Par Luc Pitallier · Tous les parcours

🎯 Pourquoi les ports nĂ©griers français sont-ils dĂ©cisifs pour comprendre la traite ?

Les ports nĂ©griers français sont les portes d’entrĂ©e et de sortie d’un vaste systĂšme : armement des navires, financement des expĂ©ditions, vente des marchandises et redistribution des profits. En suivant Bordeaux, Nantes, La Rochelle ou Le Havre, on voit se dessiner un rĂ©seau atlantique oĂč circulent capitaux, produits coloniaux et ĂȘtres humains rĂ©duits en esclavage. Ce prisme portuaire Ă©claire concrĂštement comment la traite s’insĂšre dans l’économie française et europĂ©enne.

Pour situer ces villes dans l’ensemble du phĂ©nomĂšne, commence par la version dĂ©taillĂ©e sur le commerce triangulaire (lycĂ©e) ; et si tu es au collĂšge, tu as aussi la version simple.
Par ailleurs, nous relierons les activitĂ©s des ports aux luttes et aux changements de lois prĂ©sentĂ©s dans RĂ©voltes et abolition, ainsi qu’aux dĂ©bats contemporains Ă©tudiĂ©s dans HĂ©ritage et mĂ©moire. Ainsi, tu obtiens une vision d’ensemble cohĂ©rente, du dĂ©part des navires jusqu’aux traces actuelles.

Dans les parties suivantes, nous replacerons chaque port dans son contexte, en dĂ©taillant routes, armateurs, cargaisons, chantiers navals et reconfiguration des espaces urbains. Nous verrons aussi comment les profits irriguent d’autres secteurs Ă©conomiques, puis comment statistiques et sources permettent de mesurer, avec prudence, l’ampleur des trafics. Enfin, nous conclurons sur les usages mĂ©moriels et les enjeux citoyens liĂ©s Ă  ces ports.

👉 Poursuivons avec le contexte atlantique pour comprendre comment ces villes s’insùrent dans le systùme de traite et de plantations.

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📜 Contexte : un rĂ©seau atlantique en expansion

Au XVIIIe siĂšcle, les ports nĂ©griers français s’insĂšrent dans un vaste systĂšme atlantique reliant Europe, Afrique et AmĂ©riques. Les nĂ©gociants coordonnent des expĂ©ditions en trois temps : dĂ©part chargĂ© de marchandises europĂ©ennes, dĂ©portation d’Africains vers les plantations, puis retour avec sucre, cafĂ©, indigo, tabac ou coton — un schĂ©ma que nous dĂ©taillons dans l’article sur le commerce triangulaire.

Chaque port se spĂ©cialise. Bordeaux prospĂšre avec le sucre et le cafĂ© ; Nantes domine par le nombre d’armements et l’accĂšs au bassin ligĂ©rien ; La Rochelle combine chantiers navals et rĂ©seaux marchands ; Le Havre relie la Normandie aux circuits coloniaux. Autour, des outports (Lorient, Saint-Malo, Bayonne
) complĂštent l’armement et l’assurance. Ces places financent, assurent et distribuent, irriguant l’économie mĂ©tropolitaine.

Dans ce systĂšme, les profits des ports alimentent raffineries, manufactures, banques et assurances, mais aussi l’urbanisme (quais, entrepĂŽts, hĂŽtels particuliers). Les rĂ©alitĂ©s vĂ©cues par les personnes rĂ©duites en esclavage, du dĂ©part forcĂ© Ă  la plantation, sont prĂ©sentĂ©es dans Vie quotidienne des esclaves, tandis que les justifications idĂ©ologiques et racistes sont analysĂ©es dans Racisme et justification.

Pour mesurer l’ampleur des trafics, les historiens exploitent journaux de bord, registres notariĂ©s, listes d’armements et bases de donnĂ©es. Les sĂ©ries sont lacunaires et demandent prudence, mais elles Ă©clairent routes et volumes. Une ressource utile est la base internationale Slave Voyages, qui recense des milliers de traversĂ©es et permet de visualiser les circulations atlantiques.

👉 Passons maintenant Ă  Bordeaux pour voir comment s’articulent nĂ©gociants, raffineries et circuits coloniaux.

đŸ›ïž Bordeaux : nĂ©gociants, raffineries et circuits coloniaux

Au XVIIIe siĂšcle, Bordeaux devient l’un des ports nĂ©griers français les plus dynamiques. Les nĂ©gociants des Chartrons structurent des maisons de commerce capables d’armer des navires, d’assurer les cargaisons et d’écouler le sucre, le cafĂ© ou le cacao. GrĂące Ă  l’estuaire de la Gironde, la ville connecte rapidement l’Atlantique aux marchĂ©s intĂ©rieurs, tandis que les capitaux alimentent assurances, banques et raffineries.

🧭 Routes et destinations

Les armements bordelais privilĂ©gient la cĂŽte d’Afrique occidentale pour acquĂ©rir des captifs, avant de viser les isles françaises des CaraĂŻbes (Saint-Domingue, Martinique, Guadeloupe). Ensuite, les navires reviennent chargĂ©s de sucre, cafĂ©, coton, indigo et sirops. Ce va-et-vient s’insĂšre dans le schĂ©ma expliquĂ© dans commerce triangulaire, avec des variations selon les saisons, les risques de guerre et les assurances maritimes.

🏭 Raffineries et transformation

À l’arrivĂ©e, le sucre brut alimente raffineries et ateliers de sucre terrĂ©. Les profits ne s’arrĂȘtent pas au quai : ils irriguent tonnellerie, cabotage, construction navale et entrepĂŽts. Cette Ă©conomie urbaine a une face sombre : elle dĂ©pend d’une production coloniale fondĂ©e sur l’asservissement. Pour en mesurer les consĂ©quences humaines, vois la vie quotidienne des esclaves et, en toile de fond, le panorama gĂ©nĂ©ral. Cela Ă©tant, si Bordeaux est le 2e port nĂ©grier français, sa fortune provient majoritairement du commerce en droiture (Ă©changes directs avec les colonies), complĂ©mentaire de la traite.

đŸ—ïž Ville, chantiers et paysages portuaires

Les quais s’allongent, les magasins se multiplient, les façades monumentales affichent la rĂ©ussite. Les chantiers navals s’outillent pour produire plus vite et rĂ©parer au retour des traversĂ©es. Par effet d’entraĂźnement, l’investissement immobilier progresse et recompose certains quartiers. NĂ©anmoins, cette prospĂ©ritĂ© reste vulnĂ©rable aux crises de prix, aux guerres maritimes et aux changements de rĂ©glementation.

📊 Chiffres, sources et prudence

Les historiens s’appuient sur registres d’armement, journaux de bord et comptabilitĂ©s privĂ©es pour estimer le volume des expĂ©ditions. Les sĂ©ries sont lacunaires ; il faut donc croiser les sources et accepter des marges d’erreur. Pour des visualisations globales, la base Slave Voyages reste un point d’entrĂ©e utile, Ă  manier avec esprit critique.

🔎 MĂ©moire et dĂ©bats

Aujourd’hui, musĂ©es et parcours urbains interrogent ces hĂ©ritages, leurs profits et leurs silences. À Bordeaux, le MusĂ©e d’Aquitaine prĂ©sente collections et dispositifs pĂ©dagogiques sur la traite et l’esclavage. Ces initiatives dialoguent avec les luttes d’hier et d’aujourd’hui, que nous prĂ©sentons dans RĂ©voltes et abolition, ainsi qu’avec les controverses mĂ©morielles traitĂ©es dans HĂ©ritage et mĂ©moire.

👉 Poursuivons avec Nantes, qui domine les armements français au XVIIIe siùcle.

⚓ Nantes : premier port nĂ©grier du XVIIIe siĂšcle

Nantes s’impose au XVIIIe siĂšcle comme le principal des ports nĂ©griers français. Sa position sur l’estuaire de la Loire facilite l’acheminement des toiles, armes et quincailleries vers les cĂŽtes africaines, puis le retour des sucres et cafĂ©s dĂ©barquĂ©s aux entrepĂŽts ligĂ©riens. GrĂące Ă  un rĂ©seau d’armateurs, de courtiers et d’assureurs, la ville optimise les rotations et rĂ©partit les risques, selon une logique dĂ©crite dans notre page commerce triangulaire.

🧭 Trafic et itinĂ©raires

Les armements nantais concentrent leurs achats de captifs sur la Haute et la Basse-GuinĂ©e, avant d’orienter les convois vers Saint-Domingue, la Martinique ou la Guadeloupe. Ensuite, les capitaines reviennent avec du sucre brut, du cafĂ©, de l’indigo ou du coton. Selon les guerres et les assurances, les routes se dĂ©calent, les dĂ©lais s’allongent et les profits fluctuent. Par prudence, les historiens croisent journaux de bord, registres d’armement et notariat pour estimer volumes et destinations.

đŸ—ïž Ville, chantiers et investissements

Le front d’eau se transforme : chantiers navals, magasins Ă  sucre, raffineries et tonnelleries prospĂšrent. Par effet multiplicateur, l’activitĂ© nourrit transport fluvial, construction, artisanat et finance. Cependant, cette prospĂ©ritĂ© repose sur l’asservissement dans les plantations, un point que nous Ă©clairons dans Vie quotidienne des esclaves et dans Racisme et justification. Les profits, eux, se diffusent bien au-delĂ  du quai : banques, assurances et immobilier en bĂ©nĂ©ficient.

đŸ§Ÿ Armateurs et rĂ©seaux

Des maisons d’armement organisent l’achat des marchandises d’échange, l’embarquement des captifs, l’assurance des navires et la vente des retours coloniaux. Par contrats, avances et partenariats, elles lient nĂ©gociants, capitaines et artisans. D’un voyage Ă  l’autre, la comptabilitĂ© ajuste les cargaisons pour rĂ©duire les pertes et rĂ©partir les risques. Cette ingĂ©nierie commerciale explique l’endurance du systĂšme jusqu’aux chocs politiques et abolitionnistes prĂ©sentĂ©s dans RĂ©voltes et abolition.

🧭 MĂ©moire et dĂ©bats publics

Aujourd’hui, le MĂ©morial de l’abolition de l’esclavage et le MusĂ©e d’histoire de Nantes documentent la traite, les rĂ©sistances et les abolitions. Ces dispositifs, utiles pour la classe, invitent Ă  articuler histoire Ă©conomique, expĂ©riences humaines et enjeux citoyens contemporains, dĂ©veloppĂ©s dans HĂ©ritage et mĂ©moire.

👉 Poursuivons avec La Rochelle, autre place majeure oĂč l’armement et les chantiers navals jouent un rĂŽle clĂ©.

⚓ La Rochelle : armement, chantiers et fluctuations

La Rochelle fait partie des ports nĂ©griers français actifs dĂšs le XVIIe siĂšcle et surtout au XVIIIe. La place combine armement, construction navale et rĂ©seaux marchands vers les Antilles. Cependant, son trafic connaĂźt des cycles marquĂ©s par les guerres, les crises de prix et la concurrence d’autres ports. Cette sensibilitĂ© conjoncturelle explique des variations rapides d’armements et de profits.

🧭 ItinĂ©raires et rythmes du trafic

Les capitaines rochelais se fournissent sur plusieurs littoraux d’Afrique de l’Ouest avant de rallier Saint-Domingue, la Guadeloupe ou la Martinique. Au retour, les cargaisons mĂȘlent sucre, cafĂ©, indigo et coton. Selon les assurances et les risques maritimes, les routes se dĂ©placent et les dĂ©lais s’allongent. On retrouve la logique du commerce triangulaire, modulĂ©e par les conjonctures politiques.

đŸ—ïž Chantiers, approvisionnements et savoir-faire

La Rochelle s’appuie sur des chantiers navals et une main-d’Ɠuvre qualifiĂ©e. Tonneliers, charpentiers, voiliers et forgerons assurent l’équipement des bĂątiments, tandis que le cabotage alimente les quais en bois, toiles (notamment les indiennes), fers, armes et quincailleries destinĂ©s aux trocs cĂŽtiers. Par diffusion, l’activitĂ© soutient entrepĂŽts, assurances et crĂ©dit maritime.

đŸ’± Maisons d’armement et redistribution des profits

Des maisons d’armement structurent les voyages : avances aux capitaines, partages de risques, vente des retours coloniaux. Les bĂ©nĂ©fices irriguent le bĂąti urbain et les mĂ©tiers du port. Pourtant, cette prospĂ©ritĂ© dĂ©pend de la violence de la dĂ©portation et du travail forcĂ© dans les plantations, Ă©clairĂ©s dans Vie quotidienne des esclaves et dans Racisme et justification.

📊 Mesures, incertitudes et dĂ©bat public

Comme ailleurs, les sĂ©ries rochelaises sont lacunaires. Les historiens croisent registres d’armement, notariat et journaux de bord pour reconstituer volumes et destinations, avec des marges d’erreur. Aujourd’hui, la mĂ©moire locale interroge ces hĂ©ritages, en lien avec les abolitions et les rĂ©sistances prĂ©sentĂ©es dans RĂ©voltes et abolition et avec les enjeux contemporains discutĂ©s dans HĂ©ritage et mĂ©moire.

👉 Passons Ă  Le Havre et aux autres ports pour complĂ©ter la carte des places françaises impliquĂ©es.

🌊 Le Havre et autres ports : Normandie, Bretagne et outports

Le Havre s’inscrit parmi les ports nĂ©griers français en structurant des liaisons avec la Normandie et Paris via la Seine. Les nĂ©gociants y organisent armements, assurances et Ă©coulement des retours coloniaux (sucre, cafĂ©, coton). Par son hinterland, la place relie docks, entrepĂŽts et marchĂ©s urbains, tout en s’adaptant aux conjonctures maritimes et aux guerres.

🧭 ItinĂ©raires et connexions fluviales

Les navires havrais frĂ©quentent les cĂŽtes d’Afrique de l’Ouest avant de rallier surtout les Antilles françaises. Au retour, la Seine sert de colonne vertĂ©brale logistique pour redistribuer les cargaisons. Cependant, les alĂ©as — captures, maladies, tempĂȘtes, coĂ»ts d’assurance — modulent dĂ©lais et profits.

⚓ Outports bretons et normands

Autour des grands centres, des outports complĂštent l’armement : Lorient (arsenaux, savoir-faire maritime), Saint-Malo (rĂ©seaux marchands), Bayonne ou Dunkerque selon les pĂ©riodes. Ainsi, les flux se dispersent pour rĂ©duire le risque et profiter d’opportunitĂ©s locales (chantiers, approvisionnements, crĂ©dit maritime).

đŸ’Œ Financements, assurances et diffusion des profits

Comme ailleurs, la rentabilitĂ© dĂ©pend d’un montage financier associant avances, parts d’armement et assurances. De plus, les bĂ©nĂ©fices irriguent tonnellerie, construction, batellerie, raffineries et immobilier. Pourtant, cette richesse repose sur la dĂ©portation et l’asservissement, replacĂ©s dans Vie quotidienne des esclaves et Ă©clairĂ©s par les transformations politiques Ă©tudiĂ©es dans RĂ©voltes et abolition.

👉 Pour comprendre les mĂ©canismes internes communs Ă  toutes ces places, passons au fonctionnement d’un port nĂ©grier.

⚙ Fonctionnement d’un port nĂ©grier : acteurs, financements et flux

Pour comprendre les ports nĂ©griers français, il faut suivre la chaĂźne complĂšte : qui dĂ©cide, qui finance, que transporte-t-on, et comment les profits sont redistribuĂ©s ? Ce fonctionnement relie les quais mĂ©tropolitains, les cĂŽtes d’Afrique et les plantations amĂ©ricaines, selon une logique que tu peux comparer Ă  notre page sur le commerce triangulaire.

đŸ‘„ Acteurs : armateurs, capitaines et rĂ©seaux

Les armateurs montent l’expĂ©dition, choisissent le navire, recrutent le capitaine et rassemblent la cargaison d’échange. Autour d’eux : nĂ©gociants, courtiers, banquiers, assureurs, artisans du port (charpentiers, voiliers, tonneliers). Le capitaine nĂ©gocie sur les cĂŽtes africaines, puis organise la dĂ©portation et la vente dans les Ăźles. Chaque dĂ©cision influence coĂ»ts, risques et dĂ©lais.

đŸ’¶ Financements et assurances

Une expĂ©dition se finance par parts d’armement (plusieurs investisseurs partagent les risques) et par le crĂ©dit maritime. Les polices d’assurance couvrent une partie des pertes (tempĂȘtes, captures, mortalitĂ©s), sans les effacer. La rentabilitĂ© dĂ©pend des cours du sucre et du cafĂ©, du nombre de captifs vendus et des frais de route. En pĂ©riode de guerre, primes et prix s’envolent.

📩 Cargaisons à l’aller et trocs cîtiers

Depuis les ports nĂ©griers français, on embarque toiles, fers, armes, alcools, quincailleries, parfois perles et cauris. Sur les littoraux africains, le troc s’effectue avec des intermĂ©diaires locaux contre des captifs. Les dĂ©lais peuvent ĂȘtre longs, immobilisant capitaux et Ă©quipages. Les navires complĂštent leur « chargement » avant de franchir l’Atlantique.

⛓ TraversĂ©e et vente dans les AmĂ©riques

La traversĂ©e atlantique est un moment de violence extrĂȘme. Les captifs sont entassĂ©s, marquĂ©s par la faim, les maladies et les violences. À l’arrivĂ©e, la vente se fait par lots ou enchĂšres dans les ports coloniaux. Pour saisir l’impact humain, lis Vie quotidienne des esclaves et les ressorts idĂ©ologiques dans Racisme et justification.

🚱 Retour et redistribution des profits

Le navire repart avec sucre, cafĂ©, indigo, coton, sirops. De retour en mĂ©tropole, ces produits alimentent raffineries et manufactures ; les profits irriguent banques, assurances, immobilier et travaux urbains. Cette diffusion Ă©conomique explique l’empreinte durable des ports nĂ©griers français dans les paysages et les Ă©lites locales.

📚 Rùgles, chocs et abolitions

Les guerres, les rĂ©voltes d’esclaves et les dĂ©cisions politiques modifient brutalement les routes et les comptes. Les Ă©tapes des abolitions (1794, 1848) et les rĂ©sistances sont dĂ©taillĂ©es ici : RĂ©voltes et abolition. Aujourd’hui, ces hĂ©ritages nourrissent dĂ©bats et commĂ©morations, que nous analysons dans HĂ©ritage et mĂ©moire.


đŸ•”ïž Le saviez-vous ? Une hiĂ©rarchie trompeuse !
Si Nantes fut incontestablement le premier port nĂ©grier français par le nombre d'expĂ©ditions, la richesse de Bordeaux (2e du classement) s'est construite diffĂ©remment. Contrairement aux idĂ©es reçues, la fortune bordelaise provenait majoritairement du commerce en droiture (des allers-retours directs vers les colonies pour importer sucre et cafĂ©) plutĂŽt que de la traite nĂ©griĂšre elle-mĂȘme, qui Ă©tait souvent un commerce complĂ©mentaire risquĂ©.

⚡ ActualitĂ© de la recherche

L'étude des ports négriers bénéficie aujourd'hui de l'apport des humanités numériques. L'article souligne l'importance de la base de données internationale Slave Voyages, qui permet aux historiens de pallier les lacunes des registres d'armement et des journaux de bord. En recensant des milliers de traversées, cet outil offre une visualisation inédite des circulations atlantiques et permet d'estimer avec plus de précision les volumes de déportation orchestrés depuis des ports comme Nantes, La Rochelle ou Le Havre.

👉 Place maintenant au rĂ©sumĂ© À retenir pour fixer les idĂ©es essentielles avant la FAQ et le quiz.

🧠 À retenir : l’essentiel sur les ports nĂ©griers français

  • Les ports nĂ©griers français sont des nƓuds du systĂšme atlantique : armement des navires, achats cĂŽtiers en Afrique, vente des captifs aux AmĂ©riques, puis retour des produits coloniaux.
  • Nantes domine les armements au XVIIIe siĂšcle ; Bordeaux, La Rochelle et Le Havre jouent aussi un rĂŽle majeur, complĂ©tĂ©s par des outports (Lorient, Saint-Malo, Bayonne, Dunkerque).
  • Le schĂ©ma du commerce triangulaire structure les itinĂ©raires, mais varie selon guerres, prix, assurances et saisons.
  • Acteurs clĂ©s : armateurs, capitaines, nĂ©gociants, banquiers, assureurs et mĂ©tiers du port (charpentiers, voiliers, tonneliers).
  • Montages financiers : parts d’armement et assurances rĂ©partissent les risques ; la rentabilitĂ© dĂ©pend des cours (sucre, cafĂ©, coton) et des alĂ©as maritimes.
  • Effets locaux : transformation des quais, entrepĂŽts, raffineries, banques et immobilier — une prospĂ©ritĂ© urbaine adossĂ©e Ă  l’asservissement dans les plantations.
  • CoĂ»t humain : dĂ©portation, violences et mortalitĂ©s pendant la traversĂ©e et sur les habitations, Ă  relier Ă  la vie quotidienne des esclaves et Ă  racisme et justification.
  • Sources et limites : registres d’armement, journaux de bord et notariat permettent des estimations, mais les sĂ©ries sont lacunaires et demandent prudence.
  • Changements politiques : rĂ©voltes d’esclaves et Ă©tapes abolitionnistes (1794, 1848) reconfigurent routes et profits — voir RĂ©voltes et abolition.
  • MĂ©moires : dĂ©bats, musĂ©es et commĂ©morations interrogent les hĂ©ritages — prolonger avec HĂ©ritage et mĂ©moire.

❓ FAQ : Questions frĂ©quentes sur les ports nĂ©griers français

Quels furent les principaux ports négriers français et à quelles périodes ?

Au XVIIIe siĂšcle, Nantes domine par le nombre d’armements, suivie de Bordeaux, La Rochelle et Le Havre, complĂ©tĂ©s par des outports (Lorient, Saint-Malo, Bayonne, Dunkerque). Leur activitĂ© s’inscrit dans le systĂšme expliquĂ© dans commerce triangulaire et le panorama traite nĂ©griĂšre (pilier).

Comment mesure-t-on le nombre de voyages partis de ces ports ?

Les historiens croisent registres d’armement, journaux de bord, notariat et sources fiscales. Les sĂ©ries Ă©tant lacunaires, on travaille avec des fourchettes et des marges d’erreur. Pour cartographier les itinĂ©raires, on peut consulter la base internationale Slave Voyages, Ă  manipuler avec prudence et esprit critique.

Pourquoi Nantes est-il souvent présenté comme premier port négrier français ?

Sa position sur la Loire facilite l’acheminement des marchandises d’échange et la redistribution des retours coloniaux. Un dense tissu d’armateurs, d’assureurs et de chantiers abaisse les coĂ»ts et accĂ©lĂšre les rotations. Ces facteurs, jusqu’aux ruptures politiques rappelĂ©es dans RĂ©voltes et abolition, expliquent sa primautĂ© au XVIIIe siĂšcle.

Quels produits reviennent en métropole et quelles activités en profitent ?

Principalement sucre, cafĂ©, indigo, coton et sirops. Les retours alimentent raffineries, manufactures, tonnellerie, batellerie, construction, banques et assurances. Cette prospĂ©ritĂ© repose sur l’asservissement dans les plantations, analysĂ© dans Vie quotidienne des esclaves et les cadres idĂ©ologiques de Racisme et justification.

OĂč se documenter aujourd’hui sur ces histoires portuaires ?

Plusieurs institutions proposent parcours et archives : Ă  Bordeaux, le MusĂ©e d’Aquitaine ; Ă  Nantes, le MĂ©morial de l’abolition de l’esclavage. Ces ressources dialoguent avec les enjeux mĂ©moriels traitĂ©s dans HĂ©ritage et mĂ©moire.

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1. Au XVIIIe siÚcle, quel port domine les armements négriers français ?
2. Lequel n’est PAS un produit de retour colonial typique ?
3. Quelle voie relie Le Havre Ă  Paris pour redistribuer les cargaisons ?
4. Quel quartier bordelais concentre historiquement des maisons de commerce ?
5. Quelle base recense des milliers de traversées de la traite atlantique ?
6. Comment s’appelle la rĂ©partition du risque entre investisseurs d’une expĂ©dition ?
7. Quel enchaßnement décrit le commerce triangulaire ?
8. Quels autres ports secondaires sont cités ?
9. Quelle activitĂ© locale n’est PAS mentionnĂ©e comme dynamisĂ©e par les profits portuaires ?
10. Quel facteur fait grimper les coĂ»ts d’assurance et perturbe les routes ?
11. Quelles sources sont mobilisées pour estimer les volumes ?
12. Quel type de marchandise est embarquĂ© Ă  l’aller pour les trocs cĂŽtiers ?
13. Quel port est célÚbre pour les négociants de son quartier des Chartrons ?
14. Vers quels espaces d’arrivĂ©e se dirigent surtout les navires nĂ©griers français ?
15. Quelle institution mémorielle est située à Nantes ?
16. Quel aléa ne concerne PAS directement la navigation transatlantique ?
17. Quel effet urbain est mentionnĂ© dans l’article ?
18. La rentabilité des voyages dépend notamment

19. Quelle marchandise textile est trÚs prisée pour les échanges en Afrique ?
20. Que rappellent les sections sur la mémoire ?

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