Par Luc Pitallier · Tous les parcours

🎯 Pourquoi la « Prise de la Bastille » est-elle un moment clĂ© ?

La Prise de la Bastille marque l’irruption du peuple sur la scĂšne politique. L’évĂ©nement cristallise la peur d’un complot royal, l’espoir nĂ© des États gĂ©nĂ©raux et l’effondrement d’un symbole d’arbitraire. Comprendre cette journĂ©e, c’est relier causes, gestes et suites : de la rumeur Ă  l’action, puis Ă  la refondation des droits avec la DĂ©claration des droits de l’homme. Enfin, c’est saisir comment on passe d’une monarchie fragilisĂ©e Ă  une fin de monarchie.

👉 Poursuivons avec le contexte, puis le rĂ©cit prĂ©cis de la journĂ©e du 14 juillet. Pour une vue d’ensemble, tu peux aussi consulter le pilier RĂ©volution française et les pages liĂ©es Ă  Robespierre ou Ă  la Terreur.

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📜 Contexte explosif avant la Prise de la Bastille

đŸ’¶ Crise Ă©conomique et sociale

À la veille de la Prise de la Bastille, la France est en crise. Les rĂ©coltes de 1788 ont Ă©tĂ© mauvaises, le prix du pain flambe et les caisses de l’État sont vides. Dans les villes, la misĂšre alimente les colĂšres. À la campagne, les tensions montent entre seigneurs et paysans. Ce climat dĂ©lĂ©tĂšre nourrit l’idĂ©e que les Ă©lites ne rĂ©forment pas assez vite et que le roi hĂ©site.

đŸ—łïž Des rĂ©formes attendues, un espoir vite déçu

La convocation des États gĂ©nĂ©raux suscite d’immenses attentes. Les cahiers de dolĂ©ances demandent justice fiscale, libertĂ©s et fin des privilĂšges. Mais rapidement, le Tiers Ă©tat se heurte au blocage des ordres privilĂ©giĂ©s. Le 17 juin 1789, il se proclame AssemblĂ©e nationale. Le 20 juin, le Serment du Jeu de paume engage les dĂ©putĂ©s Ă  donner une Constitution. L’espoir est immense, mais la tension grimpe encore.

⚠ Des troupes aux portes de Paris

DĂ©but juillet, Paris s’inquiĂšte de la concentration de rĂ©giments autour de Versailles et de la capitale. Le 11 juillet 1789, le renvoi de Necker, ministre populaire, est perçu comme un signal de rĂ©pression. La rumeur court qu’on veut dissoudre l’AssemblĂ©e et Ă©craser Paris. DĂšs lors, comitĂ©s et milices citoyennes s’organisent, avec une idĂ©e simple : s’armer pour dĂ©fendre les nouvelles libertĂ©s.

đŸ›ïž Paris se politise et s’auto-organise

Des Ă©lecteurs parisiens forment un comitĂ© permanent Ă  l’HĂŽtel de Ville. On cherche des armes aux Invalides et de la poudre Ă  la Bastille. Les journalistes, pamphlĂ©taires et orateurs enfiĂšvrent les foules. Dans ce contexte, la Prise de la Bastille apparaĂźt comme l’aboutissement d’une montĂ©e en puissance du peuple. Elle s’inscrit dans la dynamique plus large de la RĂ©volution française et annonce la refonte des droits avec la DĂ©claration des droits.

🧭 Un moment-charniùre vers un nouvel ordre

La chute de la Bastille n’est pas qu’une Ă©meute. C’est une bascule politique : l’autoritĂ© royale est dĂ©fiĂ©e, la souverainetĂ© populaire s’affirme et Paris devient un laboratoire politique. Ce tournant prĂ©pare, Ă  terme, la fin de la monarchie. BientĂŽt, de nouveaux acteurs Ă©mergent, dont certains, comme Robespierre, pĂšseront sur la suite des Ă©vĂ©nements.

Infographie en cinq panneaux dĂ©taillant les causes de la Prise de la Bastille : crise Ă©conomique et sociale, Ă©chec des rĂ©formes des États gĂ©nĂ©raux, prĂ©sence de troupes royales autour de Paris, et auto-organisation politique de la capitale en juillet 1789.

Visualisez les tensions montantes (famine, blocage politique, peur militaire) qui ont menĂ© inĂ©vitablement au 14 juillet. 📾 Source : reviserhistoire.fr

⚔ Le 14 juillet 1789 : une journĂ©e dĂ©cisive

🌅 Matin : chercher des armes aux Invalides

Au matin, la rumeur enfle : il faut dĂ©fendre Paris. Avant la Prise de la Bastille, des foules se rendent aux Invalides. Elles s’emparent de milliers de fusils et de canons. L’objectif est clair : trouver la poudre et les munitions manquantes. Or, chacun sait qu’il y en a dans la forteresse de la Bastille, Ă  l’est de la ville. Les comitĂ©s citoyens s’organisent. La pression monte. Les Ă©vĂ©nements des États gĂ©nĂ©raux ont ouvert une brĂšche politique ; Paris s’y engouffre.

🏰 Midi : cap sur la Bastille

Vers la mi-journĂ©e, une foule de Parisiens, gardes-françaises et artisans converge vers la Bastille. On veut d’abord nĂ©gocier avec le gouverneur, Bernard-RenĂ© de Launay. Il promet parfois, recule souvent. La communication est brouillĂ©e. Des coups partent. Les ponts-levis se relĂšvent puis s’abaissent. Les canons de la forteresse menacent les rues alentour. Pourtant, la dĂ©termination populaire ne faiblit pas. Elle s’appuie sur l’élan nĂ© de la RĂ©volution française.

đŸ”„ L’assaut : heures de confusion et de bravoure

Le siĂšge tourne Ă  l’affrontement. On installe des canons pris aux Invalides. On tire, on riposte. Des gardes de la Bastille ouvrent parfois, d’autres rĂ©sistent. Des Ă©missaires entrent et sortent. Puis tout s’accĂ©lĂšre : la foule envahit les cours. La garnison lĂąche prise. Les prisonniers sont au nombre de sept, et la poudre est saisie. La Bastille tombe en fin d’aprĂšs-midi. C’est un choc politique immense, bien au-delĂ  de l’enjeu militaire.

⚖ Capitulation et violences

Le gouverneur de Launay capitule. Il est emmenĂ© vers l’HĂŽtel de Ville, mais la foule dĂ©chaĂźnĂ©e le lynche. Sa tĂȘte est promenĂ©e au bout d’une pique. La journĂ©e est meurtriĂšre pour les assaillants (une centaine de morts), tandis que la garnison est quasi intacte. Ce dĂ©sĂ©quilibre alimente la colĂšre du peuple qui redoute une rĂ©pression contre l’AssemblĂ©e. Elle annonce la remise en cause de l'absolutisme.

đŸŽ—ïž Naissance d’emblĂšmes et rĂ©organisation de Paris

Dans la foulĂ©e, on voit se gĂ©nĂ©raliser la cocarde tricolore. Paris se dote d’une garde citoyenne et d’autoritĂ©s municipales consolidĂ©es. L’évĂ©nement accĂ©lĂšre la marche vers une nouvelle souverainetĂ©. TrĂšs vite, l’AssemblĂ©e s’affirme davantage et prĂ©pare un ordre juridique inĂ©dit, qui culminera avec la DĂ©claration des droits. À terme, la dynamique contribue Ă  la fin de la monarchie.

🔎 Pour aller plus loin (sources patrimoniales)

Tu peux consulter des documents d’époque sur Gallica (BnF) et des dossiers pĂ©dagogiques au MusĂ©e Carnavalet, utiles pour illustrer et vĂ©rifier les rĂ©cits de la journĂ©e.

Infographie séquentielle montrant le déroulement heure par heure du 14 juillet 1789 : la recherche d'armes aux Invalides le matin, le siÚge et l'assaut de la forteresse de la Bastille, la capitulation du gouverneur de Launay et les premiÚres conséquences politiques.

Revivez la journĂ©e heure par heure, de la quĂȘte de poudre aux Invalides jusqu'Ă  la chute de la forteresse. 📾 Source : reviserhistoire.fr

🏰 Un symbole plus qu’une victoire militaire

⚖ D’une forteresse Ă  l’« arbitraire » royal

Si la prise de la forteresse est un exploit tactique modeste (garnison faible), elle est logistiquement cruciale car elle permet au peuple de s'emparer de la poudre. Mais politiquement, c’est un sĂ©isme. La Bastille incarne les lettres de cachet et l’emprisonnement sans procĂšs, symbole d’un pouvoir absolu contestĂ©. En tombant, elle dĂ©lĂ©gitime l’idĂ©e mĂȘme d’un roi au-dessus des lois, et ouvre la voie Ă  une souverainetĂ© fondĂ©e sur la nation et le droit, bientĂŽt affirmĂ©e par la DĂ©claration des droits.

đŸ§± DĂ©construction matĂ©rielle, reconstruction politique

DĂšs le 15 juillet, la forteresse est dĂ©mantelĂ©e. Pierres-souvenirs, gravures et rĂ©cits circulent : l’évĂ©nement devient mythe fondateur. Cette « mise en rĂ©cit » consolide l’élan nĂ© des États gĂ©nĂ©raux et ancre la RĂ©volution dans l’imaginaire collectif. La capitale s’organise, l’AssemblĂ©e s’affermit et prĂ©pare un ordre nouveau qui, Ă  terme, conduit Ă  la fin de la monarchie.

đŸŽ–ïž HĂ©ros, peuple et lĂ©gitimitĂ© nouvelle

Des figures se dĂ©tachent : gardes-françaises, artisans, Ă©chevins, mais aussi futurs dirigeants : Hulin, Élie. Pourtant, le vĂ©ritable « hĂ©ros » est le peuple de Paris. En s’armant pour dĂ©fendre la nation naissante, il fonde une nouvelle lĂ©gitimitĂ© politique. Cette dynamique populaire restera ambivalente, entre espoir d’égalitĂ© et risques de violences, qu’on retrouvera pendant la Terreur.

🧭 Un repĂšre durable pour comprendre la RĂ©volution

La Prise de la Bastille sert de clĂ© de lecture : elle montre comment un symbole peut emporter un rĂ©gime sans l’abattre militairement. Pour rĂ©viser l’ensemble du processus, vois le pilier RĂ©volution française, qui replace le 14 Juillet dans les sĂ©quences 1789–1792, de la monarchie constitutionnelle Ă  la chute du trĂŽne.

Infographie en quatre panneaux expliquant la symbolique de la Bastille : représentation de l'arbitraire royal, sa déconstruction matérielle et politique, l'émergence du peuple comme nouveau héros légitime, et son rÎle de repÚre clé dans la Révolution française.

Au-delĂ  de l'enjeu militaire limitĂ©, comprenez pourquoi la chute de cette prison est un sĂ©isme politique qui abat l'absolutisme. 📾 Source : reviserhistoire.fr

đŸ”„ Les consĂ©quences immĂ©diates de la chute

đŸ›ïž Pouvoirs locaux et Garde nationale

Le 15 juillet, Paris se dote d’un maire (Bailly) et d’une Garde nationale commandĂ©e par Lafayette. Dans d’autres villes, des municipalitĂ©s se rĂ©organisent et des milices citoyennes apparaissent. La Prise de la Bastille lĂ©gitime l’auto-organisation urbaine : l’ordre public n’est plus seulement royal, il devient civique. Le 17 juillet, le roi vient Ă  Paris et arbore la cocarde tricolore : un geste fort qui acte le nouveau rapport de forces nĂ© depuis les États gĂ©nĂ©raux.

đŸŒŸ La Grande Peur et l’abolition des privilĂšges

L’exemple parisien provoque un effet domino. Dans les campagnes, rumeurs et violences contre les droits seigneuriaux se multiplient : c’est la « Grande Peur ». Pour apaiser le royaume, l’AssemblĂ©e vote, dans la nuit du 4 aoĂ»t 1789, l’abolition des privilĂšges. Cet acte symbolique ouvre la voie Ă  une sociĂ©tĂ© juridique fondĂ©e sur l’égalitĂ© civile, approfondie par la DĂ©claration des droits.

📜 Vers un nouvel ordre politique

Le 26 aoĂ»t 1789, la DĂ©claration affirme libertĂ©s et souverainetĂ© nationale : la lĂ©gitimitĂ© change de camp. L’AssemblĂ©e travaille ensuite Ă  une Constitution. La monarchie devient constitutionnelle en 1791, mais la crise perdure. Les clivages s’aiguisent, les Ă©migrations nobiliaires s’accĂ©lĂšrent et la pression populaire reste forte, jusqu’à la chute de la monarchie puis l’entrĂ©e dans une phase plus radicale.

⚖ Violence politique et radicalisation

La journĂ©e du 14 juillet a montrĂ© que la rue peut peser sur l’histoire. Cette capacitĂ© populaire, porteuse d’émancipation, s’accompagne aussi de violences. Elle annonce d’autres basculements, Ă©tudiĂ©s dans notre page sur la Terreur, et Ă©claire le rĂŽle de figures comme Robespierre dans la pĂ©riode suivante.

🔎 Pour replacer dans la chronologie

Pour une vision d’ensemble (1789–1792), revois le pilier RĂ©volution française. Tu y retrouveras la sĂ©quence qui relie la Prise de la Bastille, l’abolition des privilĂšges, la DĂ©claration des droits et la chute du trĂŽne, Ă©tapes-clĂ©s d’un mĂȘme processus rĂ©volutionnaire.

Infographie détaillant les conséquences immédiates de juillet 1789 : création de la Garde nationale et des pouvoirs locaux, la Grande Peur dans les campagnes, l'abolition des privilÚges le 4 août, et la marche vers la radicalisation politique.

L'effet domino de l'Ă©tĂ© 1789 : comment la prise de la Bastille a entraĂźnĂ© la Grande Peur et la fin des privilĂšges. 📾 Source : reviserhistoire.fr

🎉 MĂ©moire et 14 Juillet : de l’évĂ©nement Ă  la fĂȘte nationale

đŸ‡«đŸ‡· 1790 : la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, une unitĂ© espĂ©rĂ©e

Un an aprĂšs la Prise de la Bastille, Paris cĂ©lĂšbre le 14 juillet 1790 sur le Champ-de-Mars : c’est la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration. Le roi, l’AssemblĂ©e et des milliers de gardes nationaux prĂȘtent serment Ă  la Nation et Ă  la loi. Cette cĂ©rĂ©monie vise Ă  rĂ©concilier le royaume et Ă  donner une image d’unitĂ©. Elle montre que l’évĂ©nement du 14 Juillet dĂ©passe l’émeute : il devient un repĂšre civique et un horizon politique pour refonder le lien entre citoyens et pouvoir.

📅 1880 : le 14 Juillet devient fĂȘte nationale

La TroisiĂšme RĂ©publique choisit officiellement le 14 Juillet comme fĂȘte nationale (loi du 6 juillet 1880). Le texte consacre un symbole rĂ©publicain durable, plus consensuel que d’autres dates. Par ce choix, les rĂ©publicains associent la mĂ©moire de la Prise de la Bastille au souvenir heureux de la FĂ©dĂ©ration. DĂ©filĂ©s, illuminations et bals populaires s’institutionnalisent. Pour le contexte juridique, vois la notice sur Legifrance.

đŸ›ïž CommĂ©morer : monuments, reliques et rĂ©cits

Au XIXᔉ siĂšcle, la Bastille devient un lieu absent-prĂ©sent : on en vend des « pierres-reliques », on collectionne des gravures, on conserve des clĂ©s (l’une offerte Ă  Washington). Les musĂ©es, comme le MusĂ©e Carnavalet, exposent ces objets qui racontent l’évĂ©nement et sa lĂ©gende. Cette patrimonialisation transforme l’épisode en mythe fondateur. Elle explique pourquoi le 14 Juillet reste un moment de rĂ©cit national partagĂ©.

🧠 Historiographie : un symbole discutĂ©, jamais Ă©puisĂ©

Les historiens soulignent que l’enjeu militaire fut limitĂ©, mais que la charge symbolique fut immense. La Prise de la Bastille rĂ©vĂšle le basculement de la souverainetĂ© : de la personne du roi vers la Nation. Elle Ă©claire aussi l’ambivalence rĂ©volutionnaire entre libertĂ©s proclamĂ©es et violences politiques, qu’on Ă©tudie avec la Terreur. Pour replacer ces lectures dans l’ensemble, revois le pilier RĂ©volution française.

🌍 HĂ©ritages civiques et culture populaire

Le 14 Juillet n’est pas qu’un jour fĂ©riĂ© : il structure un moment de cohĂ©sion civique. DĂ©filĂ© militaire, concerts et feux d’artifice mĂȘlent mĂ©moire et fĂȘte, comme dĂšs 1790. Dans les classes, on s’appuie souvent sur des images d’époque consultables sur Gallica pour expliquer les symboles (cocarde, serment, drapeau). Ces supports aident Ă  saisir pourquoi la Prise de la Bastille reste l’entrĂ©e la plus accessible pour comprendre 1789.

Infographie sur l'Ă©volution mĂ©morielle du 14 Juillet : de la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration en 1790 Ă  l'instauration de la fĂȘte nationale en 1880 sous la IIIe RĂ©publique, incluant les reliques, l'historiographie et les cĂ©lĂ©brations actuelles.

Comment un Ă©vĂ©nement rĂ©volutionnaire violent est devenu, via la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration, le symbole consensuel de la RĂ©publique. 📾 Source : reviserhistoire.fr

đŸ‘„ Acteurs, tĂ©moins et rĂ©cits

đŸ—Łïž Desmoulins et l’étincelle oratoire

Le 12 juillet, au Palais-Royal, Camille Desmoulins harangue la foule : il appelle Ă  s’armer contre la menace qui pĂšse sur l’AssemblĂ©e. Dans l’imaginaire de la Prise de la Bastille, ce moment compte comme une Ă©tincelle. Les paroles circulent vite grĂące aux cafĂ©s, aux clubs naissants et aux imprimeurs. Elles traduisent une politisation accĂ©lĂ©rĂ©e qui prolonge la dynamique ouverte par les États gĂ©nĂ©raux.

đŸŽ–ïž Gardes-françaises, artisans et quartiers

Le rĂŽle des gardes-françaises est dĂ©cisif : formĂ©s au maniement des armes, ils apportent tactique et canons saisis aux Invalides. À leurs cĂŽtĂ©s, artisans, boutiquiers et ouvriers des quartiers de l’est parisien participent aux assauts. La Prise de la Bastille est donc une action populaire composite, oĂč s’agrĂšgent savoir-faire militaires et Ă©nergie civique pour dĂ©fendre la « nation » en train de naĂźtre.

🏰 Bernard-RenĂ© de Launay, un gouverneur dĂ©passĂ©

Gouverneur de la Bastille, De Launay nĂ©gocie, tergiverse, puis capitule. EnlevĂ© vers l’HĂŽtel de Ville, il est lynchĂ© par la foule. Cet Ă©pisode tragique rĂ©vĂšle la peur d’une rĂ©pression et l’extrĂȘme tension politique. Il illustre aussi l’ambivalence rĂ©volutionnaire : l’aspiration aux libertĂ©s s’accompagne de violences, un thĂšme approfondi dans la Terreur.

đŸ›ïž Bailly, Lafayette et l’ordre civique

Deux figures symbolisent la rĂ©organisation de Paris : Bailly, savant devenu maire, et Lafayette, nommĂ© Ă  la tĂȘte de la Garde nationale. Leur lĂ©gitimitĂ© s’appuie sur l’évĂ©nement. AprĂšs la Prise de la Bastille, ils encadrent la mobilisation populaire, instituent des rĂšgles et donnent un visage politique Ă  la capitale, en lien avec l’AssemblĂ©e qui prĂ©pare la DĂ©claration des droits.

đŸ§© Les dĂ©putĂ©s et la fabrique du sens

À l’AssemblĂ©e, des Ă©lus comme Robespierre et d’autres orateurs donnent un sens politique Ă  l’évĂ©nement : la souverainetĂ© rĂ©side dĂ©sormais dans la Nation. Cette lecture structure la suite du processus rĂ©volutionnaire et prĂ©pare, Ă  terme, la chute de la monarchie. Ainsi, la journĂ©e du 14 juillet devient un argument pour transformer l’ordre juridique et social.

📚 RĂ©cits, images et mĂ©moire populaire

Gravures, journaux, mĂ©moires et objets-souvenirs participent Ă  la « fabrique » du mythe. En classe, on mobilise ces sources (voir Gallica et le MusĂ©e Carnavalet citĂ©s plus haut) pour croiser tĂ©moignages et reprĂ©sentations. La Prise de la Bastille s’impose alors comme un repĂšre partagĂ©, oĂč l’histoire rencontre la mĂ©moire civique.

Infographie en six panneaux présentant les acteurs clés du 14 juillet : l'orateur Camille Desmoulins, les gardes-françaises et artisans, le gouverneur de Launay, Bailly et Lafayette, les députés de l'Assemblée, et les supports de mémoire populaire.

Zoom sur les figures marquantes de la journĂ©e : des harangues de Desmoulins au destin tragique du gouverneur de Launay. 📾 Source : reviserhistoire.fr

🧠 À retenir

  • La Prise de la Bastille (14 juillet 1789) naĂźt d’une crise Ă©conomique, politique et d’une peur d’une rĂ©pression royale.
  • Avant l’assaut : armes saisies aux Invalides, objectif poudre Ă  la Bastille, comitĂ©s citoyens et milices s’organisent.
  • Victoire surtout symbolique et politique : la Bastille incarne l’arbitraire royal (lettres de cachet) plus qu’un enjeu militaire.
  • ConsĂ©quences immĂ©diates : Garde nationale, municipalitĂ©s renforcĂ©es, « Grande Peur », abolition des privilĂšges (4 aoĂ»t) et DĂ©claration des droits (26 aoĂ»t).
  • Le 14 Juillet devient fĂȘte nationale en 1880, mĂ©moire articulĂ©e Ă  la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration (1790).
  • Pour approfondir : États gĂ©nĂ©raux, DĂ©claration des droits, fin de la monarchie et le pilier RĂ©volution française.

❓ FAQ : Questions frĂ©quentes sur la Prise de la Bastille

La Bastille détenait-elle de nombreux prisonniers ?

Non : sept prisonniers y Ă©taient enfermĂ©s le 14 juillet 1789. L’enjeu Ă©tait surtout symbolique (arbitraire royal) et logistique (poudre et munitions).

Pourquoi viser cet Ă©difice plutĂŽt qu’un autre ?

Parce qu’il concentrait poudre et munitions et reprĂ©sentait l’arbitraire. Sa chute portait un message politique fort, au-delĂ  de l’intĂ©rĂȘt militaire.

Quelles dĂ©cisions majeures suivent l’évĂ©nement ?

Garde nationale Ă  Paris, « Grande Peur » dans les campagnes, abolition des privilĂšges (4 aoĂ»t 1789) et DĂ©claration des droits (26 aoĂ»t 1789), jalons vers la chute de la monarchie.

Pourquoi le 14 Juillet est-il la fĂȘte nationale ?

La loi du 6 juillet 1880 (TroisiĂšme RĂ©publique) choisit le 14 Juillet en rĂ©fĂ©rence Ă  la Prise de la Bastille et Ă  la FĂȘte de la FĂ©dĂ©ration (1790), symbole d’unitĂ©. Voir la notice sur Legifrance.

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Teste tes connaissances

1. Pourquoi les Parisiens vont-ils d’abord aux Invalides ?
2. Quel ministre, renvoyé le 11 juillet 1789, met le feu aux poudres ?
3. Combien de prisonniers sont libérés à la Bastille ?
4. Le 17 juin 1789, le Tiers état se proclame

5. Quel symbole civique se diffuse aprĂšs le 14 juillet ?
6. OĂč pense-t-on trouver la poudre recherchĂ©e par les Parisiens ?
7. La prise de la Bastille est surtout une victoire

8. Qui prend la tĂȘte de la Garde nationale Ă  Paris ?
9. Quand l’AssemblĂ©e vote-t-elle l’abolition des privilĂšges ?
10. À quelle date est adoptĂ©e la DĂ©claration des droits de l’homme et du citoyen ?
11. Comment s’appelle la grande cĂ©lĂ©bration du 14 juillet 1790 ?
12. Sous quel rĂ©gime le 14 Juillet devient-il officiellement fĂȘte nationale ?
13. Le gouverneur de la Bastille s’appelait

14. Quel orateur enflamme la foule au Palais-Royal le 12 juillet ?
15. Pourquoi la Bastille est-elle visée par les Parisiens ?
16. Qui Ă©labore la Constitution aprĂšs l’étĂ© 1789 ?
17. Quelle idĂ©e politique s’impose avec le 14 juillet ?
18. Quelle organisation renforce l’ordre civique Ă  Paris aprĂšs l’évĂ©nement ?
19. Quel est le lien entre la Bastille et la fin de la monarchie ?
20. Quel site patrimonial citĂ© permet d’accĂ©der Ă  des gravures d’époque ?

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