits. En effet, des attentats frappent des lieux publics. En réponse, le général Massu reçoit les pleins pouvoirs de police.

L’armée gagne militairement cette bataille. Elle brise les réseaux du FLN. Toutefois, cette victoire est une défaite morale. Pourquoi ? Parce que l’armée utilise la torture et les exécutions sommaires. Ces méthodes scandalisent une partie de l’opinion.

La torture devient un sujet central. Par exemple, le livre La Question d’Henri Alleg révèle ces pratiques. Cette « sale guerre » divise les Français. Certains défendent l’Algérie française à tout prix. D’autres dénoncent la trahison des valeurs républicaines. La définition de la Guerre d’Algérie intègre donc cette dimension morale : une démocratie se compromet pour sauver son empire.

📌 Le quadrillage et les camps de regroupement

Dans les campagnes, l’armée « quadrille » le terrain. Elle crée des zones interdites. De plus, elle déplace deux millions de paysans dans des camps. Par conséquent, la société traditionnelle est déstructurée, ce qui renforce la colère contre la France.

L’armée tente aussi de gagner les cœurs avec des actions sociales (les SAS). Mais cette politique est contredite par les bombardements au napalm. Enfin, la ligne Morice électrifiée isole les maquis. L’ALN est affaiblie militairement, mais la volonté d’indépendance reste intacte.

🏛️ La crise politique et la fin de la IVe République

📌 Le 13 mai 1958 et le retour de De Gaulle

Le conflit s’enlise. De surcroît, l’instabilité politique exaspère les Pieds-noirs. Le 13 mai 1958, une émeute éclate à Alger. L’armée soutient les manifestants. Finalement, ils exigent le retour du général de Gaulle.

La IVe République s’effondre face à la menace d’un coup d’État. De Gaulle revient donc au pouvoir et fonde la Ve République. Le 4 juin, il lance son célèbre « Je vous ai compris ! ». Cependant, cette phrase est ambiguë. Chacun l’interprète à sa façon.

Au début, De Gaulle intensifie la guerre. Mais il comprend vite que l’Algérie française est condamnée. Il parle alors d’autodétermination. Ce revirement provoque la fureur des colons et de l’armée. Ainsi, le conflit devient une crise franco-française.

📌 Le putsch des généraux et l’OAS

Les partisans de l’Algérie française se sentent trahis. En conséquence, quatre généraux tentent un putsch en avril 1961. Heureusement, le coup d’État échoue grâce aux soldats du contingent.

Les irréductibles fondent alors l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète). C’est une organisation terroriste clandestine. Elle frappe partout. Désormais, c’est une guerre civile au sein même de la guerre coloniale.

👥 Une définition de la Guerre d’Algérie aux multiples visages

📌 Une guerre civile algéro-algérienne

Ce n’est pas seulement France contre Algérie. En réalité, la définition de la Guerre d’Algérie inclut aussi une guerre entre Algériens. Le FLN élimine violemment ses rivaux du MNA. De plus, il impose sa loi par la terreur sur la population.

D’autre part, l’armée française recrute des Harkis. Ces supplétifs algériens sont environ 150 000. Leurs motivations varient. À la fin, leur sort sera tragique. Ils seront considérés comme des traîtres par le FLN et souvent abandonnés par la France.

📌 Une guerre civile franco-française

La France est aussi déchirée. En métropole, la gauche manifeste pour la paix. La répression est parfois sanglante. Par exemple, le 17 octobre 1961, la police tue de nombreux manifestants algériens à Paris.

Les intellectuels s’engagent. Le « Manifeste des 121 » prône l’insoumission. À l’inverse, d’autres défendent l’Occident. Cette fracture marquera durablement la politique. Pour aller plus loin, lis l’article sur Charles de Gaulle et la fondation de la Ve République.

🕊️ Vers les accords d’Évian et l’indépendance

📌 Les négociations et les Accords d’Évian (1962)

Les violences continuent. Malgré tout, les négociations aboutissent. Les accords d’Évian sont signés le 18 mars 1962. Ils prévoient un cessez-le-feu et l’indépendance. C’est une victoire politique pour le FLN.

Toutefois, la violence ne s’arrête pas net. L’OAS multiplie les attentats (politique de la terre brûlée). En représailles, des massacres d’Européens et de Harkis ont lieu, notamment à Oran. L’insécurité est donc totale.

📌 L’exode et l’indépendance

Le 1er juillet 1962, les Algériens votent pour l’indépendance. Elle est proclamée le 5 juillet. Pour les Pieds-noirs, c’est la fin. Pris de panique, près d’un million d’entre eux fuient vers la France. C’est un exode massif. Tu peux consulter les détails sur Vie Publique.

Le sort des Harkis est encore pire. Des milliers sont massacrés. Ceux qui fuient vivent dans des camps précaires en France. Finalement, la guerre laisse des mémoires meurtries. La France ne reconnaîtra l’expression « Guerre d’Algérie » qu’en 1999.

🧠 À retenir sur la définition de la Guerre d’Algérie

  • C’est un conflit de décolonisation long (1954-1962). Il oppose l’armée française au FLN.
  • La guerre provoque la chute de la IVe République et le retour de de Gaulle en 1958.
  • C’est une guerre complexe. Elle inclut des aspects de guerre civile (entre Algériens et via l’OAS).
  • L’issue est l’indépendance (Accords d’Évian, 1962). Elle est suivie par l’exode des Pieds-noirs et le massacre des Harkis.

❓ FAQ : Questions fréquentes sur la définition de la Guerre d’Algérie

🧩 Pourquoi a-t-on parlé d’événements et non de guerre ?

L’Algérie était constituée de départements français. Donc, pour l’État, c’était du maintien de l’ordre interne. Le terme « guerre » n’a été reconnu officiellement qu’en 1999.

🧩 Qui sont les Harkis et les Pieds-noirs ?

Les Pieds-noirs sont les colons européens installés en Algérie. Les Harkis sont les soldats algériens de l’armée française. Finalement, les deux groupes ont dû quitter l’Algérie en 1962.

🧩 Qu’est-ce que l’OAS ?

L’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) est une organisation terroriste. Elle a été créée en 1961 par des partisans de l’Algérie française pour empêcher l’indépendance.

🧩 Quiz – Comprendre la Guerre d’Algérie

1. Quelle est la date du début de l’insurrection (Toussaint Rouge) ?


2. Comment s’appelle le principal mouvement nationaliste algérien ?


3. Quel général revient au pouvoir en France à cause de la crise algérienne en 1958 ?


4. Comment appelle-t-on les Français d’Algérie d’origine européenne ?


5. Quelle bataille urbaine majeure a lieu en 1957 ?


6. Quel accord met fin officiellement à la guerre en 1962 ?


7. Qui sont les Harkis ?


8. Quelle république française chute à cause de la guerre d’Algérie ?


9. Quelle méthode illégale a été utilisée par l’armée durant la bataille d’Alger ?


10. Que s’est-il passé le 17 octobre 1961 à Paris ?


11. Quelle organisation terroriste défendait l’Algérie française à la fin de la guerre ?


12. Quel était le statut administratif de l’Algérie avant la guerre ?


13. Quelle année marque l’indépendance de l’Algérie ?


14. Qui a prononcé « Je vous ai compris » à Alger en 1958 ?


15. Que réclamaient les manifestants algériens à Sétif en 1945 ?


16. Qu’est-ce que le « contingent » ?


17. En quelle année la France a-t-elle officiellement reconnu le terme de « Guerre d’Algérie » ?


18. Quel homme politique socialiste a envoyé le contingent en Algérie en 1956 ?


19. Combien d’Européens ont quitté l’Algérie en 1962 (environ) ?


20. Quelle ligne électrifiée devait empêcher les infiltrations aux frontières ?


Luc Pitallier
Écrit par Luc Pitallier

Créateur du site reviserhistoire.fr, j’aide les collégiens, les lycéens et les adultes en reprise d’études à progresser sans stress, avec des explications nettes, des exemples concrets et une vraie méthode.
Sur le blog reviserhistoire.fr, tu trouveras des cours complets du programme, des fiches synthèse, des schémas, des cartes et des quiz pour être prêt le jour du contrôle, du brevet, du bac ou d’un concours.

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