Par Luc Pitallier · Tous les parcours

🎯 Pourquoi ces prĂ©sidents sont-ils marquants ?

Les prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique jalonnent l’histoire politique française : ils façonnent les institutions issues de la Constitution de 1958, redĂ©finissent l’équilibre des pouvoirs et portent des rĂ©formes qui touchent la sociĂ©tĂ©, l’économie et la place de la France dans le monde. De plus, leur style d’exercice Ă©claire le rĂŽle du prĂ©sident : leadership personnel, usage du rĂ©fĂ©rendum, cohabitations, « hyperprĂ©sidence » ou prĂ©sidence de crise. Enfin, ces trajectoires permettent d’aller et venir entre la mĂ©moire, les politiques publiques et l’actualitĂ© institutionnelle, pour mieux rĂ©viser et comprendre le temps prĂ©sent.

👉 Poursuivons avec le chapitre suivant pour poser le cadre : fondations gaulliennes et naissance d’une pratique prĂ©sidentielle originale.

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🩅 Charles de Gaulle : la matrice de la Ve

En 1958, Charles de Gaulle revient au pouvoir dans la tourmente algĂ©rienne et pose les bases d’un exĂ©cutif fort. Il façonne une pratique qui marque durablement les prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique, en articulant autoritĂ©, arbitrage et recours au peuple. Ainsi, il installe un style prĂ©sidentiel original, Ă  relire Ă  la lumiĂšre de la Constitution de 1958 et de la place du prĂ©sident.

1958 : naissance d’un exĂ©cutif fort

La rĂ©forme institutionnelle portĂ©e par de Gaulle et Michel DebrĂ© renforce la fonction d’arbitre (article 5) et encadre la responsabilitĂ© gouvernementale. De plus, le chef de l’État acquiert des leviers dĂ©terminants en pĂ©riodes de crises (article 16). Par consĂ©quent, l’équilibre des pouvoirs bascule au profit de l’exĂ©cutif. Pour replacer ces choix dans le temps long, vois notre page sur les rĂ©formes institutionnelles.

1962 : l’élection au suffrage universel direct

En 1962, de Gaulle impose par rĂ©fĂ©rendum l’élection du prĂ©sident au suffrage universel direct, en utilisant l’article 11. DĂšs lors, la lĂ©gitimitĂ© prĂ©sidentielle s’accroĂźt et la pratique du rĂ©gime se « prĂ©sidentialise ». Cette bascule explique, entre autres, l’« hyperprĂ©sidence » ultĂ©rieure et les campagnes centrĂ©es sur la figure du chef de l’État. Pour approfondir, dĂ©couvre la page dĂ©diĂ©e Ă  1962 et aux rĂ©visions, ainsi que la biographie politique de Charles de Gaulle.

Une prĂ©sidence de grandeur et d’indĂ©pendance

La politique gaullienne promeut l’indĂ©pendance nationale : dissuasion nuclĂ©aire, sortie du commandement intĂ©grĂ© de l’OTAN en 1966, diplomatie d’équilibre, et vision d’une Europe des États. Par ailleurs, le recours Ă  la relation directe avec le pays — discours, confĂ©rences de presse, rĂ©fĂ©rendums — installe un imaginaire prĂ©sidentiel de leadership personnel, encore visible aujourd’hui. On comprend mieux alors le rĂŽle de la personnalitĂ© dans la performance institutionnelle, dĂ©veloppĂ© ici : rĂŽle du prĂ©sident.

Mai 68 et la fin du cycle gaullien

La crise de Mai 68 rĂ©vĂšle les tensions d’une sociĂ©tĂ© en modernisation rapide. AprĂšs la dissolution et la victoire lĂ©gislative de juin 1968, de Gaulle engage un nouveau rĂ©fĂ©rendum en 1969 (SĂ©nat et rĂ©gionalisation). Cependant, l’échec du scrutin entraĂźne sa dĂ©mission. Ainsi s’achĂšve le cycle fondateur, qui conditionne la trajectoire des prĂ©sidents suivants.

👉 On continue avec le chapitre suivant — « ⚙ Pompidou & Giscard : moderniser la France ». Tu me dis quand j’enchaĂźne.

⚙ Pompidou & Giscard : moderniser la France

AprĂšs de Gaulle, Georges Pompidou et ValĂ©ry Giscard d’Estaing ancrent une prĂ©sidence de modernisation Ă©conomique et sociale. Leur action prĂ©pare aussi les Ă©volutions qui marqueront les prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique suivants. Par contraste, on mesure l’influence du cadre fixĂ© par la Constitution de 1958 et l’importance du rĂŽle prĂ©sidentiel.

POMPIDOU : industrialiser et aménager

Ancien Premier ministre de de Gaulle, Pompidou pilote une politique d’industrialisation et d’amĂ©nagement du territoire. Il soutient l’automobile, la pĂ©trochimie, le nuclĂ©aire civil et les infrastructures (RER A, autoroutes). Par ailleurs, la modernitĂ© culturelle progresse (Beaubourg). Toutefois, le choc de 1968 reste prĂ©sent : la sociĂ©tĂ© aspire Ă  plus d’autonomie, ce que l’on a vu avec Mai 68 et rĂ©formes. La prĂ©sidence demeure forte, mais plus pragmatique et Ă©conomique.

GISCARD : libĂ©raliser la sociĂ©tĂ©, adapter l’économie

Élu en 1974, Giscard veut « gouverner au centre ». Il fait adopter des rĂ©formes de sociĂ©tĂ© symboliques : majoritĂ© abaissĂ©e Ă  18 ans, dĂ©pĂ©nalisation de l’interruption volontaire de grossesse portĂ©e par Simone Veil (vois l’article Simone Veil). En parallĂšle, il affronte les chocs pĂ©troliers de 1973 et 1979 qui bousculent la croissance. Ainsi, la modernisation se poursuit mais l’économie entre en crise, ce qui reconfigure durablement l’agenda public.

Europe et diplomatie économique

Sur la scĂšne europĂ©enne, Giscard et Helmut Schmidt impulsent le Conseil europĂ©en et le SystĂšme monĂ©taire europĂ©en. Cette orientation stabilise les changes et prĂ©pare la monnaie unique. DĂšs lors, l’ancrage europĂ©en devient un marqueur transversal des prĂ©sidences suivantes, de de Gaulle Ă  l’ùre des rĂ©visions, jusqu’aux prĂ©sidences contemporaines.

Pratiques présidentielles : continuités et inflexions

Pendant ces annĂ©es, l’ÉlysĂ©e reste le centre de gravitĂ©, mais le style change : Pompidou prĂ©side avec une Ă©quipe resserrĂ©e et un cap industriel ; Giscard privilĂ©gie la pĂ©dagogie rĂ©formatrice et un rapport direct Ă  l’opinion. Pourtant, l’équilibre majoritĂ©/prĂ©sident demeure structurĂ© par la logique de la Ve RĂ©publique. Ce cadre permet de comprendre les alternances et les cohabitations Ă  venir.

👉 On enchaĂźne si tu veux avec le chapitre suivant — « đŸŒč Mitterrand : alternance et cohabitations ».

đŸŒč Mitterrand : alternance et cohabitations

En 1981, l’élection de François Mitterrand inaugure l’alternance Ă  gauche et redĂ©finit les pratiques des prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique. GrĂące Ă  la lĂ©gitimitĂ© confĂ©rĂ©e par l’élection au suffrage universel, il engage un vaste programme de rĂ©formes, tout en apprenant Ă  composer avec l’économie mondialisĂ©e et, bientĂŽt, avec la cohabitation. Ainsi, la Ve montre sa plasticitĂ© institutionnelle et politique.

1981 : le temps des réformes

DĂ©but du septennat : nationalisations, hausse du SMIC, cinquiĂšme semaine de congĂ©s payĂ©s et retraite Ă  60 ans. Surtout, l’abolition de la peine de mort portĂ©e par Robert Badinter devient un marqueur fort de la pĂ©riode. Pour un repĂšre clair et officiel, consulte la synthĂšse de Vie-publique. Ces choix s’inscrivent dans une lecture active du rĂŽle prĂ©sidentiel, dĂ©veloppĂ©e ici : place du prĂ©sident.

1983 : le tournant économique

ConfrontĂ© aux dĂ©sĂ©quilibres extĂ©rieurs, Mitterrand opĂšre en 1983 le « tournant de la rigueur » pour rester dans le SystĂšme monĂ©taire europĂ©en. DĂšs lors, l’intĂ©gration europĂ©enne devient le cadre prioritaire de l’action publique. Cette inflexion illustre l’arbitrage prĂ©sidentiel entre mandat politique, contraintes Ă©conomiques et stabilitĂ© institutionnelle, au cƓur de la trajectoire de la Ve.

1986–1988 : premiùre cohabitation

La dĂ©faite de la gauche aux lĂ©gislatives ouvre la premiĂšre cohabitation avec Jacques Chirac Ă  Matignon. Le prĂ©sident conserve les prĂ©rogatives rĂ©galiennes et europĂ©ennes ; le gouvernement mĂšne une politique de privatisations. Par consĂ©quent, la pratique dĂ©montre que la Constitution de 1958 permet une dualitĂ© exĂ©cutive sans crise institutionnelle majeure, mĂȘme si la dyarchie accroĂźt les tensions politiques.

1992–1995 : Europe et seconde cohabitation

Sur le plan europĂ©en, l’Acte unique (1986) et surtout Maastricht (1992) approfondissent le marchĂ© intĂ©rieur et prĂ©parent l’euro. En 1993 s’ouvre une seconde cohabitation, cette fois avec Édouard Balladur. Ainsi, la fonction prĂ©sidentielle s’ajuste selon la majoritĂ© parlementaire, confirmant la logique d’« arbitre-acteur » analysĂ©e dans nos rĂ©formes institutionnelles.

Héritage politique et symbolique

Bilan contrasté mais décisif : ancrage européen, cohabitations expérimentées, alternance normalisée et grande réforme sociétale en 1981. En somme, Mitterrand consacre la résilience des institutions et la centralité du président comme chef politique et garant du cap international.

👉 On continue avec le chapitre suivant — « 🌳 Chirac : fracture sociale et 2005 ». Dis-moi si j’enchaĂźne.

🌳 Chirac : fracture sociale et 2005

Élu en 1995, Jacques Chirac fait campagne sur la « fracture sociale » et devient l’un des prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique par la durĂ©e (1995–2007) et par une prĂ©sidence rythmĂ©e par une longue cohabitation, une rĂ©vision majeure (quinquennat) et des crises europĂ©ennes et sociales. Pour situer ces Ă©volutions dans l’architecture du rĂ©gime, revois la Constitution de 1958 et notre analyse de la place du prĂ©sident.

1995–1997 : promesse sociale et tournant budgĂ©taire

Au dĂ©but du septennat, Chirac met en avant la lutte contre l’exclusion, mais le gouvernement JuppĂ© adopte un plan de rigueur et une rĂ©forme des retraites des rĂ©gimes spĂ©ciaux. Les grandes grĂšves de l’hiver 1995 marquent l’opinion. Ainsi, la prĂ©sidence doit composer avec des contraintes financiĂšres et europĂ©ennes, dĂ©jĂ  visibles Ă  la fin du chapitre Mitterrand (si tu publies un article dĂ©diĂ© sur le site, lie-le ici).

1997–2002 : dissolution manquĂ©e et cohabitation Jospin

La dissolution de 1997, perdue, ouvre une cohabitation de cinq ans avec Lionel Jospin. Le prĂ©sident conserve les prĂ©rogatives rĂ©galiennes et europĂ©ennes ; le gouvernement conduit les 35 heures, des privatisations et met en place la CMU. Cette pĂ©riode illustre le fonctionnement dual de l’exĂ©cutif prĂ©vu par la Constitution et analysĂ© dans rĂ©formes institutionnelles.

2000–2001 : le quinquennat et l’inversion du calendrier

En 2000, le mandat prĂ©sidentiel est ramenĂ© Ă  cinq ans par rĂ©fĂ©rendum, puis le calendrier est inversĂ© (lĂ©gislatives aprĂšs la prĂ©sidentielle). Par consĂ©quent, l’alignement des majoritĂ©s renforce mĂ©caniquement la prĂ©sidence et facilite l’action de l’exĂ©cutif. Ce tournant explique les pratiques dites d’« hyperprĂ©sidence » dĂ©crites plus loin et discutĂ©es dans notre page rĂŽle du prĂ©sident.

2003–2005 : Europe, Irak et rĂ©fĂ©rendum

En 2003, la France s’oppose Ă  l’intervention en Irak et affirme une diplomatie d’équilibre, renouant en partie avec une tradition gaullienne. En 2005, le rĂ©fĂ©rendum sur le traitĂ© constitutionnel europĂ©en est rejetĂ© en France, rĂ©vĂ©lant une fracture entre projet europĂ©en et opinion publique. Pour un repĂšre institutionnel, consulte la fiche de Vie-publique.

Crises sociales et fin de cycle

La dĂ©cennie est ponctuĂ©e de tensions : Ă©meutes urbaines de 2005 aprĂšs la mort de deux adolescents Ă  Clichy-sous-Bois, contestations contre le CPE en 2006. DĂšs lors, la prĂ©sidence chiracienne apparaĂźt prudente sur le plan intĂ©rieur, plus affirmĂ©e Ă  l’international, et prĂ©pare la bascule vers un style plus interventionniste aprĂšs 2007.

👉 Je poursuis avec le chapitre suivant — « ⚡ Sarkozy : rĂ©formes et hyperprĂ©sidence » ?

⚡ Sarkozy : rĂ©formes et hyperprĂ©sidence

Élu en 2007, Nicolas Sarkozy incarne une prĂ©sidence trĂšs active, souvent qualifiĂ©e d’« hyperprĂ©sidence ». Dans la lignĂ©e des prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique, il mobilise pleinement les ressources de la Constitution de 1958 et de la logique de majoritĂ© renforcĂ©e par le quinquennat. De plus, il inscrit son action dans une stratĂ©gie de rĂ©formes rapides et visibles.

2007–2010 : cadence rĂ©formatrice

Sur le plan intĂ©rieur, les chantiers s’enchaĂźnent : autonomie des universitĂ©s (LRU), rĂ©vision des heures supplĂ©mentaires (« travailler plus pour gagner plus »), rĂ©forme des retraites (2010), RGPP et rĂ©organisation de l’État. Par ailleurs, la prĂ©sidence intervient fortement dans l’agenda Ă©conomique et social, ce qui alimente l’image d’un chef de l’État trĂšs prĂ©sent, analysĂ©e dans notre page rĂŽle du prĂ©sident.

2008 : révision constitutionnelle et nouveaux équilibres

La rĂ©vision de 2008 retouche en profondeur les institutions : droits renforcĂ©s du Parlement (ordre du jour partagĂ©, commissions d’enquĂȘte), encadrement de l’article 49-3, crĂ©ation de la QPC. Ainsi, la pratique se rééquilibre modestement en faveur du lĂ©gislatif tout en laissant intacte la centralitĂ© prĂ©sidentielle. Pour un repĂšre clair, vois la synthĂšse officielle de Vie-publique et notre dossier rĂ©formes institutionnelles.

Crises et leadership international

La crise financiĂšre de 2008 place l’ÉlysĂ©e au centre de la rĂ©ponse europĂ©enne : coordination bancaire, plans de soutien, prĂ©sidence française de l’UE Ă  l’automne 2008. De plus, la France rĂ©intĂšgre le commandement intĂ©grĂ© de l’OTAN en 2009, marquant une inflexion stratĂ©gique par rapport Ă  la pĂ©riode gaullienne. Enfin, l’intervention en Libye (2011) illustre une diplomatie d’initiative.

Pratiques présidentielles : visibilité et pilotage

ConfĂ©rences de presse, dĂ©placements frĂ©quents, pilotage serrĂ© des ministres : la figure prĂ©sidentielle devient le moteur affichĂ© de l’action publique. Cependant, le Parlement consolide quelques contre-pouvoirs depuis 2008, ce qui nuance la lecture d’une prĂ©sidence « sans frein ». En dĂ©finitive, le sarkozysme Ă©claire la tension durable entre efficacitĂ© dĂ©cisionnelle et Ă©quilibre institutionnel.

👉 Je poursuis avec le chapitre suivant — « 🧭 Macron : recomposition et crises » ?

🧭 Macron : recomposition et crises

Depuis 2017, Emmanuel Macron s’impose parmi les prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique par la recomposition politique qu’il provoque et par une prĂ©sidence traversĂ©e par des crises successives. Son arrivĂ©e hors des partis traditionnels bouscule le clivage gauche/droite, tandis que l’ÉlysĂ©e assume un pilotage Ă©conomique et europĂ©en trĂšs affirmĂ©, dans le cadre de la place du prĂ©sident et des Ă©quilibres fixĂ©s par la Constitution de 1958.

Recomposition politique et majorité relative

L’élection de 2017 agrĂšge des soutiens transversaux ; celle de 2022 reconduit le prĂ©sident mais sans majoritĂ© absolue Ă  l’AssemblĂ©e. DĂšs lors, l’exĂ©cutif doit nĂ©gocier textes par textes, ce qui rĂ©active le rĂŽle du Premier ministre et du Parlement. Par consĂ©quent, la pratique prĂ©sidentielle se recentre sur l’arbitrage stratĂ©gique, la scĂšne internationale et les rĂ©formes jugĂ©es prioritaires, comme l’illustrent nos analyses sur les rĂ©formes institutionnelles.

Crises sociales et économiques

Le quinquennat est marquĂ© par de fortes mobilisations sociales (pouvoir d’achat, retraites, territoires). Ainsi, l’exĂ©cutif ajuste sa mĂ©thode : concertations accĂ©lĂ©rĂ©es, usage renforcĂ© des outils de procĂ©dure parlementaire, communication directe avec l’opinion. Cependant, ces choix alimentent un dĂ©bat rĂ©current sur l’équilibre entre efficacitĂ© dĂ©cisionnelle et recherche du consensus, au cƓur de la culture politique de la Ve.

Diplomatie européenne et sécurité

Sur la scĂšne extĂ©rieure, l’ÉlysĂ©e met en avant la souverainetĂ© europĂ©enne (Ă©nergie, dĂ©fense, industrie) et un activisme diplomatique soutenu. De plus, la prĂ©sidence s’implique dans la gestion des crises continentales et dans la coordination Ă©conomique au sein de l’UE. Cette visibilitĂ© internationale prolonge une tradition inaugurĂ©e par de Gaulle et reprise par ses successeurs, confirmant le rĂŽle singulier du chef de l’État en matiĂšre de dĂ©fense et de politique Ă©trangĂšre.

Un style de présidence en tension

Rythme Ă©levĂ©, annonces ciblĂ©es, itinĂ©rance prĂ©sidentielle : la communication occupe une place centrale. En contrepartie, les oppositions dĂ©noncent une verticalitĂ© accrue. En dĂ©finitive, la pĂ©riode met Ă  l’épreuve la capacitĂ© d’adaptation de la Ve RĂ©publique : recherche d’un cap europĂ©en, pilotage des crises, et ajustements permanents dans un contexte de majoritĂ© relative.

👉 Si c’est bon pour toi, je passe Ă  « 🧠 À retenir » (synthĂšse rĂ©capitulative), puis Ă  la FAQ et au Quiz.

🧠 À retenir

  • Une prĂ©sidence forte par design : la Constitution de 1958 place le chef de l’État au cƓur de l’exĂ©cutif ; le suffrage universel direct (1962) renforce sa lĂ©gitimitĂ©.
  • De Gaulle, matrice du style prĂ©sidentiel : recours au rĂ©fĂ©rendum, politique d’indĂ©pendance, relation directe au pays — un modĂšle qui inspire tous les successeurs.
  • Pompidou & Giscard : moderniser l’économie et la sociĂ©tĂ© (nuclĂ©aire, amĂ©nagement, majoritĂ© Ă  18 ans, IVG) tout en affrontant les chocs pĂ©troliers.
  • Mitterrand : alternance historique (1981), grandes rĂ©formes (peine de mort), « tournant » de 1983 et cohabitations qui prouvent la plasticitĂ© institutionnelle.
  • Chirac : quinquennat (2000) + inversion du calendrier = majoritĂ©s alignĂ©es et prĂ©sidence renforcĂ©e ; 2005 rĂ©vĂšle la fracture europĂ©enne.
  • Sarkozy : cadence rĂ©formatrice et « hyperprĂ©sidence » ; la rĂ©vision de 2008 accorde de nouveaux droits au Parlement sans dĂ©trĂŽner l’ÉlysĂ©e.
  • Macron : recomposition politique, majoritĂ© relative (depuis 2022), gestion des crises successives et cap europĂ©en affirmĂ©.
  • Une constante : le rĂŽle du prĂ©sident oscille entre arbitre et leader, selon la conjoncture, la majoritĂ© et la personnalitĂ©.
  • RĂ©visions & pratiques : les rĂ©formes institutionnelles (1962, 2000, 2008
) ajustent l’équilibre sans renverser la centralitĂ© prĂ©sidentielle.
  • ClĂ© de lecture pour rĂ©viser : articuler institutions (textes), pratiques (styles) et conjonctures (crises) pour comprendre la Ve RĂ©publique.

❓ FAQ : Questions frĂ©quentes sur les prĂ©sidents marquants de la Ve RĂ©publique

Qu’est-ce qui fait qu’un prĂ©sident est “marquant” sous la Ve RĂ©publique ?

Un prĂ©sident est dit « marquant » lorsqu’il combine rĂ©formes durables, capacitĂ© Ă  gĂ©rer des crises et style d’exercice du pouvoir rĂ©vĂ©lateur des institutions. L’empreinte se mesure Ă  l’articulation entre textes (voir la Constitution de 1958), pratiques (leadership, rĂ©fĂ©rendums, communication) et conjoncture (Ă©conomie, Europe, gĂ©opolitique).

Pourquoi la révision de 1962 change-t-elle la donne présidentielle ?

Depuis 1962, l’élection du prĂ©sident au suffrage universel direct lui confĂšre une lĂ©gitimitĂ© populaire inĂ©dite. Par consĂ©quent, la pratique du rĂ©gime se « prĂ©sidentialise » davantage. Pour situer ce tournant dans l’ensemble des Ă©volutions, vois nos rĂ©formes institutionnelles.

En cohabitation, que reste-t-il au président ?

La cohabitation transfĂšre le pilotage intĂ©rieur au Premier ministre, mais le prĂ©sident conserve des domaines clĂ©s : diplomatie, dĂ©fense et nominations stratĂ©giques. Ainsi, la fonction se recentre sur l’arbitrage et l’international, comme on l’a vu sous de Gaulle, puis sous d’autres prĂ©sidents confrontĂ©s Ă  ces configurations.

Le quinquennat a-t-il rĂ©ellement renforcĂ© l’ÉlysĂ©e ?

Oui, surtout par l’inversion du calendrier Ă©lectoral qui favorise l’alignement des majoritĂ©s. DĂšs lors, l’exĂ©cutif gagne en cohĂ©rence dĂ©cisionnelle, mĂȘme si le Parlement a vu certains droits renforcĂ©s. Pour comprendre la mĂ©canique d’ensemble, revois le rĂŽle du prĂ©sident.

L’“hyperprĂ©sidence” est-elle un mythe ou une rĂ©alitĂ© ?

Elle dĂ©crit une phase oĂč le prĂ©sident impulse et incarne directement de nombreux dossiers, avec forte visibilitĂ© mĂ©diatique. Cependant, les contre-pouvoirs demeurent : Conseil constitutionnel, Parlement, justice, et opinion publique. En pratique, l’équilibre varie selon la majoritĂ©, la conjoncture et la personnalitĂ© du chef de l’État.

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Teste tes connaissances

1. En quelle annĂ©e l’élection du prĂ©sident au suffrage universel direct est-elle instaurĂ©e ?
2. Selon l’article 5 de la Constitution de 1958, quelle est la mission du prĂ©sident ?
3. Durant la cohabitation 1997–2002, quelle mesure sociale emblĂ©matique est mise en place ?
4. Le quinquennat est adopté par référendum en

5. Sous ValĂ©ry Giscard d’Estaing, quelle rĂ©forme sociĂ©tale majeure portĂ©e par Simone Veil est adoptĂ©e ?
6. Quel traitĂ© europĂ©en de 1992 structure l’Union et prĂ©pare l’euro ?
7. La révision constitutionnelle de 2008 a surtout

8. La France rĂ©intĂšgre le commandement intĂ©grĂ© de l’OTAN en

9. L’« hyperprĂ©sidence » dĂ©signe surtout

10. En 2005, en France, le traité constitutionnel européen est

11. La prĂ©sidence Pompidou est surtout associĂ©e à

12. AprĂšs l’élection de 2022, l’AssemblĂ©e nationale est

13. En cohabitation, le président se concentre prioritairement sur

14. Quelle réforme emblématique est adoptée en 1981 ?
15. L’article 16 de la Constitution confùre

16. L’« inversion du calendrier » signifie que

17. Le SystÚme monétaire européen (SME) a principalement visé à stabiliser

18. Dans la Ve République, le rÎle du président oscille surtout entre

19. Quel mécanisme De Gaulle mobilise-t-il pour la réforme de 1962 ?
20. Les crises renforcent-elles systématiquement le pouvoir présidentiel ?

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