🎯 Pourquoi la révolution des Œillets est-elle un tournant historique majeur ?
Le 25 avril 1974 reste gravé dans la mémoire européenne, car il marque le début de la révolution des Œillets. Ce jour-là, un événement rare met fin, presque sans sang, à la plus longue dictature d’Europe occidentale : l’Estado Novo. À l’origine, il s’agit d’un coup d’État militaire.
Pourtant, en quelques heures, l’opération bascule dans une immense fête populaire. Très vite, l’image des œillets rouges glissés dans les canons fait le tour du monde. Dès lors, la transition démocratique prend un visage pacifique et puissant. En outre, ce choc politique déclenche la dernière grande vague de décolonisation en Afrique.
🗂️ Dans cet article, tu vas découvrir :
- 🕰️ Les causes politiques et sociales de la révolution des Œillets
- ⚔️ L’impact décisif des guerres coloniales sur l’armée
- 🎖️ La naissance du MFA et la préparation du coup d’État
- 📻 Le déroulement détaillé de la révolution des Œillets
- 📢 Le PREC et les bouleversements de l’après-révolution
- 🇪🇺 L’héritage politique et l’intégration européenne
- 🧠 À retenir
- ❓ FAQ
- 🧩 Quiz
👉 Poursuivons, sans attendre, avec le premier chapitre, car le contexte explique tout.
Synthèse visuelle du 25 avril 1974 : comment un soulèvement militaire a mis fin pacifiquement à la plus longue dictature d’Europe et accéléré la décolonisation portugaise. 📸 Source : Création originale pour reviserhistoire.fr
🕰️ Les causes profondes de la révolution des Œillets
📌 L’agonie de l’Estado Novo et l’impasse politique
Pour comprendre la révolution des Œillets, il faut d’abord revenir aux racines du régime autoritaire. Depuis 1933, l’Estado Novo étouffe le pays, en imposant une dictature corporatiste façonnée par António de Oliveira Salazar. D’ailleurs, comme on le montre dans l’arrivée au pouvoir de Salazar, l’ordre officiel repose surtout sur la répression.
Ensuite, après l’accident de Salazar en 1968, Marcelo Caetano tente une ouverture limitée. Or cette “évolution dans la continuité” se heurte immédiatement aux conservateurs. Résultat : la réforme échoue et la crise s’aggrave.
Cette incapacité à transformer le système durcit les tensions. Ainsi, la révolution des Œillets devient progressivement une issue crédible. En effet, l’aile ultra du pouvoir refuse toute ouverture démocratique. Par ailleurs, elle maintient une censure et une propagande omniprésentes, ce qui brise les espoirs de la jeunesse. Par conséquent, l’opposition comprend qu’un simple ajustement ne suffira pas. Dès lors, le régime s’isole et se coupe du pays réel.
📌 Une société figée et une économie en retard
En parallèle, la situation sociale et économique alimente la contestation. Le Portugal reste alors le pays le plus pauvre d’Europe occidentale, tandis que l’industrie demeure peu compétitive et souvent protégée. De plus, le corporatisme d’État paraît dépassé, donc il freine la modernisation. L’économie sous Salazar a bien stabilisé la monnaie. Cependant, elle a limité l’amélioration du niveau de vie pour une grande partie de la population.
Ainsi, plus d’un million de Portugais partent entre 1960 et 1974, souvent vers la France, via “o salto”. Ceux qui restent vivent aussi sous la peur. La PIDE, renommée DGS, surveille, intimide et frappe. D’ailleurs, notre article sur la police politique et la répression montre l’ampleur des arrestations et des pressions.
Pourtant, cette violence ne stabilise pas le pays. Au contraire, elle renforce la haine du régime et durcit les résistances. C’est donc dans ce climat que l’armée finit par apparaître comme une solution inattendue.
⚔️ L’impact décisif des guerres coloniales sur la révolution des Œillets
📌 Un conflit anachronique et sans issue militaire
Le détonateur n’est pas seulement à Lisbonne. En réalité, il se trouve aussi en Afrique, à des milliers de kilomètres. Alors que d’autres empires se retirent, le Portugal s’accroche à son empire et présente l’Angola, le Mozambique et la Guinée comme des “provinces” intouchables. Pourtant, les luttes armées commencent dès 1961, ce qui enferme le pays dans une guerre sur trois fronts. Pour aller plus loin, tu peux lire notre dossier sur les guerres coloniales portugaises.
Sur le terrain, les guérillas s’organisent et reçoivent des soutiens, notamment du bloc soviétique. Dès lors, une victoire nette devient improbable. Au fil du temps, beaucoup d’officiers comprennent que la guerre s’enlise. Par conséquent, une crise morale grandit dans les casernes. En somme, des militaires refusent de rester les instruments d’une politique coloniale sans issue.
📌 Le lourd tribut humain et l’isolement international
En plus, le coût humain et financier devient écrasant pour une petite nation. Près de la moitié du budget de l’État part dans l’effort de guerre. En conséquence, les investissements pour la métropole manquent et le retard se creuse. Le service militaire, porté à quatre ans, brise des vies et bloque des projets. Ainsi, chaque famille vit avec l’angoisse du front, ce qui nourrit la colère.
Sur le plan diplomatique, l’obstination isole Lisbonne. Le pays est régulièrement condamné par l’ONU. De même, certains alliés de l’OTAN prennent leurs distances, car le régime paraît anachronique. Dès lors, la pression extérieure s’ajoute à l’épuisement intérieur. Par conséquent, une partie de l’armée décide d’agir. Autrement dit, la révolution des Œillets naît aussi du refus de poursuivre une guerre jugée injuste et perdue.
🎖️ Le MFA : comment les capitaines ont préparé la révolution des Œillets
📌 De la revendication corporatiste à la révolte politique
L’étincelle part d’un détail, en apparence technique. En 1973, un décret facilite l’avancement des officiers miliciens. Or les officiers de carrière, formés à l’Académie, y voient une humiliation. Comme ils portent la guerre depuis plus de dix ans, la colère monte vite. Au départ, c’est une fronde corporatiste. Cependant, elle se transforme rapidement en contestation politique du régime.
Ainsi naît le “Mouvement des Capitaines”, puis le MFA (Mouvement des Forces Armées). Ces jeunes officiers ont vu la réalité coloniale, donc ils concluent que le problème n’est pas seulement militaire. Dès lors, ils tissent un réseau clandestin dans les casernes et coordonnent leurs positions. Par conséquent, l’objectif devient clair : renverser la dictature pour sortir de l’impasse.
📌 L’organisation du complot et le programme des « Trois D »
Le MFA se structure vite et se dote d’un programme. Il résume sa ligne avec les “Trois D” : Démocratiser, Décoloniser et Développer. Autrement dit, il faut rétablir les libertés, mettre fin à la guerre, puis moderniser l’économie. Pour renforcer sa légitimité, le mouvement s’appuie sur le général António de Spínola, qui publie un livre critiquant la guerre. Ainsi, le programme devient une feuille de route politique.
Sur le plan opérationnel, Otelo Saraiva de Carvalho prépare la manœuvre. Une première tentative échoue en mars. Cependant, la date du 25 avril 1974 est finalement fixée. Le plan est précis : mobiliser des unités, converger vers la capitale, neutraliser les centres de pouvoir. Dès lors, tout est prêt pour faire tomber 48 ans de dictature en une journée.
📻 Le déroulement heure par heure de la révolution des Œillets
📌 Les signaux radiophoniques et le début des opérations
Le déclenchement ressemble à un scénario d’espionnage, car la radio sert de coordination nationale. D’abord, le premier signal tombe le 24 avril à 22h55 : “E depois do adeus”, de Paulo de Carvalho. Il signifie : “préparez-vous”. Ainsi, les casernes sont alertées sans alerter la police politique.
Ensuite, le second signal est décisif. Il retentit sur Rádio Renascença à 00h20, le 25 avril : “Grândola, Vila Morena”, de Zeca Afonso. Or la chanson est interdite par la censure, ce qui rend le message encore plus fort. Dès les premières notes, les colonnes militaires se mettent en marche. Par conséquent, les insurgés surprennent les forces loyales et prennent des points stratégiques avant l’aube.
📌 La marche sur Lisbonne et les œillets rouges
Au matin, les blindés de Salgueiro Maia entrent dans Lisbonne et encerclent la Place du Commerce. C’est là que l’événement change d’échelle. En effet, la population descend dans la rue, malgré les risques. Très vite, elle acclame les soldats, ce qui transforme l’atmosphère. Ainsi, la peur recule et la fête prend le dessus.
La légende retient un geste simple et puissant. Une employée, Céleste Caeiro, offre des œillets rouges aux soldats. Ensuite, ils les placent dans le canon des fusils, et la foule imite le geste. Dès lors, la révolution des Œillets trouve son nom et son symbole. De plus, l’alliance entre l’armée et le peuple désarme moralement les derniers fidèles. Par conséquent, un bain de sang est évité.
📌 La reddition de Caetano et la chute du régime
Le dernier acte se joue à la caserne du Carmo, où Marcelo Caetano se réfugie avec ses ministres. La caserne est encerclée par les chars et par une foule immense. Pendant des heures, la tension reste extrême. Cependant, Caetano accepte de se rendre à Spínola pour éviter, dit-il, que “le pouvoir ne tombe dans la rue”.
Pourtant, une ombre noircit la journée. Des agents de la DGS tirent depuis leur siège et tuent quatre personnes. Ce sont les seuls morts de l’événement, ce qui souligne son caractère exceptionnellement pacifique. Ainsi, en moins de vingt-quatre heures, la dictature s’effondre.
📢 Le PREC et les bouleversements de l’après-révolution
📌 L’ivresse de la liberté et l’instabilité politique
Après le 25 avril, la liberté explose : la censure tombe, les prisonniers sont libérés et les exilés reviennent. Cependant, l’euphorie laisse vite place à la confusion. Cette période s’appelle le PREC (Processus Révolutionnaire En Cours). Pendant deux ans, le pays se déchire entre modérés et révolutionnaires. Ainsi, certains acquis semblent fragiles et la tension monte.
Le Portugal connaît alors des nationalisations massives. De plus, il lance une réforme agraire dans le sud, ce qui inquiète ses alliés occidentaux. En conséquence, l’instabilité culmine durant l’“été chaud” de 1975. Le risque d’affrontement interne devient réel. Finalement, le 25 novembre marque un retour à l’ordre. Dès lors, la démocratie parlementaire peut s’installer durablement.
📌 La décolonisation accélérée et le drame des « retornados »
En même temps, il faut gérer l’héritage colonial, et c’est le dossier le plus lourd. La décolonisation est promise, donc elle s’accélère. La Guinée-Bissau, le Mozambique, l’Angola et d’autres territoires deviennent indépendants entre 1974 et 1975. Pour replacer cela dans un cadre plus large, tu peux consulter la décolonisation.
Cependant, ce retrait rapide provoque un choc humain. Environ 500 000 Portugais reviennent d’Afrique : les “retornados”. Leur arrivée massive met l’économie sous pression, car le pays est déjà fragile. Pourtant, l’intégration finit par fonctionner. Ainsi, malgré le chaos initial, le Portugal absorbe ce bouleversement.
🇪🇺 L’héritage politique et l’intégration européenne
📌 La consolidation de la démocratie constitutionnelle
L’héritage majeur est la Constitution de 1976, qui inscrit les libertés fondamentales. Même si l’origine est militaire, la démocratie devient civile. Progressivement, l’armée accepte de se soumettre au pouvoir politique. Ainsi, le Conseil de la Révolution est dissous en 1982. C’est donc la fin de la tutelle militaire.
Aujourd’hui, le 25 avril est le “Jour de la Liberté”, célébré chaque année. Cette date rappelle que la liberté se conquiert, puis se protège. En somme, la mémoire des capitaines d’avril reste centrale dans l’identité nationale.
📌 L’ancrage européen et la modernisation du pays
Enfin, la révolution des Œillets permet au Portugal de rompre son isolement. Il se rapproche durablement de l’Europe, ce qui change son destin politique. Sous l’impulsion de Mário Soares, le pays entre dans la CEE le 1er janvier 1986. Ainsi, des fonds et des projets modernisent infrastructures et économie. Par conséquent, le pays change de visage, plus vite qu’on ne l’imagine.
Pour aller plus loin, tu peux lire les élargissements successifs de l’UE. Ainsi, le “Développer” des Trois D se concrétise. Au final, le Portugal devient une démocratie moderne, plus ouverte sur le monde.
🧠 À retenir sur la révolution des Œillets
- La révolution des Œillets a lieu le 25 avril 1974, et elle renverse l’Estado Novo.
- Elle naît de l’usure du régime et, surtout, de l’impasse des guerres coloniales.
- Le coup d’État est organisé par le MFA (Mouvement des Forces Armées) et ses capitaines.
- Les œillets rouges dans les fusils deviennent le symbole d’une rupture pacifique et populaire.
- Elle accélère la décolonisation et ouvre la voie à l’intégration européenne du Portugal.
❓ FAQ : Questions fréquentes sur la révolution des Œillets
🧩 Pourquoi cet événement s’appelle-t-il la « révolution des Œillets » ?
Ce nom vient d’un geste, le 25 avril 1974, à Lisbonne. Céleste Caeiro offre des œillets rouges aux soldats. Ensuite, ils les glissent dans le canon des fusils. Ainsi, l’image du pacifisme fait le tour du monde.
🧩 Quelle chanson a déclenché la révolution des Œillets ?
Le signal décisif est “Grândola, Vila Morena”, de Zeca Afonso. Elle est diffusée à 00h20 le 25 avril. À ce moment-là, l’ordre devient irréversible. Les troupes du MFA sortent alors des casernes et marchent sur Lisbonne.
🧩 Quelles sont les conséquences principales de la révolution des Œillets ?
D’abord, la dictature tombe et les libertés reviennent. Ensuite, les colonies portugaises deviennent indépendantes (Angola, Mozambique, etc.). Enfin, le Portugal s’engage vers une démocratie stable. Cela prépare aussi l’adhésion européenne.

