Par Luc Pitallier · Tous les parcours

🎯 Pourquoi l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie est-elle un tournant majeur ?

L’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie marque la fin d’une guerre longue et violente et l’aboutissement d’un principe : le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes. Elle s’inscrit dans un contexte mondial de dĂ©colonisation, tout en rĂ©vĂ©lant des fractures profondes entre acteurs, du conflit FLN–armĂ©e française aux choix politiques de la mĂ©tropole. Pour bien comprendre 1962, il faut relier l’autodĂ©termination aux Accords d’Évian, et mesurer les consĂ©quences humaines pour les pieds-noirs et les harkis.

👉 Poursuivons avec le contexte international pour situer 1962 dans la dĂ©colonisation mondiale.

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🌍 Contexte international et droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes

La décolonisation en marche

Au milieu du XXe siĂšcle, la dĂ©colonisation s’accĂ©lĂšre : l’Inde devient indĂ©pendante en 1947, l’IndonĂ©sie en 1949, puis l’Afrique noire entame Ă  son tour un cycle d’émancipations. Dans ce contexte, l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie s’inscrit dans un mouvement global, nourri par la guerre froide et par l’idĂ©e que la domination coloniale n’est plus lĂ©gitime. D’ailleurs, la crise de Suez (1956) confirme le dĂ©clin des vieilles puissances europĂ©ennes.

Bandung, ONU et autodétermination

DĂšs 1955, la confĂ©rence de Bandung popularise la voie des « non-alignĂ©s » et la revendication d’égalitĂ© souveraine. Ensuite, l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale de l’ONU affirme le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes, principe central pour comprendre 1962. En France, ce cadre international pĂšse sur les choix politiques et nourrit le dĂ©bat public, malgrĂ© la violence de la guerre entre FLN et armĂ©e française.

La spécificité algérienne

Cependant, l’AlgĂ©rie n’est pas une « colonie » ordinaire : elle est organisĂ©e en dĂ©partements (comme la mĂ©tropole), avec une importante population europĂ©enne. Cette singularitĂ© complexifie la transition. Pourtant, la dynamique mondiale et les causes profondes du conflit rendent l’issue inĂ©vitable : l’autodĂ©termination finit par s’imposer.

De Gaulle et le tournant politique

Revenu au pouvoir en 1958, le gĂ©nĂ©ral de Gaulle Ă©volue d’une logique de « paix des braves » vers la reconnaissance explicite de l’autodĂ©termination. Ainsi, il ouvre la voie Ă  des nĂ©gociations encadrĂ©es, sous pression des acteurs internationaux et de l’opinion française lassĂ©e par une guerre sans fin.

Vers 1962 : un horizon désormais fixé

Finalement, Ă  l’aube des annĂ©es 1960, l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie apparaĂźt comme la solution politique la plus conforme aux principes internationaux et Ă  la rĂ©alitĂ© du terrain. Toutefois, cet horizon suscite tensions et radicalisations, prĂ©parant les basculements de 1962 et les mĂ©moires qui suivront (mĂ©moire du conflit).

Infographie expliquant le contexte international de la dĂ©colonisation dans les annĂ©es 1950-1960, la confĂ©rence de Bandung, le rĂŽle de l’ONU et le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes, replacĂ©s dans l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie en 1962.

Infographie sur le contexte international de la dĂ©colonisation et le droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes pour comprendre l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie en 1962. 📾 Source : reviserhistoire.fr

👉 Poursuivons avec les Accords d’Évian pour comprendre le cadre juridique et politique de l’indĂ©pendance.

đŸ€ NĂ©gociations et Accords d’Évian (mars 1962)

Qui négocie et pourquoi maintenant ?

À partir de 1961, la France et le GPRA (gouvernement provisoire de la RĂ©publique algĂ©rienne) s’emploient Ă  trouver une issue. La lassitude d’une guerre coĂ»teuse, la pression internationale et la ligne d’autodĂ©termination dĂ©fendue par de Gaulle ouvrent la porte Ă  Évian. Les Ă©changes formalisent le passage d’une logique strictement militaire (FLN–armĂ©e française) Ă  une solution politique encadrĂ©e.

Que prĂ©voient les Accords d’Évian ?

SignĂ©s en mars 1962, ils organisent le cessez-le-feu, un calendrier de rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination, des garanties pour les personnes et les biens, ainsi que des coopĂ©rations Ă©conomiques et militaires transitoires. Pour une analyse dĂ©taillĂ©e, voir l’article dĂ©diĂ© : Accords d’Évian. En toile de fond, la rĂ©solution onusienne sur la dĂ©colonisation renforce le cadre juridique (ONU).

19 mars 1962 : du texte au terrain

Le 19 mars marque l’entrĂ©e en vigueur du cessez-le-feu. Cependant, l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie n’éteint pas immĂ©diatement les violences : des attentats et reprĂ©sailles persistent, notamment du cĂŽtĂ© de l’OAS, tandis que s’organise l’exode d’une partie des EuropĂ©ens d’AlgĂ©rie. Le pays bascule d’une guerre ouverte Ă  une phase de transition fragile vers l’État algĂ©rien.

Forces et limites d’un compromis

Les accords cherchent l’équilibre entre sĂ©curitĂ©, souverainetĂ© et continuitĂ©s pratiques (bases, pĂ©trole, coopĂ©ration). Mais leurs zones d’ombre alimentent tensions et contestations. Pour replacer ce moment dans la chronologie globale du conflit, consulte aussi le pilier La guerre d’AlgĂ©rie (1954–1962).

Infographie prĂ©sentant les principales Ă©tapes des nĂ©gociations entre la France et le GPRA et les dispositions des Accords d’Évian de mars 1962 (cessez-le-feu, garanties, coopĂ©rations) dans le cadre de la guerre d’AlgĂ©rie.

SynthĂšse visuelle des nĂ©gociations entre la France et le GPRA et des principales clauses des Accords d’Évian de mars 1962. 📾 Source : reviserhistoire.fr

👉 Poursuivons avec le rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination et le calendrier conduisant au 5 juillet 1962.

đŸ—łïž RĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination et calendrier de 1962

8 janvier 1961 : le principe d’autodĂ©termination

Un premier rĂ©fĂ©rendum organisĂ© en mĂ©tropole et en AlgĂ©rie approuve massivement le principe d’autodĂ©termination. Ce vote crĂ©e un cadre politique clair : prĂ©parer juridiquement l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie ou une autre solution choisie par les populations consultĂ©es. Il confirme la ligne dĂ©fendue par de Gaulle et ouvre la voie aux pourparlers dĂ©taillĂ©s des Accords d’Évian.

8 avril 1962 : ratification des Accords d’Évian

Un second scrutin en France mĂ©tropolitaine approuve les accords et le cessez-le-feu du 19 mars. L’État s’engage alors sur un calendrier prĂ©cis : consultation en AlgĂ©rie, pĂ©riode transitoire et proclamation de souverainetĂ©. Pour replacer ce moment dans la chronologie, voir le pilier La guerre d’AlgĂ©rie.

1er juillet 1962 : la consultation en Algérie

Le rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination organisĂ© en AlgĂ©rie valide de façon Ă©crasante l’option de l’indĂ©pendance. Ce rĂ©sultat clĂŽt politiquement la sĂ©quence ouverte en 1954 et confirme l’issue nĂ©gociĂ©e Ă  Évian. Il prĂ©pare les dĂ©cisions des 3 et 5 juillet, tout en laissant en suspens des questions humaines majeures, comme le sort des harkis et des pieds-noirs.

3–5 juillet 1962 : reconnaissance et proclamation

Le 3 juillet, la France reconnaĂźt officiellement l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie ; le 5 juillet, l’AlgĂ©rie la proclame. Cette date devient jour de fĂȘte nationale. Mais la transition reste violente dans certaines villes, notamment Ă  Oran, ce qui nourrit des dĂ©bats mĂ©moriels durables (mĂ©moire du conflit).

Infographie en forme de frise chronologique illustrant les rĂ©fĂ©rendums de 1961 et 1962, le cessez-le-feu du 19 mars et les principales Ă©tapes politiques menant Ă  l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie entre avril et juillet 1962.

Frise chronologique du rĂ©fĂ©rendum d’autodĂ©termination et du calendrier de 1962 conduisant Ă  l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie. 📾 Source : reviserhistoire.fr

RepĂšres juridiques et sources officielles

Pour aller plus loin : Vie-publique, Conseil constitutionnel, et Légifrance proposent des dossiers et archives référendaires.

👉 Poursuivons avec les violences et basculements du printemps-Ă©tĂ© 1962.

⚠ Violences, OAS et basculements au printemps–étĂ© 1962

Une « guerre de fin de guerre »

AprĂšs le cessez-le-feu du 19 mars 1962, la violence ne disparaĂźt pas. Au contraire, elle change de forme. Des attentats, ratonnades et reprĂ©sailles se multiplient, surtout dans les grandes villes. Cette « guerre de fin de guerre » fragilise la transition vers l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie et nourrit la peur, notamment chez les EuropĂ©ens d’AlgĂ©rie.

L’OAS et la stratĂ©gie de la terreur

L’Organisation armĂ©e secrĂšte (OAS) tente d’empĂȘcher l’indĂ©pendance par une politique d’attentats et de sabotages. Elle vise Ă  « rendre l’AlgĂ©rie ingouvernable » afin de forcer un rapport de force. Cette stratĂ©gie durcit les positions et provoque une spirale de violences avec le FLN, dĂ©jĂ  analysĂ©e dans FLN et armĂ©e française.

FLN, sécurité et tensions urbaines

Le FLN tente de contrĂŽler le terrain, mais il est lui-mĂȘme dĂ©chirĂ© par des luttes internes violentes (crise de l'Ă©tĂ© 1962). L'insĂ©curitĂ© rĂšgne et les enlĂšvements se multiplient. Toutefois, la pĂ©riode est marquĂ©e par des affrontements, des enlĂšvements et des exĂ©cutions sommaires. Les lignes entre sĂ©curitĂ©, vengeance et politique deviennent floues, ce qui alimente des mĂ©moires antagonistes (mĂ©moire du conflit).

Oran, 5 juillet 1962 : une journée tragique

Le jour mĂȘme de la proclamation officielle, des violences Ă©clatent Ă  Oran, faisant de nombreuses victimes, principalement parmi la population europĂ©enne. Les responsabilitĂ©s et bilans restent discutĂ©s, mais l’évĂ©nement symbolise la brutalitĂ© de cette transition. Il explique en partie la prĂ©cipitation des dĂ©parts qui suivent et la fracture durable entre rĂ©cits et mĂ©moires.

Conséquences immédiates

Dans ce climat, l’exode des pieds-noirs s’accĂ©lĂšre et l’inquiĂ©tude grandit pour les harkis, pris entre engagements passĂ©s et nouveaux rapports de force. Les garanties d’Évian peinent Ă  protĂ©ger efficacement tous les civils dans un contexte mouvant.

Infographie dĂ©crivant la poursuite des violences aprĂšs le cessez-le-feu du 19 mars 1962, le rĂŽle de l’OAS, la « guerre de fin de guerre » et les basculements du printemps–étĂ© 1962 Ă  la fin de la guerre d’AlgĂ©rie.

Infographie sur les violences, les attentats de l’OAS et les basculements du printemps–étĂ© 1962 durant la fin de la guerre d’AlgĂ©rie. 📾 Source : reviserhistoire.fr

👉 Poursuivons avec pieds-noirs et harkis : dĂ©parts, drames et mĂ©moires.

🚱 Pieds-noirs et harkis : dĂ©parts, drames et mĂ©moires

Un exode massif et précipité

Au printemps–étĂ© 1962, des pieds-noirs quittent l’AlgĂ©rie dans l’urgence. Les dĂ©parts s’effectuent souvent en quelques jours, avec peu d’effets personnels. Cette fuite est liĂ©e aux violences, Ă  l’incertitude politique et Ă  la peur d’un renversement durable des rapports sociaux. Elle s’inscrit dans la sĂ©quence ouverte par les Accords d’Évian et par la proclamation du 5 juillet.

Accueil en métropole : entre solidarité et difficultés

En France, l’accueil combine dispositifs publics et entraide familiale. Toutefois, le logement, l’emploi et la scolarisation posent problĂšme. Des familles sont hĂ©bergĂ©es en hĂŽtels, citĂ©s provisoires ou chez des proches. L’administration met en place des mesures d’indemnisation, mais les trajectoires restent contrastĂ©es. Pour le contexte gĂ©nĂ©ral, voir le pilier La guerre d’AlgĂ©rie.

Les harkis : engagements, vulnérabilités, répressions

SupplĂ©tifs de l’armĂ©e française, les harkis se trouvent exposĂ©s au lendemain du cessez-le-feu. MalgrĂ© des garanties prĂ©vues, des violences et reprĂ©sailles surviennent localement. Une partie parvient Ă  gagner la France, souvent grĂące Ă  l'aide d'officiers dĂ©sobĂ©issant aux ordres officiels qui tentaient de limiter leur venue. Pour un traitement approfondi des trajectoires, voir l’article dĂ©diĂ© : Harkis et exilĂ©s.

Installations en France : camps, relogements, mémoire blessée

En mĂ©tropole, des familles de harkis transitent par des camps et hameaux de forestage avant d’ĂȘtre relogĂ©es. Les obstacles matĂ©riels s’ajoutent aux blessures symboliques : stigmatisation, Ă©loignement des centres urbains, lente reconnaissance des souffrances. Ces expĂ©riences nourrissent des revendications et structurent des associations mĂ©morielles.

Des mémoires plurielles et souvent conflictuelles

Les rĂ©cits des pieds-noirs, des harkis et des AlgĂ©riens restent parfois antagonistes. Cependant, depuis plusieurs dĂ©cennies, des gestes officiels, des commĂ©morations et des travaux d’historiens favorisent une meilleure comprĂ©hension. Pour les controverses et usages publics du passĂ©, voir MĂ©moire du conflit.

Infographie retraçant l’exode des pieds-noirs au printemps–étĂ© 1962, les trajectoires des harkis entre AlgĂ©rie et France, les conditions d’accueil et la formation de mĂ©moires blessĂ©es aprĂšs la guerre d’AlgĂ©rie.

Infographie sur les dĂ©parts des pieds-noirs, les parcours des harkis et les mĂ©moires plurielles nĂ©es de la fin de la guerre d’AlgĂ©rie. 📾 Source : reviserhistoire.fr

👉 Poursuivons avec la naissance de l’État algĂ©rien et les premiĂšres relations franco-algĂ©riennes.

đŸ›ïž Naissance de l’État algĂ©rien et relations franco-algĂ©riennes

Un pouvoir Ă  construire

Au lendemain du rĂ©fĂ©rendum, l’AlgĂ©rie devient souveraine mais doit bĂątir des institutions, une administration et une armĂ©e nationales. Le FLN se mue en parti-État. Les Ă©quilibres internes, hĂ©ritĂ©s de la lutte, pĂšsent sur la mise en place des premiers gouvernements et sur la mĂ©moire du conflit qui s’institutionnalise.

Institutions et priorités

Les autoritĂ©s algĂ©riennes fixent des prioritĂ©s : sĂ©curitĂ©, alphabĂ©tisation, santĂ©, rĂ©forme agraire et reconstruction. L’encadrement administratif s’appuie sur d’anciens cadres coloniaux, sur des militants formĂ©s durant la lutte et sur des coopĂ©rants Ă©trangers. Le passage de la guerre Ă  la paix reste dĂ©licat, comme l’ont montrĂ© les Accords d’Évian.

Économie et ressources

L’économie doit ĂȘtre rĂ©organisĂ©e : entreprises, domaines agricoles et infrastructures changent de statut. La question Ă©nergĂ©tique au Sahara devient centrale, dans la continuitĂ© des clauses de coopĂ©ration d’Évian. Ces choix Ă©conomiques s’inscrivent aussi dans le contexte plus large des causes du conflit et des attentes sociales nĂ©es de la guerre.

Relations avec la France : coopération et tensions

Les relations franco-algĂ©riennes mĂȘlent accords de coopĂ©ration (langue, Ă©cole, santĂ©, technique) et sujets de friction : sĂ©curitĂ©, biens et personnes, calendrier des Ă©vacuations, statut des bases et circulation. La mise en Ɠuvre concrĂšte du cessez-le-feu du 19 mars 1962 reste un fil rouge, dĂ©jĂ  analysĂ© dans Accords d’Évian et dans le pilier La guerre d’AlgĂ©rie.

Sociétés en recomposition

La sociĂ©tĂ© algĂ©rienne se transforme rapidement : urbanisation, montĂ©e de l’école, restructurations rurales. En France, l’arrivĂ©e des pieds-noirs et de nombreux harkis recompose des quartiers, des emplois et des mĂ©moires. Les deux pays entrent dans une relation durable, faite d’échanges humains intenses et de dĂ©bats politiques rĂ©guliers.

Un héritage durable

Les premiĂšres annĂ©es de souverainetĂ© façonnent un rĂ©cit national et un style de gouvernement. Elles conditionnent la diplomatie rĂ©gionale et la place du pays dans le mouvement des non-alignĂ©s, amorcĂ© Ă  Bandung, dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© dans la partie contexte international. Cet hĂ©ritage explique l’actualitĂ© des questions mĂ©morielles et des coopĂ©rations bilatĂ©rales.

Infographie prĂ©sentant la construction des institutions de l’État algĂ©rien aprĂšs 1962, les premiĂšres prioritĂ©s politiques et Ă©conomiques et l’évolution des relations de coopĂ©ration et de tensions avec la France.

Infographie sur la naissance de l’État algĂ©rien, ses prioritĂ©s initiales et les relations franco-algĂ©riennes dans les annĂ©es qui suivent l’indĂ©pendance. 📾 Source : reviserhistoire.fr

đŸ•”ïž Le saviez-vous ? L'IndonĂ©sie a deux dates de naissance ! Si les manuels scolaires occidentaux retiennent souvent 1949, c'est parce qu'il s'agit de l'annĂ©e oĂč les Pays-Bas ont officiellement reconnu l'indĂ©pendance de leur colonie. Pourtant, pour les IndonĂ©siens, la vraie date est le 17 aoĂ»t 1945 : ce jour-lĂ , Soekarno a profitĂ© de la dĂ©faite japonaise pour proclamer l'indĂ©pendance unilatĂ©ralement. Il a fallu quatre ans de guerre diplomatique et militaire pour que l'ancienne puissance coloniale valide cette rĂ©alitĂ©.

👉 On conclut avec 🧠 l’essentiel à retenir avant la FAQ et le quiz.

🧠 À retenir — IndĂ©pendance de l’AlgĂ©rie

  • L’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie s’inscrit dans la dĂ©colonisation mondiale (Bandung, rĂŽle de l’ONU et droit des peuples Ă  disposer d’eux-mĂȘmes).
  • Le gĂ©nĂ©ral de Gaulle fait Ă©voluer la politique française vers l’autodĂ©termination, ouvrant la voie aux pourparlers avec le GPRA.
  • Accords d’Évian (mars 1962) : cessez-le-feu, calendrier de consultation, garanties pour personnes et biens, coopĂ©rations transitoires (voir la fiche dĂ©diĂ©e).
  • RepĂšres clĂ©s : 8 janv. 1961 (principe d’autodĂ©termination), 8 avr. 1962 (ratification), 19 mars 1962 (cessez-le-feu), 1er juil. 1962 (consultation en AlgĂ©rie), 3 juil. (reconnaissance par la France), 5 juil. (proclamation).
  • Printemps–étĂ© 1962 : violences persistantes (notamment OAS) et Oran, 5 juillet, journĂ©e tragique.
  • ConsĂ©quences humaines : exode massif des pieds-noirs ; harkis exposĂ©s, Ă©vacuations partielles et installations difficiles en France (en savoir plus).
  • Naissance de l’État algĂ©rien : institutions Ă  bĂątir, prioritĂ©s sociales (Ă©cole, santĂ©, rĂ©forme agraire), rĂ©organisation Ă©conomique.
  • Relations franco-algĂ©riennes : entre coopĂ©rations (langue, technique, Ă©nergie) et tensions d’application des accords.
  • MĂ©moires plurielles et parfois antagonistes : enjeux commĂ©moratifs et dĂ©bats publics en France et en AlgĂ©rie (voir l’article).
  • Pour replacer ces Ă©tapes dans le fil du conflit, consulter le pilier La guerre d’AlgĂ©rie (1954–1962) et le contexte des causes du conflit.

❓ FAQ : Questions frĂ©quentes sur l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie

Pourquoi y a-t-il deux dates en juillet 1962 (3 et 5 juillet) ?

Le 3 juillet 1962, la France reconnaĂźt officiellement l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie. Le 5 juillet 1962, l’AlgĂ©rie proclame son indĂ©pendance et retient cette date comme fĂȘte nationale. Ces deux repĂšres s’inscrivent dans la sĂ©quence ouverte par le rĂ©fĂ©rendum du 1er juillet et par les Accords d’Évian.

Que change concrĂštement le cessez-le-feu du 19 mars 1962 ?

Il met fin aux opĂ©rations militaires conventionnelles et lance la transition vers l’autodĂ©termination. Toutefois, des violences persistent (attentats, reprĂ©sailles), notamment liĂ©es Ă  l’OAS et Ă  des affrontements locaux, comme expliquĂ© dans FLN et armĂ©e française. Le cessez-le-feu prĂ©pare nĂ©anmoins les consultations de 1962.

Quel a Ă©tĂ© le rĂŽle des Accords d’Évian ?

Ils fixent le cadre juridique et politique : cessez-le-feu, garanties pour personnes et biens, calendrier de la consultation et coopĂ©rations transitoires (Ă©conomie, bases, Sahara). Pour une synthĂšse, voir Accords d’Évian et, pour replacer les choix français, le pilier La guerre d’AlgĂ©rie.

Pourquoi les départs des pieds-noirs ont-ils été si massifs et rapides ?

L’enchaĂźnement cesser-le-feu → rĂ©fĂ©rendum → proclamation, la peur des violences et l’incertitude sur les biens et statuts provoquent un exode accĂ©lĂ©rĂ©. Des dispositifs d’accueil sont mis en place en mĂ©tropole, mais les trajectoires restent contrastĂ©es. Pour le contexte global, voir MĂ©moire du conflit.

Quelle a été la situation des harkis aprÚs 1962 ?

Beaucoup de harkis se retrouvent exposĂ©s aux reprĂ©sailles. Une partie gagne la France, parfois via des opĂ©rations d’évacuation, puis transite par des camps et hameaux de forestage avant un relogement progressif. Les enjeux de reconnaissance et de rĂ©paration marquent durablement les mĂ©moires. Voir l’article dĂ©diĂ© : Harkis et exilĂ©s.

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Teste tes connaissances

1. Quelle date marque l’entrĂ©e en vigueur du cessez-le-feu en AlgĂ©rie ?
2. Quel organisme algĂ©rien nĂ©gocie avec la France Ă  Évian ?
3. Que valide massivement la consultation organisée en Algérie le 1er juillet 1962 ?
4. Quelle organisation mĂšne des attentats pour empĂȘcher l’indĂ©pendance ?
5. Quel dirigeant français porte la politique d’autodĂ©termination ?
6. Quelle confĂ©rence symbolise l’émergence du non-alignement en 1955 ?
7. Que décide le référendum français du 8 avril 1962 ?
8. Quelle date devient la fĂȘte nationale en AlgĂ©rie ?
9. Comment l’AlgĂ©rie Ă©tait-elle administrativement intĂ©grĂ©e Ă  la France avant 1962 ?
10. Quel scrutin approuve le principe d’autodĂ©termination dĂšs 1961 ?
11. Quel ensemble d’accords encadre le cessez-le-feu et la transition ?
12. Quel événement tragique accompagne la proclamation du 5 juillet 1962 ?
13. Comment nomme-t-on les EuropĂ©ens ayant quittĂ© l’AlgĂ©rie en 1962 ?
14. Qui sont les harkis dans la guerre d’AlgĂ©rie ?
15. Quelle Ă©tait l’une des prioritĂ©s du nouvel État algĂ©rien aprĂšs 1962 ?
16. Quel espace Ă©nergĂ©tique reste un enjeu de coopĂ©ration aprĂšs Évian ?
17. Quelle dynamique mondiale crĂ©dibilise l’indĂ©pendance de l’AlgĂ©rie ?
18. Que fait la France le 3 juillet 1962 ?
19. Quel Ă©tait l’objectif dĂ©clarĂ© de l’OAS ?
20. Quel enchaĂźnement dĂ©crit le mieux l’annĂ©e 1962 ?

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