Par Luc Pitallier · Brevet des collÚges

🎯 Pourquoi la DĂ©claration des droits de l’homme est-elle un texte fondateur ?

La DĂ©claration des droits de l’homme (aoĂ»t 1789) pose des principes universels : libertĂ©, Ă©galitĂ©, souverainetĂ© nationale et garantie des droits. Pour voir comment ces principes s’inscrivent dans la rupture politique, va sur la fin de la monarchie. Elle naĂźt dans l’élan rĂ©volutionnaire ouvert par la prise de la Bastille et les dĂ©bats des États gĂ©nĂ©raux. En quelques articles courts, le texte bouleverse l’ordre social de l’Ancien RĂ©gime, inspire des constitutions et reste, aujourd’hui encore, une rĂ©fĂ©rence majeure pour penser la citoyennetĂ©.

Tu vas voir comment la DĂ©claration a Ă©tĂ© rĂ©digĂ©e, ce qu’elle affirme concrĂštement, comment elle a Ă©tĂ© appliquĂ©e dans la RĂ©volution — jusque pendant la Terreur, quelles limites elle comporte, et pourquoi son hĂ©ritage marque durablement les droits et libertĂ©s modernes.

👉 Poursuivons avec le contexte de 1789 et la genĂšse de la DĂ©claration.

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📜 D’oĂč vient l’idĂ©e d’une DĂ©claration en 1789 ?

Au dĂ©but de 1789, la France est Ă  bout de souffle : dettes immenses, disette, tensions fiscales et crise de confiance envers la monarchie. La rĂ©union des États gĂ©nĂ©raux ouvre une brĂšche politique. TrĂšs vite, les dĂ©putĂ©s du Tiers se proclament AssemblĂ©e nationale, puis constituante, au nom de la souverainetĂ© de la Nation.

Dans les cahiers de dolĂ©ances, on demande justice Ă©gale, impĂŽt Ă©quitable, fin des privilĂšges de naissance. Ces dolĂ©ances nourrissent la volontĂ© de poser des principes communs. Pour beaucoup, il faut d’abord dĂ©finir les droits, ensuite bĂątir la Constitution.

La prise de la Bastille sert de dĂ©clencheur symbolique. Elle montre que l’ordre ancien se fissure. Les dĂ©putĂ©s comprennent qu’il faut un texte court, clair, et valable pour tous, afin de stabiliser la transition et d’orienter la rĂ©forme.

Les inspirations viennent des LumiĂšres. Montesquieu dĂ©fend la sĂ©paration des pouvoirs, Rousseau insiste sur la volontĂ© gĂ©nĂ©rale, Beccaria plaide pour la lĂ©galitĂ© des peines. Ces idĂ©es se retrouvent en filigrane dans la DĂ©claration des droits de l’homme.

Le modĂšle amĂ©ricain pĂšse aussi. La DĂ©claration des droits de Virginie (1776) et l’expĂ©rience constitutionnelle amĂ©ricaine montrent qu’un catalogue de droits peut guider les institutions. Des figures comme Lafayette, SieyĂšs, Mirabeau ou Mounier s’en inspirent.

La nuit du 4 aoĂ»t 1789, l’AssemblĂ©e proclame la fin des privilĂšges. Si l'Ă©galitĂ© fiscale est acquise, les droits fĂ©odaux sur la terre restent d'abord rachetables, avant leur abolition totale en 1793.. Ce geste prĂ©pare le terrain. Il faut dĂ©sormais une boussole normative pour refonder la loi et l’égalitĂ© civique sur des bases universelles.

En aoĂ»t, l'AssemblĂ©e dĂ©bat et vote le texte article par article. Elle s'arrĂȘte le 26 aoĂ»t sur 17 articles. Les dĂ©bats sont vifs : quels droits retenir ? Quelle place pour la propriĂ©tĂ© ? Comment articuler libertĂ© individuelle et intĂ©rĂȘt public ? Les compromis aboutissent Ă  une Ă©criture brĂšve et gĂ©nĂ©rale.

La DĂ©claration des droits de l’homme proclame des droits « naturels et imprescriptibles » : libertĂ©, propriĂ©tĂ©, sĂ»retĂ©, rĂ©sistance Ă  l’oppression. Elle sert de prĂ©ambule aux futures constitutions et oriente la lĂ©gislation nouvelle.

Pour consulter le texte authentique et ses dossiers, vois l’AssemblĂ©e nationale (source officielle).

La portĂ©e du texte est immĂ©diate. Elle lĂ©gitime l’égalitĂ© civile, encourage la rĂ©forme judiciaire et fixe un horizon commun Ă  une sociĂ©tĂ© en rĂ©volution. Elle devient la charte de rĂ©fĂ©rence de 1789.

Infographie expliquant le contexte de la RĂ©volution française en 1789 et les influences des LumiĂšres, des cahiers de dolĂ©ances et du modĂšle amĂ©ricain qui mĂšnent Ă  la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen.

Origines politiques et intellectuelles de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, entre crise de l’Ancien RĂ©gime, cahiers de dolĂ©ances et inspirations des LumiĂšres. 📾 Source : reviserhistoire.fr

⚖ SouverainetĂ©, loi, sĂ©paration des pouvoirs

đŸ›ïž La souverainetĂ© rĂ©side dans la Nation

L’article 3 affirme que toute souverainetĂ© rĂ©side « essentiellement dans la Nation ». Cela rompt avec la souverainetĂ© personnelle du roi. DĂ©sormais, les pouvoirs Ă©manent des citoyens et s’exercent par des reprĂ©sentants. C’est la clĂ© de voĂ»te de l’ordre nouveau.

Cette idĂ©e justifie la transformation de 1789. L’AssemblĂ©e lĂ©gifĂšre au nom du peuple français, fixe l’impĂŽt et rĂ©organise l’État. La logique conduit Ă  la fin de la monarchie en 1792 lorsque la confiance s’effondre et que la guerre radicalise le dĂ©bat politique.

📘 La loi, expression de la volontĂ© gĂ©nĂ©rale

L’article 6 dĂ©finit la loi comme l’expression de la volontĂ© gĂ©nĂ©rale. Elle doit ĂȘtre la mĂȘme pour tous, protĂ©ger les droits, et s’appliquer selon des formes rĂ©guliĂšres. Cette conception bannit les privilĂšges et rend l’impĂŽt plus juste.

ConcrĂštement, la loi devient l’instrument de l’égalitĂ© civile. Les charges publiques doivent ĂȘtre accessibles selon la capacitĂ© et le mĂ©rite, non l’origine sociale. La DĂ©claration des droits de l’homme sert ici de norme de rĂ©fĂ©rence.

🧭 La sĂ©paration des pouvoirs et la garantie des droits

L’article 16 proclame qu’une sociĂ©tĂ© sans garantie des droits ni sĂ©paration des pouvoirs n’a point de Constitution. Les constituants veulent donc distinguer lĂ©gislatif, exĂ©cutif et judiciaire pour Ă©viter l’arbitraire.

La Constitution de 1791 adopte cet esprit : AssemblĂ©e lĂ©gislative Ă©lue, roi dotĂ© d’un veto suspensif, justice rĂ©organisĂ©e. L’équilibre reste fragile, mais le principe s’enracine dans la culture politique française.

đŸȘ™ ÉgalitĂ© civile et fin des privilĂšges

La DĂ©claration consacre l’égalitĂ© devant la loi et l’impĂŽt. Les privilĂšges de naissance disparaissent. Les offices vĂ©naux et les corporations perdent leur supĂ©rioritĂ© juridique. La citoyennetĂ© se dĂ©finit par des droits communs.

Cette Ă©galitĂ© n’efface pas toutes les inĂ©galitĂ©s sociales. En 1791, le suffrage est censitaire. Mais juridiquement, un mĂȘme droit s’applique Ă  tous, ce qui transforme durablement la sociĂ©tĂ© française.

Infographie prĂ©sentant les articles 3, 6 et 16 de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, expliquant la souverainetĂ© nationale, la loi comme expression de la volontĂ© gĂ©nĂ©rale et la sĂ©paration des pouvoirs.

SchĂ©ma des principes de souverainetĂ© nationale, de loi commune et de sĂ©paration des pouvoirs au cƓur de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. 📾 Source : reviserhistoire.fr

đŸ—œ LibertĂ©s, Ă©galitĂ©, sĂ»retĂ© et propriĂ©tĂ©

đŸ•Šïž Les libertĂ©s au cƓur du pacte civique

L’article 2 Ă©numĂšre les droits naturels : libertĂ©, propriĂ©tĂ©, sĂ»retĂ©, rĂ©sistance Ă  l’oppression. L’article 4 prĂ©cise que la libertĂ© consiste Ă  pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas Ă  autrui. La loi fixe la limite, afin de protĂ©ger la libertĂ© de chacun.

La libertĂ© d’opinion et d’expression progresse (art. 10 et 11). La presse se dĂ©veloppe, les clubs dĂ©battent. En pĂ©riode de crise, ces libertĂ©s subissent des restrictions, mais l’idĂ©al demeure la rĂšgle de droit.

đŸ€ L’égalitĂ© devant la loi

L’article 1 dĂ©clare les hommes libres et Ă©gaux en droits. Les privilĂšges tombent. L’accĂšs aux fonctions publiques se fait selon les talents. L’égalitĂ© juridique devient la base de l’ordre social rĂ©volutionnaire.

Cette Ă©galitĂ© n’entraĂźne pas l’égalitĂ© politique immĂ©diate. Le vote reste limitĂ© en 1791, selon l’impĂŽt versĂ©. Mais le principe d’égalitĂ© devant la loi produit des effets concrets sur la justice, l’impĂŽt et la carriĂšre publique.

đŸ›Ąïž SĂ»retĂ©, lĂ©galitĂ© des peines et justice pĂ©nale

Les articles 7 Ă  9 protĂšgent contre l’arbitraire. Nul ne peut ĂȘtre arrĂȘtĂ© ni puni sans loi prĂ©alable, claire et nĂ©cessaire. La prĂ©somption d’innocence est reconnue. Ces garanties transforment la procĂ©dure pĂ©nale et inspirent les rĂ©formes judiciaires.

La sĂ»retĂ© ne signifie pas impunitĂ©. Elle impose des formes rĂ©guliĂšres, des juges compĂ©tents, et des peines proportionnĂ©es. Le citoyen est protĂ©gĂ© Ă  la fois contre l’État et contre les violences privĂ©es.

🏠 PropriĂ©tĂ© et expropriation pour utilitĂ© publique

L’article 17 fait de la propriĂ©tĂ© un droit « inviolable et sacrĂ© ». L’expropriation n’est permise qu’en cas de nĂ©cessitĂ© publique, avec une juste et prĂ©alable indemnitĂ©. Ce cadre sĂ©curise les Ă©changes et soutient l’activitĂ© Ă©conomique.

La place centrale de la propriĂ©tĂ© suscite des dĂ©bats. Certains y voient une garantie de libertĂ© individuelle. D’autres y perçoivent un frein Ă  l’égalitĂ© sociale. La DĂ©claration arbitre en faveur d’une protection forte, mais encadrĂ©e par l’intĂ©rĂȘt commun.

Pour une lecture commentée des articles et de leur valeur juridique actuelle, consulte le Conseil constitutionnel.

Infographie rĂ©sumant les principaux droits garantis par la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : libertĂ©s fondamentales, Ă©galitĂ© devant la loi, sĂ»retĂ©, prĂ©somption d’innocence et protection de la propriĂ©tĂ©.

Vue d’ensemble des libertĂ©s, de l’égalitĂ© civile, de la sĂ»retĂ© et du droit de propriĂ©tĂ© telles qu’énoncĂ©es dans la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. 📾 Source : reviserhistoire.fr

đŸ›ïž De la DĂ©claration aux constitutions rĂ©volutionnaires

DĂšs 1789, la DĂ©claration des droits de l’homme guide l’Ɠuvre lĂ©gislative. La Constitution de 1791 l’adopte en prĂ©ambule. Elle crĂ©e une AssemblĂ©e lĂ©gislative, conserve un roi aux pouvoirs limitĂ©s, et refonde l’administration.

La justice est rĂ©organisĂ©e. Les juges sont Ă©lus, la procĂ©dure est simplifiĂ©e, la lĂ©galitĂ© des peines devient la rĂšgle. La torture, dĂ©jĂ  limitĂ©e par les rĂ©formes de Louis XVI, est dĂ©finitivement bannie. La publicitĂ© des dĂ©bats judiciaires s’étend. L’objectif est d’accorder sĂ»retĂ© et efficacitĂ©.

La libertĂ© de la presse connaĂźt un Ă©lan spectaculaire. Journaux et pamphlets se multiplient, soutenant l’éducation politique des citoyens. Dans les crises, des lois restreignent ces libertĂ©s, illustrant la tension entre sĂ©curitĂ© et droits.

La guerre Ă  partir de 1792 bouleverse l’équilibre. La monarchie s’effondre. La RĂ©publique affronte la contre-rĂ©volution et les coalitions Ă©trangĂšres. Les institutions adoptent des mesures d’exception pour sauver l’État.

Durant la Terreur, des lois d’exception (tribunal rĂ©volutionnaire, loi des suspects) limitent la libertĂ© individuelle au nom du salut public. Des acteurs comme Robespierre invoquent la vertu civique pour justifier l’urgence.

AprÚs Thermidor, le Directoire cherche un compromis. Les institutions se stabilisent, mais la participation politique reste étroite. La Déclaration demeure pourtant la référence pour encadrer la loi et juger les abus.

À long terme, l’esprit de 1789 irrigue les rĂ©gimes suivants. MĂȘme quand le pouvoir se durcit, les citoyens conservent un langage de droits. La jurisprudence et la culture politique s’en souviennent.

Pour comprendre la chaßne des événements, vois aussi la fin de la monarchie et la dynamique ouverte par la convocation de 1789.

Infographie retraçant le rĂŽle de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen dans les constitutions rĂ©volutionnaires, de 1791 Ă  la Terreur et au Directoire, entre Ă©largissement des droits et lois d’exception.

Parcours des constitutions rĂ©volutionnaires, de la monarchie constitutionnelle Ă  la Terreur et au Directoire, guidĂ©es et parfois contredites par la DĂ©claration de 1789. 📾 Source : reviserhistoire.fr

🚧 Limites, exclusions et dĂ©bats

đŸ‘© L’exclusion politique des femmes

La DĂ©claration parle des « hommes » et maintient les femmes hors de la citoyennetĂ© politique. Clubs fĂ©minins, pĂ©titions et Ă©crits, comme la DĂ©claration des droits de la femme d’Olympe de Gouges (1791), dĂ©noncent ce paradoxe. L’idĂ©al d’égalitĂ© reste partiel.

Cette exclusion rĂ©vĂšle une frontiĂšre entre universalitĂ© proclamĂ©e et pratiques sociales. L’égalitĂ© civile progresse, mais le suffrage, la reprĂ©sentation et les droits politiques demeurent masculins pendant des dĂ©cennies.

🌍 Esclavage, colonies et universalitĂ© contrariĂ©e

En 1789, l’esclavage n’est pas aboli. Les intĂ©rĂȘts coloniaux pĂšsent. Insurrections et dĂ©bats mĂšnent Ă  une abolition en 1794, puis Ă  un rĂ©tablissement en 1802, et enfin Ă  l’abolition dĂ©finitive en 1848. La chronologie dit l’écart entre principes et rĂ©alitĂ©s.

Cette histoire interroge l’universalisme. Un texte peut proclamer des droits gĂ©nĂ©raux tout en tolĂ©rant des exceptions majeures. La RĂ©volution ouvre un horizon, mais l’appliquer partout demande du temps et des luttes.

💰 Suffrage censitaire et inĂ©galitĂ©s sociales

En 1791, seuls les citoyens « actifs » votent. Il faut payer un certain impĂŽt. La souverainetĂ© nationale est reconnue, mais l’accĂšs au pouvoir reste limitĂ©. La participation politique s’élargira plus tard, avec le suffrage masculin universel en 1848.

La protection forte de la propriété favorise la sécurité des échanges, mais elle ne compense pas les écarts de richesses. Le débat entre droits civils et droits sociaux commence déjà à poindre.

🕍 Religion, opinion et ordre public

La libertĂ© d’opinion, y compris religieuse, est garantie. Cependant, en pĂ©riode de guerre civile, la dĂ©fiance envers certains cultes ou opinions peut renaĂźtre. L’idĂ©al de tolĂ©rance se heurte aux urgences politiques.

La DĂ©claration fournit des outils : loi gĂ©nĂ©rale, Ă©galitĂ© des cultes, limites claires. Leur application dĂ©pend des circonstances. C’est lĂ  toute la difficultĂ© d’un texte Ă  la fois bref et ambitieux.

Infographie montrant les limites de la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : exclusion politique des femmes, maintien de l’esclavage, suffrage censitaire et tensions entre libertĂ© religieuse et ordre public.

Les zones d’ombre de la DĂ©claration de 1789, entre universalitĂ© proclamĂ©e et exclusions concernant les femmes, les esclaves et les citoyens sans fortune. 📾 Source : reviserhistoire.fr

🌍 HĂ©ritage français et influence internationale

En France, la DĂ©claration de 1789 entre dans le « bloc de constitutionnalitĂ© ». Avec le PrĂ©ambule de 1946 et la Constitution de 1958, elle a une valeur suprĂȘme. Le juge constitutionnel s’y rĂ©fĂšre pour protĂ©ger libertĂ©s et Ă©galitĂ©.

Depuis 1971, la jurisprudence consacre cette force. Les lois doivent respecter la DĂ©claration. Des principes comme la libertĂ© de conscience, la lĂ©galitĂ© des peines ou l’égalitĂ© devant les charges publiques guident le contrĂŽle de constitutionnalitĂ©.

Au-delĂ  du cadre juridique, la DĂ©claration Ă©duque. Elle participe Ă  la formation civique, Ă  l’enseignement de la RĂ©volution, et au vocabulaire politique courant. Elle structure la culture des droits en France.

À l’échelle mondiale, ses idĂ©es circulent. Elles inspirent des constitutions, des chartes, et des mouvements d’émancipation. AprĂšs 1945, elles nourrissent la rĂ©daction de la DĂ©claration universelle des droits de l’homme.

Le rayonnement n’est pas linĂ©aire. Des pĂ©riodes de reflux existent. Mais l’attrait de principes simples, lisibles et discutables perdure. La DĂ©claration est un langage commun pour dĂ©noncer l’arbitraire et exiger la loi.

Pour relier héritage et événements, revois la prise de la Bastille, la Terreur et la chute de la monarchie. Tu y verras comment les droits sont tour à tour invoqués, limités et réaffirmés.

Enfin, l’ùre numĂ©rique pose de nouveaux dĂ©fis : donnĂ©es personnelles, expression en ligne, intelligence artificielle. L’esprit de 1789 aide Ă  cadrer ces enjeux, en rappelant que la loi doit protĂ©ger sans Ă©touffer les libertĂ©s.

Infographie expliquant comment la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 est intĂ©grĂ©e au bloc de constitutionnalitĂ© français, inspire la jurisprudence et influence les dĂ©clarations de droits et constitutions dans le monde.

HĂ©ritage juridique, civique et international de la DĂ©claration des droits de l’homme de 1789, du Conseil constitutionnel Ă  la DĂ©claration universelle et aux nouveaux dĂ©fis de l’ùre numĂ©rique. 📾 Source : reviserhistoire.fr

🧠 À retenir : la DĂ©claration des droits de l’homme (1789)

  • Texte fondateur : 17 articles adoptĂ©s en aoĂ»t 1789, repĂšre de toute la pĂ©riode rĂ©volutionnaire.
  • SouverainetĂ© nationale (art. 3) : l’autoritĂ© vient de la Nation, non du roi ; les pouvoirs dĂ©rivent des citoyens.
  • Loi = volontĂ© gĂ©nĂ©rale (art. 6) : mĂȘme loi pour tous ; fin des privilĂšges de naissance et Ă©galitĂ© civique.
  • Garantie des droits / sĂ©paration (art. 16) : sans sĂ©paration des pouvoirs, pas de vraie Constitution.
  • Droits naturels (art. 2) : libertĂ©, propriĂ©tĂ©, sĂ»retĂ©, rĂ©sistance Ă  l’oppression forment le noyau du pacte civique.
  • LibertĂ©s concrĂštes (art. 10–11) : opinion, culte, expression, presse — limitĂ©es par la loi quand elles nuisent Ă  autrui.
  • SĂ»retĂ© et peines (art. 7–9) : fin de l’arbitraire, prĂ©somption d’innocence, peines lĂ©gales et nĂ©cessaires.
  • PropriĂ©tĂ© (art. 17) : droit « inviolable et sacrĂ© » ; expropriation possible seulement pour utilitĂ© publique et avec indemnitĂ©.
  • Application : prĂ©ambule de la Constitution de 1791 ; influence sur la justice, la fiscalitĂ©, l’accĂšs aux charges.
  • Tensions rĂ©volutionnaires : guerres et Terreur restreignent les libertĂ©s au nom du salut public.
  • Limites : femmes exclues des droits politiques ; esclavage non aboli en 1789 ; vote censitaire en 1791.
  • Rayonnement : rĂ©fĂ©rence durable en France (bloc de constitutionnalitĂ©) et source d’inspiration internationale.
  • Culture politique : langage commun pour dĂ©noncer l’arbitraire, exiger l’égalitĂ© et encadrer la puissance publique.
  • RepĂšres Ă  revoir : Bastille, États gĂ©nĂ©raux, chute de la monarchie.

❓ FAQ : Questions frĂ©quentes sur la DĂ©claration des droits de l’homme

Qui rĂ©dige la DĂ©claration des droits de l’homme ?

Elle est Ă©laborĂ©e par l’AssemblĂ©e nationale constituante Ă  l’étĂ© 1789. Un comitĂ© propose des projets, dĂ©battus et amendĂ©s en sĂ©ance. Des figures comme Lafayette, Mirabeau ou SieyĂšs pĂšsent sur le texte. Les LumiĂšres (Montesquieu, Rousseau, Beccaria) et le prĂ©cĂ©dent amĂ©ricain (Virginie 1776) fournissent les rĂ©fĂ©rences intellectuelles.

La Déclaration a-t-elle force de loi en 1789 ?

Oui : elle sert de prĂ©ambule Ă  la Constitution de 1791, donc d’horizon normatif pour le lĂ©gislateur et les juges. Sa portĂ©e s’affirme ensuite dans la tradition juridique française jusqu’à notre Ă©poque, oĂč elle appartient au bloc de constitutionnalitĂ© contrĂŽlĂ© par le juge constitutionnel.

Pourquoi parle-t-on d’« hommes » et non de « femmes » ?

Le texte reflĂšte les limites politiques et sociales de 1789 : l’égalitĂ© proclamĂ©e reste surtout civile. Les femmes sont exclues du suffrage et de la reprĂ©sentation. Olympe de Gouges rĂ©pond en 1791 par une DĂ©claration des droits de la femme et de la citoyenne, qui dĂ©nonce cette contradiction entre idĂ©al universel et pratiques d’exclusion.

La DĂ©claration abolit-elle l’esclavage ?

Non en 1789. Les intĂ©rĂȘts coloniaux et les dĂ©bats retardent l’application universelle des droits. Une abolition intervient en 1794, mais l’esclavage est rĂ©tabli en 1802 puis dĂ©finitivement aboli en 1848. Cette chronologie illustre l’écart entre principes affichĂ©s et rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques et politiques.

En quoi ce texte influence-t-il encore notre droit ?

Ses articles fondent des principes toujours opĂ©rants : lĂ©galitĂ© des peines, Ă©galitĂ© devant la loi, libertĂ© d’expression, sĂ»retĂ©. Ils orientent la rĂ©daction des lois et servent de critĂšres de contrĂŽle : une loi contraire aux droits proclamĂ©s peut ĂȘtre censurĂ©e. La DĂ©claration structure aussi l’éducation civique et le dĂ©bat public contemporain.

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4. L’article 3 place la souveraineté 
5. Selon l’article 6, la loi est

6. L’article 16 affirme l’importance de

7. La liberté est définie comme

8. L’égalitĂ© proclamĂ©e en 1789 implique d’abord

9. Quel droit protĂšgent les articles 7 Ă  9 ?
10. L’article 17 fait de la propriĂ©tĂ© un droit

11. La Déclaration devient préambule de

12. Pendant la Terreur, les droits

13. Quelle exclusion majeure révÚle une limite de 1789 ?
14. Dans la Constitution de 1791, le vote est

15. L’abolition dĂ©finitive de l’esclavage en France date de

16. Quel article exige la séparation des pouvoirs ?
17. Quelle institution garantit aujourd’hui la valeur juridique de 1789 ?
18. Quelle conception de la loi justifie l’égalitĂ© devant elle ?
19. Quel droit protĂšge la prĂ©somption d’innocence ?
20. Qui rédige la Déclaration des droits de la femme en 1791 ?

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